Slim & the Beast : « Nous aimons véhiculer une image ensoleillée et de bonne humeur »

S’il y a bien une chose que le confinement n’a pas pu stopper, c’est définitivement la musique. Forts de leur isolement, les artistes créent et s’inspirent de peu de choses en cette période si spéciale et nous offrent des moments uniques et réconfortants. C’est le cas du trio lumineux de Slim & the Beast. Aurel, Aaron et Samuel ont ainsi pris le temps de répondre à nos questions, chacun de leur côté.

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La Face B : Salut Aurélien, Samuel et Aaron ! Alors, comment se passe ce confinement pour vous ?

Aaron : Le confinement se passe bien jusqu’à présent. Ça m’a permis de ralentir le rythme et d’avoir des journées pour moi pour penser, créer, écrire de la musique et travailler sur des projets de création graphique. Mes amis, la nature et le monde extérieur me manquent mais j’accepte cette situation actuelle en essayant d’en tirer le meilleur parti en terme de créativité.

Sam : Ça se passe aussi bien que possible ! Je suis dans mon appartement de 20m2 au 7ème étage. J’ai une vue sympa sur le Sacré Coeur et je peux voir le soleil sous lequel je ne peux pas jouer au basket. Je joue beaucoup de piano et je termine un romain que j’avais commencé en 2015. J’ai aussi commencé une page Patreon pour mes textes et ma musique (www.patreon.com/slbfiction !) et évidemment, je joue beaucoup aux jeux vidéos, principalement Call of Duty : Warzone avec mes amis aux quatre coins du monde.

Aurel : Je suis en Suisse. Ici c’est assez tranquille au final. J’ai une routine de guitare, production, basketball ou marche dans la nature et cuisine de bons petits plats. Tant que j’ai un mélange de sport et de musique, je suis heureux.

LFB : Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore, pouvez-vous nous présenter un peu Slim & The Beast ? Votre rencontre, les débuts du groupe…

Aurel : J’ai rencontré Samuel en jouant au basket sur un terrain à Paris, et en tant qu’Américains, on s’est tout de suite bien entendu, dans le sport et en tant qu’amis. Un jour j’ai apporté ma guitare sur le terrain et on s’est fait une jam dans un parc à côté après quelques bons matchs. L’entente était immédiate et de là est né le projet de groupe. D’abord à deux, car Aaron était encore aux USA, mais au bout de quelques mois il est venu rendre visite à Samuel et on a très vite partagé nos compos musicales. Deux années plus tard, Samuel et moi sommes partis rejoindre Aaron à la Nouvelle-Orléans avant de rentrer tous les trois à Paris pour poursuivre le projet d’une manière bien plus sérieuse.

LFB : D’où vient ce nom de groupe d’ailleurs ?

Aaron : Le nom du groupe vient d’un roman que Samuel a écrit et publié en 2013. Le roman est un peu basé sur notre enfance en Caroline du Nord mais aborde aussi les thèmes de la fraternité et de la camaraderie, ce qui englobe tout ce que l’on a dans le groupe. Donc ça avait du sens pour nous de s’appeler Slim & the Beast, on est une bande de frères.

LFB : Avez-vous toujours baigné dans l’univers folk ?

Sam : Oui. J’ai grandi en écoutant les plus grands : James Taylor, Neil Young, Crosby Stills & Nash, Joni Mitchel… La liste est longue. La folk a une place essentielle dans la culture de la Caroline du Nord, où j’ai grandi. C’est un genre qui émerge des traditions afro-américaines blues dans le Sud, donc la folk reste mon genre préféré pour de nombreuses raisons et notamment parce que son but est de raconter une histoire.

LFB : En écoutant votre EP, je trouvais que vous aviez une musique plutôt hors du temps, elle résonne à la fois dans le passé, mais j’y retrouvais des sonorités assez modernes. Ça s’explique par vos influences ?

Aaron : On adore mettre en avant notre amour pour la musique des années 60-70 tout en ajoutant des touches d’influences plus modernes. Nos plus grandes influences sont Neil Young, James Taylor, les Beatles, Father John Misty et Tame Impala. On est partout à la fois ! On aime un peu de tout pour être honnête mais ceux-là sont certains de mes artistes préférés.

LFB : Votre EP éponyme est donc sorti l’automne dernier, pourquoi avoir choisi ce format d’EP ?

Aurel : Nous avions une douzaine de compositions et après avoir terminé les arrangements en studio des 6 morceaux, on était assez impatient de les sortir ! Du coup on s’est dit, why not! Cela nous permettait enfin de pouvoir diriger les gens vers de vrais enregistrements après nos concerts, plutôt que d’attendre encore des mois pour avoir un album complet.

LFB : Pourquoi vous êtes-vous lancés dans la musique ici en France plutôt qu’aux États-Unis où vous résidiez tous les trois ? Votre musique sonne très californienne en plus, vous pensiez que le public ne serait pas au rendez-vous ?

Aurel : On pense bien sûr que le public américain serait au rendez-vous, mais d’être en France était à la fois une opportunité pour Aaron de découvrir l’Europe, pour Samuel de rester dans une ville qui lui est très chère personnellement, et pour moi de pouvoir travailler avec un réseau de connaissances artistiques qui remonte à mes années parisiennes après mon retour de New York en 2011.

LFB : Comment votre EP a été accueilli par le public français ? C’était à la hauteur de vos espérances ?

Sam : Ça a été une vraie leçon d’humilité. On a toujours su qu’on aimait jouer notre musique mais d’avoir autant de gens qui nous disent que ce dont ils se souviennent le plus de nos concerts, c’est notre énergie positive sur scène, c’est quelque chose pour laquelle on est très reconnaissant. On a eu beaucoup de retours positifs des chansons aussi mais on vient juste de commencer la tournée donc on est impatient de reprendre la route et de continuer à répandre cet amour.

LFB : D’ailleurs, vous y évoquez plusieurs villes… Quelle est l’histoire derrière ces villes ?

Aaron for Pasadena : Pour moi, Pasadena représente l’été, ma maison là-bas et un morceau du rêve californien. Chaque ville nous a inspiré émotionnellement d’une certaine façon, ce qui conduit toujours à une empreinte créative et un hommage artistique.

Aurel for Lisbon : J’ai rencontré ma copine lors d’un surf trip au Portugal dans le village de Peniche, et au retour j’ai tout de suite raconté l’histoire aux jumeaux qui m’ont poussé à en faire un morceau ! La chanson s’est quasiment écrite toute seule !

LFB : Quelle est la prochaine ville que vous voudriez mettre en musique ?

Sam : Compte tenu de nos voyages, ce serait logique que la prochaine ville sur laquelle on écrit soit la Nouvelle-Orléans. Close To You a été écrite là-bas mais elle n’est pas à propos de la ville. Paris est devenue notre maison aussi… mais mon choix est forcément Colombo au Sri Lanka. Je n’y suis jamais allé mais j’aimerais avoir une excuse pour y aller. Voilà, une pensée positive en essayant de la réaliser.

LFB : Et l’album alors, pour quand est-il prévu ? Est-ce que toute cette ambiance Covid a changé certaines choses de ce côté-là, ou tout est déjà prêt ?

Aurel : On vise une sortie d’album pour la fin d’année ou début 2021. Il n’est pas encore prêt, mais nous avons déjà de la belle matière ! C’est sûr que le Covid a changé pas mal de choses d’un point de vue stratégique pour nous. La tournée est reportée, les séances studio aussi, et le contact ensemble pour composer/répéter est réduit. Du coup on travaille de nos côtés respectifs sur des idées et cela nous permet d’avancer sur l’album à distance.

LFB : Comment travaillez-vous ? Tous les trois ensemble ou chacun y va de sa petite trouvaille et partage ensuite avec le reste du trio ?

Sam : Par le passé, Aurélien et moi avons travaillé sur des chansons ensemble car on vivait tous les deux en Europe en même temps. Aaron nous envoyait des idées (et on lui envoyait les nôtres), ensuite une fois que les idées germaient, on se réunissait tous ensemble pour finaliser la chanson. Maintenant, bien sûr, les choses ont changé. Chacun a travaillé individuellement sur des chansons, en s’envoyant des fichiers audio de l’un à l’autre, en sachant que tant qu’on ne pourrait pas être assis tous les trois dans la même pièce avec quelques bouteilles de vin, le processus de création ne serait pas complet.

LFB : Vous avez un univers très visuel, coloré, avec déjà de nombreux clips à votre actif et vous réalisez les pochettes de vos singles et EP. Est-ce quelque chose qui vous tient à cœur depuis le début du projet ?

Aaron for the visuals : En tant que graphiste, je contribue à beaucoup voire la plupart des éléments visuels sur les couvertures d’album, sur les miniatures de Spotify et les flyers promotionnels. J’ai toujours adoré utiliser des couleurs et des gammes riches et je suis très heureux d’associer ma passion pour l’art à l’esthétique du groupe. Je veux que nos visuels soient éclatants ! Je veux que quelqu’un arrête de scroller quand il tombe sur le visuel, que ça attire son regard et que ça le fasse sourire. Le but est de rester fidèle à notre style, c’est à dire coloré, léger et amusant.

Aurel for the videos : Pour les clips, nous aimons véhiculer une image ensoleillée et de bonne humeur, et des ambiances qui servent la musique.

LFB : Vous publiez des « Quarantunes » (des titres joués et diffusés pendant le confinement) sur les réseaux sociaux. Cette période d’isolation sociale vous donne-t-elle plus d’inspiration en termes de musique ?

Sam : Oui, bien que je ne sais pas si c’est plus inspirant qu’en temps normal. J’ai juste plus de temps pour m’autoriser à jouer. Avoir autant de jours devant nous sans savoir quand ça se terminera nous a tous forcé à réfléchir à quel type d’art nous voulions créer. Evidemment, la musique est destinée à être jouée donc on joue aussi pour le plaisir. Les vidéos Quarantunes sont exactement à propos de ça : apprécier la musique et jouer ensemble.

LFB : Merci pour ces vidéos qui nous font l’effet d’une dose de fraîcheur estivale au beau milieu de notre salon. Votre musique est très solaire, pleine d’ondes positives, comment gardez-vous le moral (surtout maintenant) ?

Aaron : On reste positif en créant de la musique ! On s’envoie des nouvelles idées, en se les filant les uns aux autres, en les jouant avec différentes mélodies. Personnellement, j’adore dessiner et je travaille toujours sur des projets de création graphique en parallèle, tout en regardant mes séries Netflix préférées. Me balader au soleil et FaceTimer avec des amis me remonte toujours le moral !

 LFB : Comment avez-vous réalisé ces Quarantunes : en live ou chacun de votre côté et le tout est monté ensuite ?

Aurel : C’est chacun de son côté en fait, car c’est très compliqué d’avoir un rendu sans latence en jouant en live. Du coup on m’envoyait les prises et je faisais un petit montage pour tout caler !

LFB : En parlant de live, peut-on espérer vous retrouver le long des routes avec Caravan Palace cet automne ?

Sam : Oui ! Evidemment, on ne peut pas prédire ce qu’il se passera dans les prochains mois et années à venir pour les rassemblements publiques, mais pour le moment nous sommes programmés pour pousuivre la tournée française de Caravan Palace cet automne. Bien sûr, s’il y a du changement, nos fans seront les premiers au courant.        

LFB : Vos groupes ne naviguent pourtant pas tout à fait dans les mêmes univers, comment s’est passée cette proposition de première partie ?

Aurel : Je connais les membres de Caravan Palace depuis des années en fait, car j’ai pas mal écrit de paroles pour leurs deux derniers albums (notamment les paroles de leurs singles Lone Digger, Miracle, Wonderland…). À force de passer du temps avec eux en studio j’ai fait tourner le projet de Slim & The Beast, ce qu’ils ont bien apprécié et puis un jour ils nous ont proposé de les suivre en tournée. Tout cela s’est fait simplement et naturellement, ce qui est toujours l’idéal dans les rencontres et les collaborations artistiques et humaines !

LFB : Le live, c’est quelque chose dont vous aviez l’habitude individuellement avant Slim & The Beast ou ça a été une découverte ?

Aaron : J’ai déménagé à la Nouvelle Orléans en Louisiane en 2010 où j’ai commencé à chanter et à jouer de la guitare acoustique dans des bars, restaurants et hôtels. J’ai fait ça de façon professionnelle pendant 5 ans. Toutes mes expériences musicales et mon éducation créative venant de la Nouvelle Orléans m’ont permis d’apporter le meilleur de moi-même à Slim & the Beast pour débuter cette nouvelle aventure musicale.

LFB : Question bonus, et si vous nous donniez un livre, une série, un film et un album pour tenir le coup pendant cette période particulière ?

Aaron : Un livre : Eternal Lightness of Being de Milan Kundera. Une série : Breaking Bad. Un film : Kill Bill Volume 1 et 2. Un album : The Party d’Andy Shauf.

Sam : Un livre : Life is Elsewhere de Milan Kundera. Une série : Ozark (je viens de la terminer). Un album : celui de 2019 de Hether, Hether Who?

Aurel : Un livre (plutôt une collection de cartoons): The Essential Calvin & Hobbes par Bill Watterson. C’est un classique américain, rempli d’humour, d’imagination et de philosophie sur la vie ! Un film (une série plutôt) : The Last Dance (une série Netflix sur les années phares des Chicago Bulls!). Un Album: Vampire Weekend “Father Of The Bride”. Un chef-d’œuvre en musicalité à la fois folk, rock et expérimental avec de belles collaborations (Steve Lacy, HAIM, Hans Zimmer).

LFB : Merci encore pour vos réponses. En espérant vous entendre à nouveau bientôt et vous croiser pour des lives dans un futur pas trop lointain !

LFB : Hi Aurélien, Samuel and Aaron ! Thanks for taking the time to do this with us. So how’s going quarantine for you guys ?

Aaron : Confinement has been going well for me so far. It’s allowed me to slow down and have full days to myself to think, create, write music, and work on graphic design projects. Missing my friends and nature and the outside world but also accepting of our current situation and trying to make the best of it creatively.

Sam : It’s as good as it gets! I’m in my 20m2 apartment on the 7th floor. I have a nice view of the Sacré Cœur and I can see the beautiful sunshine that I can’t be playing basketball in. I play a lot of piano and am finishing a novel I started in 2015. I also started a personal Patreon page for my writing and music (www.patreon.com/slbfiction !) and, of course, I am playing a lot of video games, mainly Call of Duty: Warzone with friends across the world.

Aurel : I’m in Switzerland. It’s actually pretty quiet here. I have a daily routine with guitar, production, basketball or walking in the nature and cooking homemade dishes. As long as I have a mix of sport and music, I’m happy.

LFB : For those who might not know you, can you introduce us to Slim & the Beast ? How did you guys meet, the beginning of the band…

Aurel : I’ve met Samuel on a Parisian basketball court. As Americans, we got along right away, in sport and as friends. One day, I brought my guitar on the field and we did a jam session in a park nearby after a few good games. We got along immediately and from there, the project of being a band was born. At first, it was just the two of us because Aaron was still in the USA. But after a few months, he came to visit Samuel and we quickly shared our musical compositions. Two years later, Samuel and I joined Aaron in New Orleans before heading back to Paris to continue the project in a more serious way.

LFB : Where did the name of the band come from ?

Aaron : The name comes from a Novel that Samuel wrote and published in 2013. The novel is lightly based on our childhood in North Carolina but also has major themes of brotherhood and companionship which we felt encapsulates everything that we have in the band, so it made sense for us to be called Slim and the Beast, we are a band of brothers.

LFB : Have you always been surrounded by folk culture ?

Sam : Yes. I grew up listening to the greats: James Taylor, Neil Young, Crosby Stills & Nash, Joni Mitchel… the list goes on. Folk is an essential part of the culture in North Carolina, where I grew up. Coming out of the African American traditions of blues in the south, folk remains my favorite genre in a lot of ways because its first goal is to tell a story.

LFB : While listening to your EP, I thought your music was timeless, it sounds pretty old school but it also has modern sounds. Is it because of your influences ?

Aaron : We love showcasing our love for 60’s 70’s music while also adding touches of our modern influences. Some of our biggest influences are Neil Young, James Taylor, The Beatles, Father John Misty, and Tame Impala. All over the place! we love a little bit of everything to be honest but those are some of my favorite artists.

LFB : Your eponymous EP came out last fall, why did you choose this format ?

Aurel : We had a dozen compositions and afrer finishing the arrangements of the last six tracks in the studio, we were pretty excited to release it. So we said to ourselves, why not ! It allowed us to finally lead people to real recordings, rather than waiting months to hear the entire album.

LFB : Why did you take the plunge here in France rather than in the USA where the three of you lived ? Your music has a very californian vibe, were you afraid that the american public would not be there ?

Aurel : Of course we think the american public would be there but being in France was an opportunity to discover Europe for Aaron, to stay in a city that is really dear to his heart for Samuel and for me, to work with a musical network of acquaintances that goes back to my parisian years, after I came back from New York in 2011.

LFB : How was your EP welcomed by the french public ? Was it up to your expectations ?

Sam : The response has been very humbling. We’ve always known that we enjoy playing our music, but to have so many people tell us that what they most remember about our shows is our positive energy on the stage is something to be thankful for. We’ve received a lot of positive feedback from the songs, too, but we only just started to play on the road so we’re excited to get back out there and keep spreading the love!

LFB : You mention several cities in this EP, what’s the story behind those cities ?

Aaron for Pasadena : Pasadena for me represents summer, my home in Pasadena, and a slice of the California dream. Each city has inspired us emotionally in some way, which always leads to a creative fingerprint and artistic homage.

Aurel for Lisbon : I’ve met my girlfriend on a surf trip in Portugal, in the village of Peniche. When I came back, I immediately told the story to the twins and they pushed me into writing a song about it ! The song practically wrote itself !

LFB : What’s the next city you would want to make music from ?

Sam : Given our travels, it would make sense that the next city we write a song about would be New Orleans. “Close to You” was written there but it isn’t about the city itself. Paris has become our home, too … but my choice has to be Colombo, Sri Lanka. I’ve never been there but I’d like an excuse to go, so here’s to positive thinking and making it happen.

LFB : What about the record, when will it be released ? Has this all Covid atmosphere changed things for the release or is everything already ready to come out ?

Aurel : We’re trying to release the album by the end of the year or early 2021. It’s not ready yet but we already have some good stuff. Of course, Covid has changed a lot of things strategically. The tour has been postponed, studio sessions as well and it’s been hard to contact each other to compose or rehearse. So we’re each working on ideas and it allows us to progress on the album from afar.

LFB : How do you work ? Is it an all together process or each one of you is trying something and then you share it ?

Sam : In the past, Aurelian and I have worked on songs together because we both lived in Europe at the same time. Aaron would send us ideas (and we would send him our ideas), and then once the ideas matured, we’d all get together to finalize the song. Now, of course, things have changed. We’ve each been working on songs individually, sending audio files back and forth, knowing that until all three of us can sit in the same room with a few bottles of wine, the creation process won’t be complete.

LFB : You have a very visual and colorful universe, with a lot of videos and your own album covers, is it something important to you ?

Aaron for the visuals: As a graphic artist, I contribute to a lot/most of the visual elements of the album covers, Spotify thumbnails, and promotional flyers. I’ve always loved using lots of vibrant color and line and it gives me so much joy to combine my passion for art to aesthetic of the band. I want our artwork to pop! For someone to stop scrolling once they land on a post, something that catches the eye and makes them smile. My goal is to always stay true to our style which is colorful light and fun.

Aurel for the videos : We love to convey a sunny and positive image in the videos and atmospheres that suit the music.

LFB : You’re currently posting Quarantunes videos on social networks, is this all social distancing thing a good inspiration for you ?

Sam : Yes, although I don’t know if it’s any more inspiring than in normal life. I just have more time to allow myself to play. Having so many days in front of us without any clear sign of this will end has forced us all to really think about what kind of art we want to create. Of course, music is meant to be played, which means we also play to have fun. The “Quarantunes” series is about exactly this: enjoying music and playing it together.

LFB : Those videos are like a shot of summer in the middle of our living room, s thanks for that. Your music is really sunny, full of good vibes, how do you keep your spirits up (especially these days) ?

Aaron : Ways we stay positive is by creating music! Sending each other new ideas, passing them back and forth, playing around with different melodies. I personally love to draw and I’m always working on a graphic design project on the side while watching my favorite Netflix shows. Taking a walk in the sunshine, FaceTiming with friends always gets my spirits up!

LFB : How did you make those Quarantunes videos ? Was it real live or each of you has recorded something and then you put it together ?

Aurel : We each recorded our part, because it’s actually really difficult to play live together and to have something synchronous. So the boys sent me their part and I did an editing of the whole thing.

LFB : Speaking of live, can we hope to catch you on tour with Caravan Palace this fall ?

Sam : Yes ! Obviously, we can’t predict what will happen in the coming months / years with public gatherings, but as of now we are on schedule to continue the French tour with Caravan Palace in the autumn. Of course, if that changes, our fans will be the first to know.                                                                                                                                       

LFB : You have both different universe, how did you end up being their opening act ?

Aurel : I’ve known the members of Caravan Palace for years actually, because I’ve written a few songs on their last couple albums (including the lyrics of Lone Digger, Miracle, Wonderland…). By spending time with them in studio, the project of Slim & the Beast came on the table, they liked it and then one day, they asked us to tour with them. It happened really easily and naturally which is always ideal for meeting and collaborating with other artists.

LFB : Is performing something you were used to individually before Slim & the Beast or was it something new ?

Aaron : I moved to New Orleans, Louisiana in 2010 where I starting playing acoustic guitar and singing in bars, restaurants, hotels. I did this professionally for 5 years. All of my musical experiences and creative education in New Orleans allowed me to bring the best of myself to Slim and the beast to start on this new musical adventure.

LFB : Bonus question : if you could just give us one book, one TV show, one movie and one record to survive during this special time, what would it be ?

Aaron : Book: Eternal Lightness of Being by Milan Kundera TV series: Breaking Bad Movie: Kill Bill Vol. 1 &2  Album: Andy Shauf, the Party

Sam : Book: Milan Kundera’s “Life is Elsewhere.” Series: Ozark (I just finished it). Album: Hether’s 2019 album “Hether Who?”

Aurel : Book (more like a series of cartoons) : The Essential Calvin & Hobbes by Bill Watterson. It’s an american classic, full of humor, imagination and philosophy about life ! Movie or rather a TV show : The Last Dance (a Netflix TV show about the golden days of the Chicago Bulls !). Album : Vampire Weekend “Father Of The Bride”. A musical masterpiece both folk-rock and experimental with great collaborations (Steve Lacy, HAIM, Hans Zimmer).

LFB : Thanks again for taking the time to answer us. We hope to catch you on the road and live in the near future !