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Westside Cowboy : "On essaie de rester concentrés sur ce qui est directement devant nous plutôt que de regarder constamment ailleurs"

Après deux EPs remarqués, Westside Cowboy vient de dévoiler son tout premier album, It Goes On. On a eu le plaisir d'échanger avec James et Paddy de ce premier long format. On a parlé entre autres d'écriture, d'humanité et de l'utilisation des choeurs. Rencontre avec un groupe qui risque d'être la sensation de cette rentrée !

Version angais plus bas / English version below

La Face B : Alors, la première question que je pose toujours aux gens : comment allez-vous aujourd'hui ?

James Bradbury: On va plutôt bien. Je viens de recevoir mes lunettes pour la première fois aujourd'hui. C'est littéralement la première heure où je les porte, donc tout paraît un peu étrange. Et quand je les enlève, je réalise à quel point je ne voyais pas bien avant.

LFB : Je comprends. J'ai été opticien dans une autre vie.

Westside Cowboy: Oh, waouh.

LFB : Je sais à quel point les lunettes sont importantes.

James Bradbury: C'est un sacré ajustement. Je n'ai jamais porté de lunettes avant. Ça fait bizarre. Et toi, qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui ?

Paddy Murphy: On a répété plus tôt, puis on a traîné, on a parlé aux gens de l'album et tout ça. On est aussi allés dans un magasin de guitares pour en essayer quelques-unes. On a un peu flâné, en fait.

LFB : DansWell Done Kids, vous chantez"Maybe this is just who I am now."(« Peut-être que c'est juste qui je suis maintenant. » )- Trouvez-vous que cette phrase résume votre premier album ?

Paddy Murphy: Bonne question. Peut-être un peu.Ruben (Haycocks)a écrit ces paroles à une époque où on se sentait un peu plus blasés par rapport à tout, pour être honnête, ce qui est fou à dire parce qu'on a eu tellement de chance avec ce groupe. C'est notre métier maintenant, et on a l'occasion de faire plein de choses incroyables. Mais il y a eu un moment où on remettait vraiment en question si c'était l'avenir qu'on voulait pour le groupe. Depuis, les choses ont changé et on a pris un nouveau tournant dans notre attitude. Écrire et enregistrer l'album a beaucoup participé à ça. Je pense qu'il y a eu un moment l'année dernière où on avait vraiment peur de ce que l'avenir nous réservait en tant que groupe.

James Bradbury: Mais tellement !

Paddy Murphy : Mais maintenant cette peur a été remplacée par une véritable excitation à propos de la suite. On a l'impression d'avoir fait un album qui nous représente vraiment tels qu'on est maintenant, et on en est très fiers. Donc oui, je suppose que cette phrase résume un peu tout ça. Mais on est un peu moins en colère à ce sujet maintenant. On le dit avec un sourire plutôt qu'avec une grimace.

LFB : Après deux Eps, avez-vous abordé l'écriture de votre premier album différemment ?

Paddy Murphy: Notre processus a-t-il changé ?

James Bradbury: Je ne pense pas qu'il ait changé. Le processus ne devient jamais vraiment plus facile — il reste toujours le même. Désolé, tu parles au niveau de l'écriture des chansons ?

LFB : Oui.

Paddy Murphy: C'est assez étrange. La deuxième chose qu'on a faite, c'était l'EP avecLoren (Humphrey), puis on a fait l'album avecLorenaussi. Je pense que cette fois-ci, on se connaissait beaucoup mieux tous les deux. SurSo Much Country, il essayait encore de comprendre qui on était. Au moment où on a fait l'album, il nous connaissait déjà personnellement et musicalement.

James Bradbury: On peut l'entendre sur l'EP. Ce sont cinq chansons qui sonnent toutes assez différemment, même si elles viennent de la même période et du même lot de chansons. On avait presque l'impression que Loren nous testait sur chacune d'elles. Grâce à ça, il a appris ce qu'on aime, ce qu'on n'aime pas, et il a peu à peu sculpté le petit bloc de glace qu'est WestSide Cowboy. Je pense qu'on a construit une certaine structure maintenant. Ce n'est pas la structure la plus polie du monde…

LFB : Il faut bien trouver sa propre voie d'une manière ou d'une autre.

Paddy Murphy: Exactement. Je pense qu'une chose qui a changé, c'est qu'on a appris à avoir plus confiance en notre écriture. Avant, on avait l'impression de devoir jouer super vite et super fort tout le temps pour garder l'attention des gens.
Travailler avecLoren (Humphrey)sur l'album nous a appris à rendre les choses émotionnellement fortes de différentes manières. Mais ça reste vraiment un premier album. On n'a rien perfectionné dans ce qu'on fait, et honnêtement, je pense qu'on aime vraiment ça.

LFB : Si je vous disais que, pour moi, cet album donne l'impression d'avoir été fait pour voyager — qu'il me fait penser à des trajets et des voyages — est-ce que ça vous semblerait juste ?

Paddy Murphy: Je trouve ça vraiment intéressant comme remarque. Le titre de l'album est un peu arrivé comme ça, pour être honnête. Quelqu'un l'a dit un jour, et ensuite on n'arrivait plus à s'en défaire pendant des mois. Finalement on s'est dit : « Bon… il nous faut un nom. »

James Bradbury: On avait plein de titres différents avant ça — certains plus longs, plus compliqués. Au final, plus simple, c'était mieux.

Paddy Murphy: Une chose qu'on aime dans ce titre, c'est qu'on essayait de voir s'il y avait un vrai fil conducteur dans l'album. La réponse est… pas vraiment.
Mais beaucoup de chansons partagent cette idée de mouvement. Musicalement, on veut toujours donner l'impression qu'on avance en tant que groupe — que ce soit dans un moyen de transport, en courant, à vélo, ou juste en allant vers l'auditeur.

James Bradbury: Quand on enregistrait certaines chansons, on faisait trois ou quatre prises, puis on retournait parler àLoren (Humphrey). Il disait : « C'était proche… mais il faut que ça se pavane. Il faut que tes épaules bougent comme si tu marchais dans la rue. »
C'était toujours une question de garder ce sentiment de mouvement. Je pense que ça nous est resté tout au long de l'album.

Paddy Murphy: On voulait juste cette sensation de mouvement. Peut-être parce que, quand on a commencé à penser à l'album, c'était aussi la première fois qu'on tournait vraiment en Europe. On passe tellement de temps à regarder par les fenêtres du van, à observer le monde défiler. Des roues qui tournent, des routes qui défilent, des cercles, des mécanismes… je pense que tout ça s'est retrouvé dans l'album d'une manière ou d'une autre.


LFB : L'album commence avec une véritable explosion d'énergie. Pour moi, le titre d'ouverture est parfait. Puis, vers la fin, tout se calme et devient plus paisible, presque comme si vous aviez trouvé une forme de paix à la fin du voyage.

James Bradbury: Oui, je pense que c'est vrai. J'adore vraiment la dernière chanson. On a essayé de l'enregistrer tellement de fois, mais la version qui figure sur l'album est en fait la maquette qu'on a enregistrée chez Loren. C'est une prise vraiment brute, et on n'avait jamais eu l'intention de la sortir.
On n'a joué cet instrumental qu'une seule fois pendant la pré-production, chez Loren en Amérique. Ensuite on a essayé de l'enregistrer proprement pendant les sessions de l'album, mais ça ne fonctionnait pas. Quand on est retournés écouter la maquette, elle avait tellement de vie. Tout se dilate et se contracte d'une manière qu'on n'a jamais réussi à recréer.

Paddy Murphy: On l'avait jouée dans plein de styles différents, et on était sur le point d'abandonner. Puis on l'a jouée comme ça, une fois…

James Bradbury: Il y a une décontraction là-dedans que j'adore vraiment. On ne sait même pas exactement ce qu'on a joué, note pour note, mais c'est ce qui la rend spéciale.

Paddy Murphy: Peut-être que, parce qu'on tâtonnait, on n'avait pas l'impression d'essayer de prouver quoi que ce soit. Avant, on avait toujours l'impression d'avoir quelque chose à prouver. Sur scène surtout, on pensait devoir tout donner pour montrer aux gens qu'on méritait d'être là. Je n'avais jamais vraiment pensé à l'idée que l'album trouve la paix, mais on adore vraiment cette dernière phrase : “I'm everything but perfect, but I'm trying, but please keep me around”/ (« Je suis tout sauf parfait, mais j'essaie, alors garde-moi près de toi. ») C'est une manière de reconnaître que quelque chose n'est pas complet — et que ce n'est pas grave. C'est une question d'accepter l'imperfection. On est encore en train de comprendre tout ça nous-mêmes.

LFB : En ce qui concerne à la fois le processus d'enregistrement et les thèmes, dirais-tu que cet album est un acte defoi enversl'humanité ?

Paddy Murphy:de fois envers l'humanité ?

LFB : Oui. Vous l'avez enregistré en groupe, sans dépendre des ordinateurs, et j'ai l'impression que beaucoup de chansons parlent d'humanité et de comment faire face à l'incertitude.

James Bradbury: Oui… je pense qu'il y a certainement un peu de ça là-dedans.
Ça reflète probablement aussi la manière dont on vit. On essaie de ne pas trop utiliser les ordinateurs ni de passer trop de temps sur nos téléphones. Paddy, Ruben et Aoife ont tous des téléphones qui vont à peine sur internet. On écoute constamment des disques à la maison, et on ne possède même pas de télévision qui capte les chaînes normales. On essaie de rester concentrés sur ce qui est directement devant nous plutôt que de regarder constamment ailleurs.

Je pense que tout ça vient du fait de vouloir apprécier ce qui se passe autour de soi plutôt que de regarder trop loin. Ce qui se passe dans son propre quartier ou dans sa propre rue est déjà assez intéressant.

Paddy Murphy: C'est drôle parce que je n'avais jamais vraiment relié notre amour de l'enregistrement analogique à cette manière de penser. C'est quelque chose qu'on a partagé avec Loren (Humphrey) — à quel point ces disques classiques sonnent humains et imparfaits parce qu'ils ont été faits comme ça. Au niveau des paroles et de l'interprétation, cela dit, aucun de nous ne se sent particulièrement certain de quoi que ce soit. On est encore tous assez jeunes, tout compte fait, donc rien n'est vraiment tranché.

James Bradbury: C'était aussi le plus long moment qu'on ait jamais passé en studio. On n'avait jamais fait d'album complet avant, et je pense qu'on peut vraiment entendre cette énergie nerveuse dans les enregistrements.

Paddy Murphy: Il y a eu des moments où on réécoutait quelque chose et on se disait : « On a l'air vraiment nerveux. » Loren répondait simplement : « Non, c'est génial. Vous avez l'air nerveux. C'est cool. » Je suppose que c'est ça, l'humanité, non ? On n'était pas à l'aise. On n'était pas un groupe qui pensait : « On en est à notre cinquième album, on a déjà fait ça plein de fois. » Il y a eu de vrais moments en studio où on se disait : « Peut-être qu'on n'est simplement pas faits pour ça. Peut-être qu'on n'est pas assez bons. »

LFB : Mais c'est exactement qui vous étiez à ce moment-là.

Paddy Murphy :Oui. La confiance vient après.


LFB : Au niveau des paroles, j'ai aussi l'impression que l'album est constamment à la recherche d'une lueur d'espoir — à la fois en soi-même et chez les autres. Il y a quelque chose de profondément humain là-dedans. En même temps, j'entends une forte tradition folk dans votre écriture.

Paddy Murphy: Oui, la musique folk est une part énorme de WestSide Cowboy. On pense en fait aux chansons d'abord comme des chansons folk. Elles ne deviennent des chansons rock que plus tard, une fois qu'elles deviennent plus fortes et plus rapides.

James Bradbury: Presque toutes les chansons qui entrent dans l'univers de WestSide Cowboy commencent avec l'un d'entre nous — moi, Ruben ou Aoife — assis avec une guitare acoustique. Si ça fonctionne comme ça, si on peut simplement la chanter et la jouer à l'acoustique, alors on a un squelette assez solide pour construire tout le reste autour.
Donc je pense que beaucoup de nos chansons commencent naturellement avec une sensibilité plus folk.

Paddy Murphy: La musique folk est incroyable parce que c'est une musique qui résiste à l'épreuve du temps. Avec le temps, les gens oublient même qui a écrit ces chansons. Elles deviennent simplement des chansons qui appartiennent à tout le monde.
C'est un peu la plus grande réussite que je puisse imaginer — écrire quelque chose qui finit par se détacher de soi, quelque chose que d'autres personnes portent avec elles.
C'est certainement l'une des choses vers lesquelles on tend discrètement.

LFB : C'est une manière d'écrire très directe. Simple, mais incroyablement poétique en même temps. Vous racontez des histoires clairement personnelles, et pourtant elles finissent par parler à tout le monde.

Paddy Murphy: Oui, tout à fait.Ruben en parle beaucoup. Ces dernières années, il y a eu beaucoup d'écriture incroyablement précise — une écriture hyper-spécifique. Mais si on laisse les choses un peu plus ouvertes, les gens peuvent découvrir leur propre sens dans les chansons. C'est beaucoup plus intéressant pour nous.

James Bradbury: Exactement. Quel que soit le sens que Ruben ou moi avions initialement voulu donner à une chanson, j'adore quand quelqu'un l'entend complètement différemment et se l'approprie. Ça appartient vraiment à l'auditeur.
Parfois, si les paroles deviennent trop précises, on perd cet espace d'imagination où les gens peuvent s'engouffrer. Je pense que c'est vrai musicalement aussi. On en parlait l'autre jour. Les guitares sont distordues, mais c'est une distorsion entièrement naturelle. Il n'y a pas plein de pédales ou d'effets extravagants. À la première écoute, quelqu'un pourrait penser : « Oh, ce n'est pas si extrême que ça. » Mais c'est là que l'imagination de l'auditeur comble les vides. Loren nous passait de vieux enregistrements de T. Rex en disant : « Écoutez les pistes de guitare individuelles. Elles ne sonnent pas vraiment comme vous vous en souvenez. »
J'aime vraiment ça — laisser aux gens la place de compléter le tableau eux-mêmes.

LFB : Tu parles beaucoup de guitares, et beaucoup de gens le font. Mais ce que j'aime vraiment dans votre musique, c'est l'utilisation des chœurs. Pour moi, il y a quelque chose de presque gospel dans la manière dont vous traitez les harmonies tout au long de l'album.

Westside Cowboy :Merci !

Paddy Murphy: Je ne sais pas…Ruben et moi avons été élevés en tant que catholiques, mais je ne sais pas à quel point c'est vraiment une influence. Je suppose qu'une chose qu'on a remarquée, c'est que beaucoup de musique ces dernières années, surtout dans la scène post-punk, n'était pas particulièrement mélodique. On adorait beaucoup de ces morceaux, mais parfois on avait l'impression que le chant était devenu presque secondaire.

James Bradbury: Il y avait plein de superbes paroles, des riffs brillants et beaucoup d'énergie, mais parfois on perdait de vue l'essentiel — écrire tout simplement une bonne mélodie vocale.

Paddy Murphy: Oui. La manière dont on écrit les parties vocales est en fait très naturelle. Si quelqu'un entend une harmonie, il la chante, tout simplement. Si personne ne dit rien après, c'est en gros le signe que ça fonctionne. Ce n'est jamais une question de tout déconstruire ou de trop réfléchir. On essaie juste de faire en sorte que tout s'imbrique naturellement.

Aoife le dit souvent : on essaie d'éviter les overdubs en studio autant que possible. Quand on joue en live, on n'est que quatre, donc on veut que le disque reflète ça.
Les voix sont devenues une grande part de cette philosophie parce qu'on n'a que deux mains — mais on a aussi des voix. Donc au lieu d'ajouter une autre partie de clavier, autant la chanter. Au lieu d'ajouter une autre ligne de guitare, autant la chanter aussi.

James Bradbury: Je pense aussi que c'est une approche très « beat-band » des années 60. On n'a rien d'autre que ce qu'on a entre les mains et ce qu'on peut faire avec nos voix.


La Face B : J'ai une dernière question parce que je pense qu'on manque de temps.
Comme tu l'as dit plus tôt, l'album se termine sur les mots «Please keep me around». Est-ce un vœu pieux, ou une petite blague pour détendre l'atmosphère ?

Paddy Murphy: Peut-être que c'est un peu un vœu pieux… comme « Ne nous oubliez pas ».
Personnellement — et peut-être que les autres pensent différemment — j'aime cette phrase parce qu'il y a tellement de pression aujourd'hui dès qu'on sort un album, ou n'importe quelle œuvre créative, dans le monde. On a l'impression que ça doit être parfait dès la première fois, et si ce n'est pas le cas, les gens sont prompts à le rejeter. Mais ce n'est pas comme ça que la vie fonctionne. Tes meilleurs amis n'arrêtent pas d'être tes amis parce que tu as eu une mauvaise journée ou que tu n'as pas été toi-même à ton meilleur, une fois. Pourquoi la musique devrait-elle être différente ? On espère que les gens comprennent ce qu'on essaie de faire avec notre musique. On espère qu'ils en retirent quelque chose. Et si certains trouvent des choses imparfaites ou défaillantes, peut-être qu'ils les accepteront aussi. Je pense en fait que les choses qu'on fait moins bien sur cet album sont tout aussi importantes que celles qu'on fait bien. C'est ce qui fait qui on est. Que les gens nous acceptent pour ça, c'est une autre question. Mais on continuera à faire de la musique quoi qu'il arrive. On espère juste que les gens aiment nous accompagner. (rires) Désolé, j'espère avoir répondu à la question. C'est marrant… on y réfléchit encore nous-mêmes.

LFB : Ça y répond parfaitement. Merci beaucoup, et on espère vous voir sur scène très bientôt.

Westside Cowboy: Merci !


English Version


La Face B: So, the first question I always ask people is: how are you today?

James Bradbury:Yeah, we're pretty good. I just got glasses for the first time today. This is literally the first hour of wearing them, so everything's kind of weird. Then when I take them off, I realise how much I couldn't see before.

La Face B: Yeah, I can understand that. I was an optician in another life, you know.

WestSide Cowboy:Oh, wow.

La Face B: I know how important glasses are.

James Bradbury:Yeah, this is a crazy adjustment. I've never had glasses before. It feels kind of weird.

Paddy Murphy:We practised earlier, then we've just been hanging around, talking to people about the album and stuff. We also went to a guitar shop and tried out a few guitars. Just pottering about, really.

La Face B: InWell Done Kids, you sing,"Maybe this is just who I am now."Do you feel that line sums up your first album?

Paddy Murphy:Oh, good question. Maybe a little. Ruben wrote those lyrics at a time when we were feeling a bit more jaded about everything, to be honest, which is crazy to say because we've been so lucky with this band. It's our job now, and we get to do loads of crazy things. But it was a point where we were second-guessing whether this was actually the future we wanted for the band. Since then, though, I feel like things have changed and we've turned a corner with our attitude. Writing and recording the album was a big part of that. I think there was a moment last year when we were genuinely quite scared of what the future held for us as a band.

James Bradbury:Very much so.

Paddy Murphy:But now that fear has been replaced with genuine excitement about what's next. We feel like we've made an album that really represents who we are now, and we're really proud of it. So yeah, I suppose that line does sum it up a little. But we're a bit less angry about it now. We're saying it with a smile instead of a scowl.

La Face B: AfterTwoEPs, did you approach writing your debut album differently?

Paddy Murphy:Has our process changed?

James Bradbury:I don't think it's changed. The process never really gets any easier — it always stays the same. Sorry, do you mean in terms of songwriting?

La Face B: Yes.

Paddy Murphy:It's kind of strange. The second thing we made was the EP withLoren (Humphrey), and then we made the album withLorenas well. I think this time around we just knew each other a lot better. OnSo Much Country, he was still figuring out who we were. By the time we made the album, he already knew us both personally and musically.

James Bradbury:You can hear that on the EP. It's five songs that all sound quite different, even though they came from the same period and the same batch of songs. It almost felt likeLorenwas testing us on each one. From that, he learned what we like, what we don't like, and he slowly chipped away at the little ice-block statue that is WestSide Cowboy. I think we've built some kind of structure now. It's not the most polished structure in the world...

La Face B: You have to find your own way somehow.

Paddy Murphy:Exactly. I think one thing that's changed is that we've learned to have more faith in our songwriting. We used to feel like we had to play super fast and super loud all the time to keep people's attention.

Working withLoren (Humphrey)on the album taught us how to make things emotionally resonant in different ways. But it's still very much a first album. We haven't perfected anything we do yet, and honestly, I think we really like that.

La Face B: If I told you that, to me, this feels like an album made for travelling — that it makes me think about journeys and trips — would that feel fair?

Paddy Murphy:I think that's really cool to hear. The album title kind of just happened, to be honest. Somebody said it one day, and then we couldn't shake it for months. Eventually we realised, "Well... we need a name."

James Bradbury:We had loads of different titles before that — some longer, some wordier. In the end, simpler felt better.

Paddy Murphy:One thing we like about the title is that we were trying to work out if there was a real thread running through the album. The answer is... not really.

But a lot of the songs do share this idea of movement. Instrumentally, we always want it to feel like we're moving as a band — whether that's on some kind of transport, running, cycling, or just heading towards the listener.

James Bradbury:When we were recording some of the songs, we'd do three or four takes, then go back and speak toLoren (Humphrey). He'd say, "Yeah, that was close... but you want it to strut. You want your shoulders moving as you're walking down the street."

It was always about keeping that sense of movement. I think that stuck with us throughout the whole record.

Paddy Murphy:We just wanted that feeling of motion. Maybe that's because, when we first started thinking about the album, it was also the first time we'd really been touring around Europe.

You spend so much time looking out of van windows, watching the world go by. Wheels turning, roads passing, circles, mechanisms... I think all of that found its way into the album somehow.


La Face B: The album starts with a real burst of energy. For me, the opening track is perfect — I listen to it every day. Then, by the end, everything settles into something calmer and more peaceful, almost as if you've found a sense of peace by the end of the journey.

James Bradbury:Yeah, I think so. I really love the last song. We tried recording it so many times, but the version that's on the album is actually the demo we recorded atLoren's house. It's a really scrappy take and we never intended to release it.

We only played that instrumental once during pre-production at Loren's place in America. Then we tried recording it properly during the album sessions, but it just wasn't working. When we went back and listened to the demo, it had so much life to it. The whole thing expands and contracts in a way we just couldn't recreate.

Paddy Murphy:We'd played it in loads of different styles, and we were just about ready to give up. Then we played it like that once…

James Bradbury:There's a looseness to it that I really love. We don't even know exactly what we played, note for note, but that's what makes it special.

Paddy Murphy:Maybe because we were just fumbling our way through it, it doesn't feel like we're trying to prove anything. Earlier on, we always felt like we had something to prove. Live, especially, we thought we had to throw absolutely everything at people just to show them we deserved to be there.

I've never really thought about the idea of the album finding peace, but we really love that final line:"I'm everything but perfect, but I'm trying, please keep me around."It's acknowledging that something isn't complete — and that's okay. It's about being comfortable with imperfection.

We're still figuring it out ourselves.

La Face B: In terms of both the recording process and the themes, would you say this album is an act of faith in humanity?

Paddy Murphy:Embracing humanity?

La Face B: Yes. You recorded it as a band, without relying on computers, and I feel like so many of the songs are about humanity and dealing with uncertainty.

James Bradbury:Yeah... I think there's definitely a bit of that in there.

It probably also reflects how we live our lives. We try not to use computers too much or spend too much time on our phones. Paddy, Ruben and Aoife all have phones that barely go online. We're always listening to records around the house, and we don't even own a television that can connect to proper TV channels. We try to stay focused on what's directly in front of us instead of constantly looking elsewhere.

I suppose it all comes from wanting to appreciate what's happening around you rather than looking too far across the pond. What's happening in your own neighbourhood or your own street is interesting enough.

Paddy Murphy:It's funny because I'd never really connected our love of analogue recording with that way of thinking. That was something we bonded withLoren (Humphrey)over — how human and imperfect all those classic records sound because they were made that way.

Lyrically and performance-wise, though, none of us feels particularly certain about anything. We're all still pretty young in the grand scheme of things, so nothing feels completely decided.

James Bradbury:It was also the longest we'd ever spent in a studio. We'd never made a full-length album before, and I think you can actually hear that nervous energy in the recordings.

Paddy Murphy:There were moments when we'd listen back to something and think, "We sound really jittery." Loren would just say,"Nah, that's sick. You sound nervous. That's cool."

I suppose that's humanity, isn't it?

We weren't comfortable. We weren't a band thinking, "We're five albums in, we've done this loads of times." There were genuine moments in the studio where we thought, "Maybe we're just not cut out for this. Maybe we're not good enough."

La Face B: But that's exactly who you were at that moment.

Paddy Murphy:Yeah. Confidence comes afterwards.

La Face B: Lyrically, I also feel like the album is constantly searching for a glimmer of hope — both within yourself and in other people. There's something deeply human about that. At the same time, I hear a strong folk tradition in the way you write.

Paddy Murphy:Yeah, folk music is a huge part of WestSide Cowboy. We actually think of the songs as folk songs first. They only become rock songs later, once they get louder and faster.

James Bradbury:Pretty much every song that enters the WestSide Cowboy world starts with one of us — me, Ruben or Aoife — sitting with an acoustic guitar. If it works like that, if you can just sing it and play it acoustically, then you've got a strong enough skeleton to build everything else around.

So I think a lot of our songs naturally begin with a more folk-like sensibility.

Paddy Murphy:Folk music is amazing because it's the music that stands the test of time.

Eventually, people forget who even wrote those songs. They simply become songs that belong to everyone.

That's kind of the biggest success I can imagine — writing something that eventually becomes separate from you, something that other people simply carry with them.

That's definitely one of the things we're quietly working towards.

La Face B: It's a very direct way of writing. Simple, but incredibly poetic at the same time. You tell stories that are clearly personal, yet somehow they end up speaking to everyone.

Paddy Murphy:Yeah, definitely. Ruben talks about this a lot.

In recent years there's been a lot of songwriting that's incredibly specific — really hyper-specific lyricism. But if you leave things just a little more open, people can discover their own meaning in the songs.

That's much more exciting to us.

James Bradbury:Exactly. Whatever Ruben or I originally intended a song to mean, I love it when somebody hears it completely differently and makes it their own.

That's really up to the listener.

Sometimes, if lyrics become too specific, you lose that imaginative space for people to step into. I think that's true musically as well. We were talking about it the other week. The guitars are distorted, but it's all natural distortion. There aren't loads of crazy pedals or effects. On a first listen, someone might think, "Oh, that's actually not that extreme."

But that's where the listener's imagination fills in the gaps.

Lorenwas playing us old T. Rex recordings and saying, "Listen to the individual guitar tracks. They don't actually sound the way you remember them sounding."

I really like that — leaving room for people to complete the picture themselves.

La Face B: You talk a lot about guitars, and a lot of people do. But what I really love in your music is the use of backing vocals. To me, there's something almost gospel-like in the way you treat the harmonies throughout the album.

WestSide Cowboy:Thank you!

Paddy Murphy:I don't know... Me and Ray were brought up Catholic, but I don't know how much of an influence that really is.

I suppose one thing we noticed was that a lot of music over the last few years, especially in the post-punk scene, wasn't particularly melodic. We loved loads of it, but sometimes it felt like the singing had almost become an afterthought.

James Bradbury:There were loads of great lyrics, brilliant riffs and loads of energy, but sometimes you lost sight of the basics — just writing a really good vocal melody.

Paddy Murphy:Yeah. The way we write vocal parts is actually really natural. If someone hears a harmony, they just sing it. If nobody says anything afterwards, that's basically a sign that it works. It's never a case of tearing things apart or overthinking them. We're just trying to make everything slot together naturally.

Aoife says this a lot: we try not to rely on overdubs in the studio if we can avoid it. When we play live, it's just the four of us, so we want the record to reflect that.

The vocals became a big part of that philosophy because we've only got two hands—but we've also got voices. So instead of adding another keyboard part, let's sing it. Instead of adding another guitar line, let's sing that too.

James Bradbury:I also think it's a very '60s beat-band approach. We don't have anything other than what we've got in our hands and what we can do with our voices.

La Face B: I have one final question because I think we're running out of time.

As you said earlier, the album ends with the words,"Please keep me around."Is that wishful thinking, or is it a little joke to lighten the mood?

Paddy Murphy:Maybe it's a little bit wishful... like,"Don't forget about us."

Personally—and maybe the others feel differently—I like that line because there's so much pressure these days whenever you put an album, or any creative work, into the world. It feels like it has to be perfect the very first time, and if it isn't, people are quick to dismiss it.

But that's not how life works.

Your best friends don't stop being your friends because you had one bad day or because you weren't your best self once. Why should music be any different?

Hopefully people understand what we're trying to do with our music. Hopefully they take something from it. Then, if there are things they think are imperfect or flawed, maybe they'll accept those too.

I actually think the things we're bad at on this album are just as important as the things we're good at. That's what makes us who we are.

Whether people accept us for that is another question.

But we'll keep making music regardless. We just hope people enjoy coming along with us.

(laughs)Sorry, I hope that answered the question. It's funny... we're kind of still thinking about it ourselves.

La Face B: It absolutely does. Thanks a lot, and hopefully we'll see you on stage verysoon.

Westside Cowboy:Thank you!



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