Rencontre avec Yard Act à Rock en Seine

Du 25 au 28 août, La Face B était de passage à Rock en Seine. L’occasion pour nous de partir à la rencontre de nos artistes préférés de cette dix-huitième édition. Parmi eux, on retrouve d’ailleurs quelques noms pour le moins familiers, dont Yard Act, groupe post-punk de Leeds dont on ne cesse de vanter le talent depuis leurs débuts. James Smith (chant) et Jay Russell (batterie) nous avaient alors accordé quelques minutes avant de faire se déchaîner la foule, quelques heures après, sur la Scène de la Cascade. Retour sur cet échange.

VERSION ANGLAISE PLUS BAS / ENGLISH VERSION BELOW

La Face B : Depuis la sortie de votre premier album, The Overload, vous n’avez pas arrêté de tourner. Récemment, vous avez annulé quelques unes de vos dates car cela devenait difficile sur le plan physique et psychologique. Pouvez-vous me dire d’où vient principalement ce stress ?

Jay : Je pense que la raison est différente pour chacun de nous dans le groupe. James a un bébé et est marié donc il doit beaucoup jongler entre les deux. Le stress vient aussi de nous-mêmes, car partir sans rester bien longtemps au même endroit, ça finit par te taper sur les nerfs à un moment donné. Comme tu l’as dit, on n’a presque jamais arrêté depuis janvier et je crois que c’est arrivé à un point critique. Tu ne veux pas laisser tomber les festivaliers, certains viennent de loin pour venir nous voir jouer, donc c’est difficile de prendre ce genre de décision, mais parfois c’est la meilleure chose à faire et nous ne l’avons pas prise à la légère.

LFB : Avez-vous prévu de faire une pause après cette tournée ?

Jay à James : Est-ce qu’on a une pause ?

James : En décembre.

Jay : Notre pause est en décembre, oui.

James : On a un mois entier, pendant Noël !

LFB : Plus tôt dans l’année, James a dit dans une interview pour NME que les textes d’Alex Turner relatifs à la société l’avaient aidé à grandir. Qu’est-ce que cela vous fait alors de partager la même lineup aujourd’hui ?

James : C’est incroyable et j’ai du mal à croire que c’est le même jour, c’est vraiment génial ! Ils ont toujours été présents dans ma vie et je les admire d’autant plus aujourd’hui qu’il y a dix ans. Je les suis depuis que je suis ado, j’ai vraiment l’impression d’avoir grandi avec eux.

LFB : Aujourd’hui, vous jouez à Rock en Seine. Mais si pouviez avoir votre propre festival, quels artistes aimeriez-vous y voir jouer ?

James : Morts ou vivants ?

LFB : Vivants.

James : Est-ce qu’il y a des groupes qui peuvent se reformer ?

LFB : Ça pourrait étre génial en vrai.

Jay : Je choisirais un groupe, un jeune projet qui s’appelle Unschooling. Ils viennent d’à côté d’ailleurs, de Lille je crois, et c’est un groupe génial, très bon en live.

James : En tête d’affiche, je mettrais Talking Heads. Puis il y aurait Wu-Tang Clan, Arctic Monkeys, Fontaines D.C., LCD Soundsystem et Moonchild Sanelly car elle est vraiment excellente. Il y en a beaucoup.

LFB : Ça fait déjà une belle programmation !

James : Oui et c’est l’une des meilleures choses quant aux festivals ici, ce n’est pas sursaturé, c’est assez précis, on connaît quelques groupes sur chacune des scènes alors que c’est tout le contraire en Angleterre.

LFB : Où aurait lieu ce festival et comment s’appellerait-il ?

James : À Meanwood Park ! (rires) C’est un endroit à côté de chez moi à Leeds.

Jay : Et il s’appellerait Cross Forest. (rires)

LFB : Parlez-moi de votre meilleur souvenir de festival jusqu’ici.

James : Auquel nous avons joué ou auquel nous sommes allés ?

LFB : Auquel vous avez joué.

Jay : Celui auquel nous avons joué avec les Flaming Lips, le Ypsigrock Festival, c’était pas mal.

James : Il y a trois semaines, on a joué dans un château en Sicile, on faisait leur première partie et c’était incroyable ! J’ai aussi adoré La Route du Rock la semaine dernière, c’était vraiment vraiment bien et ça m’a donné l’impression que c’était un moment spécial. On a aussi joué au Wide Awake Festival à Londres en mai. On y était pour la première fois l’année passée, nous avions joué sur la plus petite scène et nous sommes revenus cette année pour jouer sur la grande scène, il y avait une foule énorme, c’était dingue.

LFB : Qu’en est-il de votre pire souvenir ? En tant que festivalier cette fois-ci.

James : C’était lors d’une édition du festival Kendal Calling, quand les semelles de mes chaussures m’ont lâché à cause de la boue. Je ne change jamais mes chaussures avant qu’elles soient détruites, mais là la boue était tellement horrible que ça a retiré les semelles, les deux, que j’ai laissées. (rires)

LFB : Est-ce que tu es resté en chaussettes alors ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

James : J’avais encore la base de la chaussure mais avec les chaussettes qui ressortaient, donc ça traînait dans la boue. Et puis après, le van est tombé en panne. On avait un van avec un ancien groupe dans lequel je jouais et ce van ne démarrait qu’avec les câbles, mais on a malencontreusement coupé le contact sur le chemin du retour à Leeds. Tout le monde est rentré chez-soi, puis le conducteur et moi devions pousser le van sous la pluie pour le faire démarrer et j’étais pieds-nus. C’est mon pire souvenir de festival jusqu’ici mais les concerts étaient cools. Et toi, Jay ?

Jay : C’était au Leeds Festival. J’avais déjà bien profité de la journée et au moment du concert de Queens of the Stone Age, je me suis endormi alors que c’est, depuis toujours, l’un de mes groupes préférés.

ENGLISH VERSION

La Face B : Since your debut album came out, you have never stopped touring. Lately, you have cancelled a few of your appearances since it started to become tough physically and mentally speaking. Can you tell me where does that pressure mainly come from ?

Jay : I think the pressure is different for all of us in the band. James has a young child and a wife at home so I think he has to juggle quite a lot. But also just the pressure I think comes from ourselves, after being away so much time not in one place, it does start to get to you at some point. Like you said, we basically haven’t stopped since January so I think it all came to our head. You do not want to let people down at festivals, people come from all over the place to see you and it is hard to make those calls but sometimes it is the best decision to make. The decision was not taken lightly.

LFB : Do you plan on having a break when The Overload Tour will be over ?

Jay to James : Do we have a break ?

James : December !

Jay : December is our break yes.

James : We got a whole month, Christmas time !

LFB : Earlier this year, James said in an interview for NME that Alex Turner’s lyrics about social observation helped him to grow. So how do you feel about being part of the same lineup today ?

James : Amazing ! That is great, I can not believe it is the same day. I think they have been constant in my life. I appreciate them even more than I did ten years ago. I followed them ever since I was a teenager and I feel like I have grown with them.

LFB : Today you are playing at Rock en Seine. But if you could have your own festival, who would you like to see playing there ?

James : Dead or alive ?

LFB : Alive.

James : Can we get bands to reform ?

LFB : That would be great actually.

Jay : I would pick one band, they are quite new and they are called Unschooling. They are not too far from here actually, I think they are from Lille and they are a great band, very cool live.

James : I would get Talking Heads to headline, Wu-Tang Clan, Arctic Monkeys, Fontaines D.C., LCD Soundsystem and Moonchild Sanelly because she is really good. There is a lot.

LFB : That is a big lineup actually !

James : Yes and that is one of the best things about festivals here, they are not oversaturated, it is quite accurate, you know a few bands on every stage whereas it is the total opposite in the UK.

LFB : Where would the festival take place and how would you call it ?

James : Meanwood Park ! (laughs) It is a place round the corner from my house in Leeds.

Jay : And it would be called Cross Forest. (laughs)

LFB : Tell me about your best festival memory so far.

James : Playing or going to ?

LFB : Playing.

Jay : Playing before The Flaming Lips at Ypsigrock Festival was a good one.

James : We played in a castle in Sicily three weeks ago, supporting them and it was amazing ! I also loved La Route du Rock last week, that was really really good and it really felt like a special moment. We also played Wide Awake Festival in London in May. First time was last year when we played on the smallest stage and we came back this year playing on the main stage, there was a huge crowd and it was incredible.

LFB : What about your worst memory as a festival-goer ?

James : It was when both the soles of my shoes got peeled off in the mud in Kendal Calling one year. I usually do not replace my shoes until they are destroyed but the mud was so bad that it litteraly peeled the soles off my shoes, both of them and I just left them in the mud. (laughs)

LFB : Did you stay in socks then ? What happened ?

James : I still had the shape of the shoe with my socks exposed so my socks were just in the mud. And then the van broke down. We had this van with an old band I played in and the van only started if you gave it a jump-start. We accidentally turned the ignition off when we got back to Leeds. Everyone else went home and me and the driver had to push and start in the rain and I had no shoes on. That is my worst festival memory so far but the gig was good. What about you Jay ?

Jay : It was Leeds Festival, I overdid it too early on in the day and I ended up falling asleep. I missed Queen of the Stone Age who are one of my long time favourite bands.

© Crédit photos  : Inès Ziouane

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