Puissance 4 pour le festival Foul Weather

L’association havraise Fake Live ne trompe pas l’amateur du rock. Voici déjà sa quatrième édition de son festival Foul Weather qui se tiendra au Fort de Tourneville du vendredi 17 au samedi 18 mai prochain au Havre. Un beau cadre, des artistes aux qualités confirmées et un esprit festif, voilà ce qui nous attend durant ce week-end en Normandie. 

La liste est longue et bien garnie. Déjà plus de 300 artistes ont été mis en lumière par le festival : Shame, Squid,The Psychotic Monks, A Place to Bury Strangers, Ditz, PVA, Frustration, La Jungle, etc… Et on ne peut pas tous les citer. L’équipe de Fake Live a le talent de cibler ses artistes post-punk et électro-rock du moment pour les réunir durant 48h. Mais encore faire mieux au fil des années ? Car il n’y a pas que la programmation qui peut attirer les curieux, la dimension humaine du lieu  joue énormément pour attirer les groupes et le public.

Il n’y a que trois salles : la Tetris, la Halle (créé par le festival) et le Garage qui accueillera des one man bands ainsi que des DJ sets ! De plus, le Foul Weather s’attache à proposer une programmation paritaire pour mieux représenter les artistes féminines. Enfin, il existe une scène extérieure pour attirer l’œil des passants et animer la ville entière. 

Autre particularité du festival, c’est son nom. Il semble important de l’évoquer car au-delà de la traduction mot à mot de l’anglais (temps pourri), l’événement veut sensibiliser sur la disparition des abeilles, depuis sa création en 2019. Ainsi, toutes les couleurs des affiches reprennent les couleurs de l’insecte. Au-delà de ça, les organisateurs s’attachent à programmer des artistes en tournée et d’effectuer les démarches écologiques : limiter l’utilisation du plastique et favoriser les produits locaux. Basique mais très important.

Quid de la programmation musicale de la Fourth Foul Weather ?

Une claque. Vraiment, une claque.  L’équipe de Fake Live a réussi (encore une fois) à réunir les artistes les plus excitants du moment. Encore plus fort, les groupes proposés cette année se transcendant magistralement en live ce qui promet un Foul Weather mémorable (sic) Et le prix est vraiment dérisoire car il faut compter 27€ pour la journée et 45€ pour les deux jours. Cela équivaut à deux euros le concert seulement…En espérant que le prix des pintes ne soit pas les mêmes que dans les grandes métropoles mais on n’est pas très inquiets pour cela !

Vendredi 17 mai

SERVO, originaire de Rouen, sera forcément le représentant local. Habitué à tourner dans les meilleurs salles indé de France, le trio baignera la foule dans une ambiance froide mais aux rythmiques musclés. 

Mock Media est la réincarnation des Clash venu outre-atlantique. Le quatuor canadien propose un post-punk dansent et mélodieux dont les rythmiques proviennent des styles des cinq continents. C’est leur façon de garder une vibe joyeuse sur des paroles sombres.


Attention ! Si vous demandez La Sécurité ce vendredi 17 mai, on vous indiquera l’une des deux scènes de la soirée. Aussi venu du Canada, ce groupe féminin puise son inspiration dans le punk new yorkais des années 1970. On les relie forcément à l’esthétique de The Slits et plus récemment à Gustaf.

Lambrini Girls pourrait être considéré comme l’alter-ego féminin de IDLES et de Crows. C’est rude, puissant et transcendant. Chaque titre se veut intense et oppressant. Le trio de garage punk se charge bien souvent de traiter des thématiques sociales et notamment sur l’identité du genre. 

C’est au bout de votre dixième pinte de bière que vous allez penser fortement penser à Gut Heatlh.  Préparez vous à danser avec ce quatuor joyeux et ironique. 

Si vous venez en couple pour le festival, voilà une bien mauvaise idée. Zack Lawrence est si charismatique qu’il fera tout pour mettre en péril votre relation de couple. Comme si ce n’était pas suffisant, il est accompagné d’un big band où le saxophone a toute sa place. Binge et The Snitching Hour sont déjà des hymnes. Et Deadletter a déjà tout pour être affiché à l’Olympia d’ici dix ans. Immanquable, tout comme leur premier album qui sortira durant le second trimestre 2024

A ce moment de la soirée, vous aurez déjà pris plusieurs claques. Mais avec Fat Dog, c’est une accumulation de torgnoles qui vous attend. Ce projet fou anglais vient remodeler le post-punk revival de ces dernières années pour le transformer en rave psychédélique. En Angleterre, une chenille se lance sur King on the Slugs. On compte sur les havrais pour perpétuer cette tradition. Immanquable, tout comme leur premier album qui sortira durant le second trimestre 2024. Oui, je me répète mais c’est de la faute de la programmation.

Les anglais de Crows viendront comme des Vikings reprenant leur terre normande. Leur deuxième album Beware Believers est une déflagration de titres féroces qui met en pagaille le fort de Tourneville. Vous êtes prévenus, le K-O sera total sur Garden of England

Samedi 18 mai

Emmanuel Alias est le canadien le plus fou du moment. Les fans de Ty Segall apprécieront ces riffs rudes et parfois psychedéliques mais aussi ses beats dansants.  Sûrement l’artiste le plus surprenant à voir ce samedi soir !

Après un Petit Bain complet, on retrouve le flow lancinant de bdrmm. Avec deux album très réussis en poche déjà, le groupe démontre que le shoegaze et la dream pop ont de beaux jours devant eux. On imagine aisément terminer ce festival sur Happy ou encore les riffs réconfortantes de Push/Pull. Prometteur.

Les Parisiens ont eu la chance de les voir gratuitement à la soirée They’ll gonna Be Big d’avril du Supersonic. Chalk offre une puissance tribale électro dark rock encore jamais atteinte dans ce domaine. On danse transcendé par la rage de Ross Cullen.

Peut-être le groupe le plus méconnu de la line-up. Ruby Shoes. Il s’agit d’un duo Franco-Britannique plutôt minimaliste qui laisse au fil des secondes place à des guitares rugissantes. C’est terriblement efficace et hypnotisant !

Le son de Sweeping Promises est volontairement garage lo-fi. Le groupe américain puise son inspiration dans l’émergence du genre dans les années 70 mais ne peut s’empêcher d’y apporter une patte mélodique. Le succès grandissant de ce projet tient cette esthétique : brut, vivant et mélancolique. Ça va être beau !

On le répètera sans cesse ! Les Pays-Bas regorgent de talents rock en ce moment et c’est même assez incroyable ce qu’il s’y passe. Tramhaus est l’un de ces groupes émergents. L’esprit est rude et sombre ici. Tout part d’une ligne de basse fixé comme dans une jam. Puis vient se poser des riffs de guitares impertinents qui nous ensorcellent.

Et on termine par de la French Touch qui vire à la noirceur. Vox Low apporte une touch acid house dansante au genre du post-punk des années 70 et 80. Oui, ce quatuor réinvente la new wave dans une nouvelle monture plus moderne et classieuse. Chaque instant est millimétré pour surprendre agréablement l’auditeur. Les voir au Foul Weather est synonyme de très bon plan puisqu’ils feront le Trianon le 7 novembre 2024!

Crédit photo : Titouan Masse