Une conversation avec T E R R I E R

Il y a des artistes qui se rattachent à la jeune histoire de La Face B. Parce qu’ils nous ont fait confiance dès le départ, parce qu’ils ont fait résonner quelque chose en nous et nous ont apporté quelque chose qu’on attendait pas forcément. Avec Tourniquet, TERRIER a frappé un grand coup dans nos esprits. On avait énormément de questions à lui poser et on a profité de sa dernière date de 2019 pour s’offrir un long entretien avec un des artistes qui fera à coup sur 2020.

crédit : Valerian7000

La Face B : Salut TERRIER comment ça va ?

TERRIER : Bah écoute c’est cool, j’ai fait un live un peu bizarre (interview réalisée à La Boule Noire le 10 décembre 2019), c’était pas le meilleur… On était dans de bonnes conditions mais c’était un peu stressant, c’est le dernier live de 2019, il s’est passé pleins de choses et tout donc c’est un peu de pression qui redescend maintenant, mais ça va. Et toi ?

LFB : Ça va ! J’ai une question étrange pour commencer, car j’adore poser cette question : est-ce que tu sais que c’est compliqué de faire une interview de quelqu’un qui a sorti qu’une seule chanson ?

T : Je pense que ce n’est pas forcément difficile parce que la chanson que j’ai choisi de sortir résume un peu l’univers sans aller trop loin. Elle définit un peu TERRIER et je pense qu’aujourd’hui, avec du recul, c’est un bon choix d’avoir sorti cette chanson. Même si ce n’est peut être pas la plus forte, j’en suis fier, et j’ai des choses à dire par rapport à ça.

LFB : Tout à l’heure tu disais que ça faisait 3 mois que tu avais lancé le projet : tu as déjà fait 14 dates, ce qui est quand même énorme quand tu réfléchis non ?

T : En fait j’avais un carnet d’adresses pour faire des dates. Je cherchais à faire du café-concert pour trouver du public, me confronter un peu à des gens qui ne connaissent pas le projet… ce qui est le plus dur en fait. Et en plus de ça on nous a proposé d’autres dates à côté, donc on a eu une énorme chance. Je trouve juste qu’on a de la chance.

LFB : Le but au départ c’était donc de te présenter?

T : Oui, c’était de présenter le projet un peu dans toutes ses formes, mais également de tourner une page. Tourniquet raconte une histoire d’amour qui ne s’est jamais réalisée, où je tournais après une nana et quand je n’étais plus là, c’est elle qui me tournait autour. C’est une histoire qui a duré une dizaine d’années, donc c’est quand même un poids très fort et j’avais besoin de tourner cette page. Et le fait d’avoir sorti ce morceau aujourd’hui, qui est matériel entre guillemets, ça aide à avancer. C’est un cap, je ne pourrais pas revenir en arrière et finalement ça m’aide aussi également dans la vie privée.

LFB : J’ai eu accès à tes maquettes et j’ai l’impression que ton écriture est profondément rattachée au réel.

T : Je ne sais pas ce que tu appelles le réel… Ce n’est pas abstrait en tout cas. Et ma ligne directrice c’est l’honnêteté et le côté nature. Ça fait un moment que je fais de la musique, et je n’ai jamais écrit de chansons avant janvier dernier, du coup j’ai commencé à écrire à 24 ans. Forcément, en 24 années tu as vécu des choses, tout le monde a vécu des choses, et tu as des trucs à raconter. J’avais énormément de choses qui bouillaient à l’intérieur et le projet se nourrit de ça. Ma seule crainte, par exemple, sur le futur, c’est que ma vie ne soit que des concerts et que de la musique, que je ne vive rien à côté, et du coup je n’aurais plus rien à raconter. Et je ne vais pas aller inventer des histoires, c’est pas du tout ce que je veux faire, et je ne saurais pas le faire.

LFB : Oui c’est pour ça que je disais attaché au réel dans un sens où c’est des parties de toi que tu lâches.

T : C’est ça exactement. Et c’est pour ça qu’en concert ça m’aide. Aujourd’hui j’ai fait une erreur sur le premier et le deuxième morceau, qui sont les morceaux les plus simples pour moi. Et en fait ça te remet dedans parce que t’es vite rattrapé par le morceau et car les textes ont un ancrage interne qui est fort. C’est des trucs que j’ai vécu, ça me rappelle des images. J’ai juste à fermer les yeux pour me rappeler un texte, une phrase et ça me ramène à une image. Et je veux garder ça à tout prix.

LFB : De par ta façon t’écrire, de par le fait qu’à certains moments tu te refuses à faire de la rime, j’ai l’impression que ton écriture et tes projets sont très visuels. Je me demandais si c’était quelque chose auquel tu avais réfléchi justement que les phrases amènent des images ?

T : Là tu as donné 2 points qui sont le côté rime et le côté imagé. En fait sur les rimes c’est très simple : j’ai testé en studio différentes choses, différents types d’écritures etc … parce que je me suis un peu enfermé pendant 8 mois pour écrire uniquement des textes et j’ai essayé de les chanter devant un micro tout seul. Il y a des trucs très poétiques. Je sais écrire avec des rimes, mais c’est pas un truc qui me plaît à chanter. Le fait de ne pas utiliser les rimes me met dans une situation où c’est un peu cash, un peu brut, il y a un truc, pas vraiment sans-gêne, mais nature qui en sort et pour moi c’est ma personnalité.
Quand j’écris, c’est comme quand je parle dans la vie. Après sur le côté ramener des images dans mon style d’écriture, c’est ce que chez les autres auteurs : Orelsan ne va écrire qu’avec des images, Lomepal c’est pareil c’est que de l’image. Tu fermes les yeux, t’écoutes les textes, c’est un film qui apparaît. Je bosse en musique à l’image à côté, et je reçois des scénarios, et il faut se projeter sur les scénarios, il faut fermer les yeux, s’imaginer les images sur les scénarios et faire de la musique dessus. J’ai donc un rapport à l’image qui est hyper fort et c’est vraiment une volonté. Je pourrais faire sans, mais j’ai pas envie parce que comme je t’ai dit, en concert ça me porte.

LFB : Ce qui est intéressant aussi c’est qu’en employant un langage parlé, tu emmènes de la poésie à travers la crudité des mots que tu utilises. Quand tu gueules « j’fais la pute », par exemple, ça pourrait être vulgaire mais au final non grâce à la façon dont tu l’utilises.

T : « J’fais la pute » c’est un bon exemple parce que effectivement c’est vulgaire et il y a ce truc un peu de « j’me vends » qui sonne un peu malsain aujourd’hui. Mais j’avais pas d’autres mots en fait pour exprimer ce que je ressens à travers cette chanson, qui exprime le fait de s’être enfermé 8 mois pour aller écrire des textes dont j’ai des retours : on me dit « fais ci, fais ça » et en fait je n’ai pas forcément suivi les conseils, je suis allé dans ma direction. Et quand je dis « j’fais ma pute », finalement je ne l’ai pas fait, c’est juste que j’aurais pu le faire mais je ne l’ai pas fait, et je trouvais ça important de le dire dans une chanson. Aujourd’hui je suis sur scène, ma vie est principalement en studio à faire de la musique à l’image, ou de la créa tout ça… mais j’adore également être sur scène et c’est pour ça que je suis là. Et si « j’fais ma pute » c’est parce que je commence à dévoiler mes secrets au public et du coup il y a un peu ce côté prostitution… Bref je trouvais ça important de le marquer et je n’avais pas d’autres mots.

LFB : Et on reste dans l’image car quand les gens te découvrent, ils voient un mélange entre le choc frontal et le son… je trouve qu’on accroche tout de suite à ton univers car je pense qu’on se retrouve dedans.

T : Je pense que ça s’est fait car je suis une personne lambda. Je pense que je serais un fils de riche, ou issu d’une famille avec un père célèbre ou mère célèbre, je serais incapable d’écrire ça. Et je pense que la plupart des personnes ont vécu de manière similaire quelque chose que j’ai vécu dans ma période d’adolescence, d’enfance et d’adulte aussi maintenant. Ce que j’ai vécu, ce que j’écris aujourd’hui. Et c’est une chance, je suis super content d’avoir grandi dans une famille modeste.

LFB : Oui quand tu parles de ton accent de « bouseux », c’est des trucs dans lesquels je me reconnais personnellement en tant que personne de province qui se retrouve à Paris, qui a pas forcément envie d’y être.

T : En Vendée il y a un accent, moi j’entends beaucoup de fois « les vendéens c’est des royalistes, des consanguins ». Je pense que t’es le premier à me dire qu’on dit pareil dans ta région, car les nordistes on dit que c’est des consanguins. Mais faut en jouer, moi je sais ce que je suis et je m’en fous, je suis pas royaliste, je suis pas consanguin. Par contre je viens d’une région où mes potes d’enfance qui sont mes potes les plus forts, je ne vois pas pourquoi je les dénigrerais. Et c’est ça qui porte mes textes, mon accent, et je l’assume totalement. Quand je suis arrivé à Nantes pour mes études, les gens se foutaient de ma gueule car j’avais un accent vendéen et que je parlais comme un chartier et j’en ai rien à foutre aujourd’hui. J’ai changé à un moment, je me disais il faut se mêler au truc, s’intégrer. Et maintenant je me dis « allez vous faire enculer ». J’ai mon accent, si ça plaît pas c’est pas grave.

LFB : Moi je l’ai vécu comme toi aussi. C’est pour ça que je te dis c’est des trucs qui m’ont connecté à ta musique tout de suite, car moi j’ai fait mes études à Paris et pareil on se foutait de ma gueule avec le Nord et ce genre de choses aussi.

T : Mais c’est chiant. Et à un moment quand tu t’assumes aujourd’hui, avec l’engouement qu’il y a autour du morceau, je me dis que j’ai bien fait d’assumer, et personne ne me dit rien. Personne me dit dans le public « ah putain ton accent vendéen, t’es un royaliste ou un consanguin ». Je pense que ça montre une honnêteté et c’est tout, point barre. Et si ça plaît pas, tant pis. moi je suis content de chanter ces morceaux avec cet accent et j’ai pas envie de me travestir.

LFB : Dès le départ j’ai remarqué que tu avais une recherche visuelle importante que ce soit dans l’utilisation uniquement du monochrome ou le fait que vous portiez tous les deux des shorts sur scène etc. Est-ce que c’est des choses que tu as réfléchi au préalable ? C’était important pour toi d’avoir un packaging clair net et précis dès le départ ?

T : En fait le monochrome c’est aujourd’hui un truc que j’utilise sur toutes les photos, les clips. C’est important aujourd’hui, e ne dis pas que ça va rester à vie. Enfin je ne sais pas je dis ça comme ça. Et comme tu disais, j’ai un rapport à l’image qui est hyper important mais pas que dans le texte, dans la musique aussi. Et aujourd’hui toutes les prods que je fais utilisent un clavier qui est un Mellotron qui a été utilisé par les Beatles, c’est un gros clin d’œil et je suis fier de le dire car les Beatles c’est un peu ce qui a fait changer ma vie. C’est le mellotron flûte qu’ils utilisaient tout le temps et j’ai pas peur de dire que ça vient des Beatles, je m’en fous. Pour moi ça exprime un noir et blanc, une image Nouvelle Vague française aussi, et quelque chose d’un peu punk, d’un peu sale. Il n’y a pas de couleur, c’est très mélancolique et nostalgique, il y a tout ça qui suit et ça me paraissait juste évident. Je ne suis pas obsédé par ça. Tout ce que j’aime, c’est que ça correspond à l’idée, que c’est honnête et que ça suit le sujet. Pour moi aujourd’hui c’est comme ça.

Après sur le côté short, c’est une autre anecdote complètement différente. Mais moi je suis un peu contre le côté déguisement sur scène… Pourtant il y a des gens qui nous font remarquer que c’est un peu un déguisement de jouer en short parce que dans la rue on l’est pas et qu’il fait zéro degré. Enfin frère, va te balader en short à zéro degré, t’as les couilles qui gèlent. Mais l’été je suis en short, et tu vas me voir le dimanche sur le canapé en train de regarder la Ligue 1 et je suis en short. Et moi tout ce que je voulais c’était être à l’aise, juste moi même, et pas me dire « je mets mon petit slim » comme quand j’ai des rendez-vous chez TF1 pour faire de la musique à l’image. Donc ouais je suis en short, je suis à l’aise, et c’est pareil : si ça plaît, c’est cool, si ça plaît pas tant pis. Moi je suis juste bien, j’ai pas envie de me prendre la tête. C’est tout quoi, c’est dimanche dans le canap’ quoi.

LFB : Tu parles depuis tout à l’heure du fait que tu composes des bandes originales de film ; tu as été aussi ingénieur du son…

T : En fait je le suis toujours car les musiques que je fais avec mon associé Tim Aknine. C’est des musiques que je mixe, que j’arrange, donc oui y a ce boulot d’ingé son. J’ai fait ça dans un premier temps et aujourd’hui y a cette part musicien qui rentre dedans. mais oui je fais les deux.

LFB : Qu’est-ce que ça t’apporte sur le projet finalement ?

T : Ça m’a aidé sur les premières maquettes. Aujourd’hui je suis entouré pour la prod, je bosse avec Robin Leduc et c’est génial. Sur les premières maquettes, quand t’es à poil et que tu dois prouver aux gens que t’es là, t’es tout seul… Donc tu dois faire tes trucs, moi j’ai vachement bosser mes sons de synthé, les couleurs de l’arpegiator, mon son de gratte. Tout a été travaillé. Et je me suis pris la tête autant que sur le texte. Et en fait c’était un boulot d’arrangeur que j’avais envie de faire car c’est le truc qui me plait le plus. Si demain Charlotte Gainsbourg me dit « tiens j’ai envie de faire un album avec toi » et que je suis dans le rôle de DA (directeur artistique), honnêtement je fonce. Je kiffe ça. Même si je serais pas sur TERRIER et que je n’avancerai pas sur mes textes, c’est un truc que je kifferais ! L’un va dans l’autre. Moi je pense que rien qu’un accord de piano, rien qu’une note basse, ça se place dans une certaine fréquence, dans un spectre précis qui va te donner une information dans le mixage et c’est hyper important d’avoir ces notions pour pouvoir faire une bonne chanson, avoir des ampleurs quand il faut, avoir de la respiration, du relief… Et moi je suis fan de ça et je kifferai bosser avec d’autres gens sur ça.

LFB : Ta musique parle beaucoup du temps qui passe, de devenir un adulte, de ne pas être prêt. Te considères-tu comme une personne mélancolique ?

T : Carrément ouais.

LFB : Je trouve que sur les 5 titres auxquels j’ai eu accès, ça revient beaucoup cette espèce de sensation d’être confronté à un monde qui te correspond pas forcément.

T : En fait il y a de ça et il y a aussi ce côté je me confronte à un monde qui ne m’appartient pas et qui me rend un peu fragile. Ce côté aussi où je sens une influence et je me sens conforté dans un monde qui m’appartient. J’ai envie de défendre ce monde qui m’appartient : mes potes d’enfance, mes parents, les gens qui m’accompagnent et qui sont là depuis le début… Il y a un truc fort là-dedans et ça me tient à cœur de le défendre. Pour moi c’est mon monde et c’est des gens qui ont un peu la même idéologie de vie, un peu en mode « je me lance et on verra ». Et ça prend des risques. J’ai des potes qui se rétament, moi-même je me suis rétamé il y a pas longtemps. Mais ça fait du bien de se prendre une belle grosse claque. Ça nourrit l’avenir. Moi je prends ça comme de la nourriture. Par contre il y a un monde que j’arrive pas à cerner, qui est un peu ce qui nous entoure quotidiennement, et tant pis. Je regarde pas les infos car quand je les regarde ça me fait chier. En fait tout cet espèce de quotidien, même mes parents quand ils me parlent du quotidien, je m’embrouille avec eux et je leur dis vas-y on arrête, on parle juste de ce qu’il se passe dans le présent et on vit, on mange bien et point barre. Ouais je me reconnais pas là-dedans et je me sens pas à faire le pas pour y aller…

LFB : Je me demandais si tes titres te servaient à exprimer des choses que tu n’as pas pu dire à un instant T, car j’ai l’impression que il y a de ça aussi : te servir de ta musique comme d’un exutoire pour raconter des choses.

T : C’est complètement un exécutoire, c’est un truc que j’arrive pas à dire en société et en musique je trouve ça plus facile.

LFB : Puiser dans tes souvenirs pour revenir sur les choses, sur des chapitres pas fermés ?

T : C’est un exécutoire dans ce sens-là, et dans le sens où il y a des trucs que tu peux pas dire haut et fort dans une conversation et que en chanson c’est un peu différent, parce que y a des gens qui te prennent un peu pour un troubadour qui fait du spectacle. Et en chanson t’as la liberté d’expression qui te permet de dire tout et n’importe quoi haut et fort, et moi je m’en sers. Et je trouve ça cool et par exemple Tourniquet, c’est des trucs que jamais j’ai dit, sauf mes potes hyper proches l’ont entendu. Et ça fait du bien, et dans la vraie vie c’est pas que je sois particulièrement fier, je suis un loser quoi. Pas vraiment en fait, mais c’est le cas sur Tourniquet.

LFB : Et justement, par rapport cette façon d’écrire et de raconter, est ce que t’as pas l’impression que, plus que chanter, tu scandes les choses ?

T : Ça dépend sur quoi. Il y a des choses que j’ai envie de gueuler. Sur Tourniquet il y a une partie gueulée et le refrain : deux choses qui sont très fortes et que j’ai envie de gueuler. Le reste c’est plus des choses qui se sont passées, des images des souvenirs et c’est plus avec du recul, des moments un peu plus posés. Et j’aime bien ce contraste : des choses que j’ai envie de scander et d’autres moins, plus de l’image.

LFB : Vous êtes deux sur scène : il y a une batterie, sur les projets dits « jeunes » c’est plutôt rare. C’est important pour toi de garder un côté organique sur scène, malgré l’économie de moyens des jeunes projets ?

T : La batterie c’est mon instrument préféré, et je me voyais pas monter un projet sans batterie, tout simplement. On est que deux parce que y a cette économie de projets comme tu dis, mais moi je me voyais pas du tout sans batteur. Et plus tard si tout se passe bien, j’aimerais plus. J’adore le line up de Charlotte Gainsbourg par exemple. Sur sa dernière tournée je trouve ça chouette, c’est classe, c’est assez posé. Mais avec des chansons de TERRIER et un line up similaire, je pense qu’on pourrait avoir un truc un peu vénère, et ça ferait du bien. Aujourd’hui c’est surtout une question d’économie.

LFB : Il y a quoi qui arrive en 2020 ?

T : Beaucoup de titres. J’aime bien vivre un truc assez vif, où on est dans un truc un peu urgent, c’est ce qui se dit un peu dans les textes aussi. J’ai beaucoup de titres, j’ai envie de les sortir tous aujourd’hui. J’aime les artistes qui sortent beaucoup de choses. J’adore les mecs du hip hop aux Etats-Unis, qui sont là à sortir des mixtapes, même s’il n’y a qu’1 morceau sur les 8 qui est bien et que les autres sont nazes, il y a toujours des choses à dire. Moi je suis un peu dans cette politique-là. Après en France, il y a des trucs de développement et d’accompagnement d’artistes… on ne peut pas faire n’importe quoi. Du coup je dois m’adapter, mais oui j’ai envie de sortir beaucoup de titres, j’en ai beaucoup et oui il y a plusieurs qui vont sortir prochainement, c’est sûr.

LFB : C’est quoi tes coups de coeur récents ?

T : Moi cette année j’ai découvert Hubert Lenoir qui m’a mis vraiment une claque. Mais en plus avec un album qui est sorti il y a assez longtemps, mais ouais je l’ai découvert cette année. Après musicalement j’ai fait une rencontre de ouf cette année qui est le réal avec qui je bosse en studio qui est Robin Leduc, et ça ça m’a mis une tarte car je me suis rendu compte à quel point les gens qui ont du talent sont modestes. Et Rone c’est pareil, c’était mon voisin de studio à l’époque, et on a vachement discuté, je m’en suis nourri de ces conversations. Ce sont des rencontres vachement enrichissantes, au-delà du côté média, des films et des musiques qui sortent. Moi c’est des rencontres qui m’ont pas mal portées.

En sortie média, je t’avoue que je me suis tellement enfermé pour faire les musiques que je suis pas sorti au cinéma, j’ai pas sorti les nouveautés de la semaine de Spotify alors que normalement je le fais. Après je suis vachement content de mes potes de SÜEÜR qui ont sorti deux titres et qui m’ont bien mis une tarte. Je trouve ça cool, ils disent des choses aussi, c’est vif, il y a un truc assez saignant et j’adore ce genre de projets. Peter Cat Recording, mais ça c’est Robin qui nous a fait découvrir. C’est une de mes claques, c’est trop bien, ce groupe est ouf.

Après en cinéma j’ai vu Parasite, La Favorite, les films qui ont gagné des prix. Après mon réalisateur préféré c’est Wes Anderon : L’Île aux chiens c’était le film de l’année pour moi (je l’ai vu tard). C’est hyper inspirant et le nom de TERRIER, ne vient pas de nulle part et je pense que si Wes Anderson faisait un projet de chanson, ça ne m’aurait pas étonné qu’il choisisse un nom de ce type-là parce que il a ce rapport animal, il s’en fout, c’est impactant, il y a un truc. Et je trouve ça cool. Ce mec m’inspire beaucoup dans le dessin, dans la photo, dans la manière de faire, dans la direction des personnages. J’ai des potes, genre mon attachée de presse Marie, elle me fait beaucoup penser à un personnage de Wes Anderson dans La Famille Tennenbaum, elle représente 2-3 personnes. Et moi j’adore ce genre de personnes : il y a un truc sincère qui se dégage, un peu maladroit, et ça me touche.

crédit photo : Valerian7000