Pépite : « On a envie de faire danser les gens »

À l’occasion de leur passage au Grand Mix à l’automne dernier, nous avions rencontré Pépite afin d’échanger avec eux sur leur album Virages, leur tournée à venir et leur façon de travailler. Thomas et Édouard nous ont donc parlé de Normandie, de solos de guitare et de grammaire.

Pépite press picture

La Face B : L’album est sorti depuis un moment, comment ça se passe ?

Thomas : Il y a une petite différence, puisque là on vient de finir les festivals et ce sont nos premières dates en tête d’affiche, il y a du monde donc on est contents.

Édouard : C’est là où l’on ressent que les gens écoutent et même chantent avec nous les paroles, ça fait bien plaisir. Je regarde pas trop les streams.

Thomas : Non non j’ai regardé le relevé SACEM aujourd’hui, il était correct. Donc on est contents mais on essaie de rester un peu dans notre bulle et puis on pense déjà au prochain.

LFB : Pourquoi avoir appelé l’album “Virages” au pluriel ?

T : Parce que ça raconte plusieurs virages, pas qu’un seul. Mais c’est plein de virages, que tout le monde fait dans sa vie, les virages du trajet quotidien.
É : Les virages de la vie.

LFB : La première phrase de l’album c’est “Le jeu commence”, vous vouliez commencer l’album comme une histoire ?

T : Exactement. Après j’ai une vraie anecdote avec ça mais je ne la raconterai pas (rires).
É : C’était Pierrick qui avait trouvé l’idée de la mettre en premier.
T : Oui et c’est vrai que j’aime bien faire une mini introduction dans les chansons. La première phrase d’un premier couplet d’une chanson est très importante.
É : Ça aurait pu commencer par Hiéroglyphes.
T : Oui, il y a aussi une phrase d’accroche.

LFB : Chaque chanson est une étape dans cet album vous avez galéré sur la tracklist ?

Ensemble : oui.
T : C’était toi qui avais fait ça, comme une vraie histoire avec des étapes et on s’est rendus compte que ce n’était pas si évident mais on a un peu gardé l’idée.
É : Je ne m’en souviens plus exactement mais il y avait un bloc note, des chansons, des petits smileys, ça déroulait bien.

LFB : Les deux premiers EPs développent une esthétique très lumineuse, et là on est sur quelque chose de plus nocturne, c’était une évolution naturelle ?

É : C’est peut-être une façon d’aller à l’opposé de la plage et du soleil, pour essayer de trouver des choses nouvelles qui nous excitent pour la production et l’écriture.

LFB : La structure de composition était claire auparavant, est-ce que c’est quelque chose qui a évolué ?

É : Pour le premier EP oui, Thomas m’apportait des chansons toutes prêtes, moi je faisais beaucoup d’arrangement et de production et là on a un peu mis plein d’idées sur la table qu’on a essayé de réorganiser, c’était un peu plus…Chaotique.
T : Chaotico – collaboratif (rires) Et puis il y avait aussi l’apport de Thibault (Voyou) et Benoit (Grand Blanc) qui nous ont vachement aidé, on a ouvert un peu la composition et les paroles à d’autres artistes pour faire quelque chose d’un peu plus complet.

LFB : C’était facile d’ouvrir votre univers ?

T : Avec eux oui ça a été super facile. Déjà on s’est tous entendus humainement et c’est vrai que Benoit par exemple, c’est quelqu’un qui a beaucoup de textes, avec qui c’est très facile de travailler sur les paroles. C’était une super rencontre, on a réussi à amener un chanson plus loin. Il a écrit Tant de Peine par exemple.
É : C’est le seul morceau qui a été entièrement apporté par quelqu’un d’autre.

LFB : Interpréter les mots des autres c’est naturel ?

T : Cette chanson, il nous l’a faite écouter au studio, il l’a jouée et j’ai trouvé ce morceau superbe, je me suis dit qu’il irait très bien avec Pépite et avec le disque. Je pense que ça aurait pu être une bonne intro au disque.
É : C’était assez étonnant parce qu’on se connaissait à peine avec Benoît. On est parti dans une maison en Normandie écrire des morceaux, et qu’on se dise “c’est trop bien” c’était étonnant.
T : Après Édouard l’a réarrangée.
É : Oui, c’était un beau challenge parce qu’il y avait une version très chanson française, un peu plus Francis Cabrel. Et un soir, on a apporté un autre synthé je suis reparti de zéro en gardant juste la voix.
T : Ça permet aussi à Benoit de tester d’autres choses qu’il ne fait pas avec Grand Blanc, c’est peut-être plus adapté pour Pépite. C’est là où la collaboration est enrichissante, quand on essaie de se mettre dans la peau de l’autre et c’est ce qui fait de belles choses. Il y avait une vraie communication et c’est ce qui a fait la différence.

LFB : Il y a un vrai contraste dans votre musique entre la mélancolie des paroles et la joie des arrangements. Ça vous amuse de jouer là dessus ?

T : C’est un peu comme la vie, ce n’est jamais noir ou blanc, c’est un mélange de couleurs et puis on n’a pas envie de jouer des chansons tristes en mode piano voix. On a envie de faire danser les gens.

LFB : Vous êtes un groupe de pop, et pourtant il y a beaucoup de solos de guitare.

É : J’ai l’impression qu’il y a quand même moins de solos sur le disque que sur le live.
T : C’est l’ADN du groupe et puis Édouard joue pas mal, il faut le laisser faire. (rires) C’est peut-être aussi plus des motifs à la guitare mais qui sont une force du groupe.
É : Bon et puis sur scène j’en rajoute un peu plus à la guitare.

LFB : Là vous êtes à cinq, est-ce que c’est un luxe dans l’industrie musicale actuelle ?

É : Je pense que oui mais on essaie de ne pas trop penser à toutes ces choses business. On met vraiment un point d’orgue à jouer, il n’y a pas de machines, de bande ni de playback.
T : On a de la chance de se connaître et de savoir jouer ensemble tous les cinq.
É : Mais c’est vrai que tu as raison, il faut qu’on remercie notre tourneur qui nous a fait confiance, merci à eux de nous pousser à jouer avec cette formule là parce que c’est là qu’on se sent le mieux et là où on peut donner le maximum de nous même.
T : Quand on tournait à quatre, on s’est dit que c’était pas possible.
É : Je me demande même maintenant comment on jouait certains morceaux à quatre alors qu’on les a joués pendant des années comme ça.

LFB : Vous sortez pas mal de remix de vos morceaux, c’est important pour vous de voir vos morceaux revisités par d’autres artistes ?

É : Ouais c’est génial.
T : C’est cool, c’est marrant de voir comment ils auraient fait. En général ils prennent la voix et ils font d’autres choses autour de ça donc c’est sympa de voir comment d’un point de départ ils font évoluer la chose et il y a beaucoup de surprises.
É : J’aime beaucoup la manière dont les gens peuvent revisiter une chanson. Il y avait Polocorp de Polo & Pan qui avait fait un remix où il avait fait les accords deux fois plus vite sur la même voix, quand on a écouté ça c’était quand même très marrant.
T : Également Vaati la vibe hip hop qu’il a apporté.

LFB : Votre label Microqlima fête ses cinq ans, qu’est-ce que ça vous apporte cette espèce de cocon ?

É : Ça permet de parler des choses simplement, de se retrouver autour d’une bière. 
T : Le rayonnement de tous les artistes, Isaac Delusion, L’impératrice… on est dans une belle maison.

LFB : Et l’avenir de Pépite c’est quoi ?

T : Deuxième disque à donf. Plein de choses, grosses réflexions.

LFB : C’est quoi vos pépites musicales actuelles ?

T : L’album Evergreen de Calcutta.
É : Moi je découvre le label Tasty morsels, le label d’Infinite Bisous et j’écoute un peu tous ces artistes c’est une bonne pépitière (rires).

Vous pourrez retrouver Pépite en tournée dans toute la France et notamment ce soir au Trianon !