Une conversation avec The Pirouettes

Il y a des artistes qu’on aime suivre plus que d’autres. On évolue avec eux d’album en album et souvent, on écrit beaucoup d’articles à leur sujet. C’est le cas de The Pirouettes. On aime leur musique et on les apprécie aussi humainement, c’était donc un plaisir de les retrouver pour parler de leur nouvel album Monopolis.

 

 

LVP : Salut les Pirouettes ! Deux mois après la sortie de Monopolis, quel recul vous portez sur l’accueil de l’album ?

Léo : J’ai l’impression que l’accueil média est légèrement moins enthousiaste que sur Carrément Carrément par contre les gens qui l’ont écouté accrochent vraiment à l’album. Le retour public est vraiment très positif.

Vickie : On pouvait s’y attendre un peu, c’est pas un premier album quoi.

L : Voilà, les médias s’intéressent à la nouveauté essentiellement.

LVP : Ce que j’ai apprécié par rapport au premier album c’est qu’il y a une vraie ambition derrière, un gap par rapport au premier. C’était nécessaire pour vous de vous mettre en danger ?

L : J’ai pas l’impression qu’on aie vraiment opéré une cassure. Le second album est dans la continuité du premier mais c’est vrai qu’il est plus étoffé en terme d’arrangements et surtout, on a fait appel à des producteurs annexes pour sa création.

: C’est plus riche en terme de composition aussi.

: On a travaillé avec Dodi El Sherbini, Lewis Ofman, Vaati et Krampf qui ont participé à l’album. C’est le principal changement mais j’ai quand même l’impression qu’on est dans la continuité du premier.

: Après, moi je suis plus contente du second car je trouve que c’est plus précis musicalement, dans la production, on progresse petit a petit. Et puis c’est plus varié tout en restant cohérent.

LVP : Si je ne me trompe pas, c’est la première fois que vous travaillez avec d’autres personnes ?

V : Quasiment, oui. Sur Carrément Carrément, il y avait Soleil Rare qu’on a fait avec Lucas OPRV et là, il y a 6 chansons qui sont co-produites, soit, la moitié de l’album. C’était la première fois qu’on faisait des allers-retours avec les gens et c’était vraiment cool à faire, ça nous a permis d’ouvrir notre univers et de ne pas tourner en rond.

LVP : Je trouve que l’évolution apparaît dans le son mais aussi dans les textes, on est sur quelque chose de plus universel.

L : C’était l’idée de l’album, en effet. Même si ça reste très personnel au final sur les sujets dont on parle. On s’inspire de ressentis personnels pour les amener vers des histoires qui ne sont pas les nôtres.

LVP : Monopolis fait référence à une comédie musicale bien connue. Même si on n’est pas dans la comédie musicale ici, c’était important pour vous d’apporter un cadre à l’album ?

V : Grave. En fait, quand on a commencé à réfléchir au nom de l’album Léo disait « J’aimerais bien que ce soit le nom d’une ville, comme si toutes ces histoires se passaient au même endroit. » On s’est dit Monopolis – pur nom, déjà (rires) – et puis clin d’œil à Starmania. Du coup, c’est de là qu’est venue cette idée de planter un décor. Carrément Carrément était une introduction qui ne parlait que de nous et là c’est pas vraiment un album concept, mais ça tend vers ça.

: Et puis y’a quand même un léger côté musical sur des morceaux comme Médina

V : Y’a plus de storytelling en fait.

L : Et puis ce qu’on fait sur scène a un côté plus spectacle que sur la première tournée, il y a des happenings, des surprises et on a essayé de pas trop révéler de choses pour garder la surprise pour les gens qui reviennent nous voir.

LVP : Même esthétiquement, y’a une vraie cohérence entre les clips, la pochette, on voit une vraie recherche de continuité…

V : Bah ouais. Après, on a quand même essayé d’être en phase avec le premier mais on développe vraiment notre univers. Chaque clip est un clin d’œil à un ancien clip, on s’auto-cite pas mal, on adore ça. Dans le dernier clip, il y a un écran LED comme dans Signaux ou sur scène, il y a un côté hyper futuriste comme sur la pochette.

: Tu peux voir les étoiles comme dans Briller Comme Des Etoiles… On essaie d’être toujours cohérents.

LVP : Vous faites des auto-citations comme Lars Von Trier en fait (rires)

V : Voilà, on est un puit sans fond. Tellement inspirant (rires).

LVP : Au niveau des paroles, l’évolution s’est aussi faite naturellement ?

L : Au delà du côté moins auto-biographique, les textes sont plus sombres et plus pessimistes par rapport à l’existence. Ca va sans doute avec le fait qu’on vieillit et qu’on est moins naïfs qu’à l’époque.

LVP : Justement, le fait que ça soit un peu plus sombre mais toujours dit à la première personne, est-ce que ça vous a amusé de faire un peu un jeu de poker menteur, de flouter la ligne entre réalité et fiction ?

: Tout n’est pas vrai dans ce qu’on raconte, c’est vrai.

: On se met dans la peau de plein de personnages différents mais en effet, quand tu écoutes, tu peux être confus et te demander « est ce que c’est vraiment eux ou pas ? Est ce qu’ils ont vraiment vécu ça ? » et ça, c’est cool.

L : Ca ça nous interesse pas mal. On aime bien chez les autres artistes qu’ils nous parlent de leur vie privée et en savoir plus quoi.

: Même si c’est pas vrai, tu projettes toujours un truc hyper personnel.

LVP : On pourrait parler d’égotrip fictionnel en fait.

L : Voilà un peu.

V : Grave.

LVP : Ce que j’ai beaucoup aimé aussi dans l’album, c’est qu’on sent moins les références. Vous avez trouvé un son qui vous ressemble plus.

L : J’espère, c’est le but.

LVP : Et aussi je trouve qu’il y a plus de tubes dans l’albums, des chansons avec plus d’ampleur.

L : C’est vrai qu’il y a des morceaux fort comme Ça ira, ça ira . Si léger est efficace aussi. Après je pense pas que ça soit plus « easy listening » que le premier, où il y avait des morceaux très pop comme L’Escalier ou Jouer Le Jeu, qui ont vraiment marqué les gens.

V : Ça reste accessible quand même.

LVP : Après c’est sans doute parce que l’album se prend plus dans sa globalité aussi.

: Oui c’est un album à écouter en entier du début à la fin et pas forcément via des playlists Spotify. Et dans le même genre, je trouve que l’album de Flavien Berger est un super exemple car il s’écoute dans son intégralité et c’est vraiment super agréable d’aller du début à la fin. Je sais pas si on a fait aussi bien que lui, mais on est très content de Monopolis.

LVP : Vous jouez au Pop Factory, je me demandais comment vous définissez la pop ?

: La pop c’est de la musique catchy, accessible qui peut parler à tout le monde.

V : Ouais pareil, c’est un truc évident mélodiquement.

LVP : Est-ce que des fois ça vous fatigue qu’on mette plus en avant votre couple que votre musique ?

L : Je sais pas si c’est tant le cas, en fait… Après, on en souffre pas tant que ça et puis on en bénéficie un peu. On a eu des articles cools sur les couples dans la musique, notamment dans Libération où on a eu un beau papier. On était au côté de Elli & Jacno ou Sonic Youth. Moi j’ai l’impression que ça nous sert et je suis pas agacé par le fait qu’on en parle.

LVP : Votre précédent batteur c’était Lewis Ofman et désormais vous bosser avec Bumby. Comment vous sélectionnez vos batteurs ?

L : Déjà il faut qu’ils soient beaux et si possible, qu’ils aient du talent. Qu’ils fassent de la musique en solo et que ça soit bien ! (rires) Blague à part, on aime bien s’entourer de gens créatifs, c’est important pour l’ambiance et être stimulés en tournée. Ce soir, Bumby n’est pas là et c’est Hugo de Las Aves qui le remplace, qui est aussi un super batteur. On a aussi Vaati qui est sur scène avec nous et qui a carrément participé à la composition de l’album. C’est aussi un plaisir de l’avoir avec nous sur scène.

LVP : Quels sont vos coups de coeurs récents ?

L : Mon dernier coup de coeur, c’est l’album d’Empress Of, une chanteuse américaine qui vient de sortir un second album qui s’appelle Us alors que le premier s’appelait Me. Je trouve que Us est incroyable. J’ai aussi beaucoup aimé Sophia Antipolis au cinéma, un film français indé par le réalisateur des Mercuriales. C’est top, vraiment. Et j’ai revu Superbad, qui reste toujours aussi fou et incroyable. La relation d’amour entre les deux potes est super forte.

V : Moi j’ai découvert les films de Kevin Smith récemment, Clerks tout ça … et j’ai trop kiffé.

LVP : Vous jouez à l’Olympia, un petit teaser là dessus ?

L : Il faut vraiment venir à l’Olympia parce qu’on aimerait bien dire que c’est complet (rires). Honnêtement, je pense que ça va être la meilleure date de la tournée, celle où on sera le plus excité. Le concert sera plus long qu’ailleurs, avec des morceaux et quelques surprises en plus en termes de scénographie qu’on peut pas révéler.

V : En fait on sait même pas (rires).

L : Et aussi, c’est Dodi El Sherbini qui va faire notre première partie donc il faut venir tôt pour être bien placé dans la fosse.