Mr Giscard de retour en smiley double face

En septembre 2020, on tombait par hasard sur Mr Giscard et son Pho. Un premier titre qui posait une ambiance, un style qui nous touchait autant par sa sincérité que par sons sens du groove immédiat. 2021, on a continué à suivre et aimer le bonhomme, tant est si bien que son titre Pas Personnel, et son EP Sensibilité, s’est facilement classé parmi les meilleures productions de l’année. Alors forcément, quand son retour a été annoncé, l’impatience est montée en nous et autant dire qu’on est pas déçu puisque ce double single, JVP et Carla, continue de tracer la route particulière de ce grand enfant qui nous fait danser.

C’est parfois dans la simplicité qu’on trouve le plus de vérité. Pas besoin de grands discours, d’une pochette trop élaborée ou d’un budget qui explose tout : parfois tout tient dans un bon smiley. Trois signes qui racontent une histoire et qui au final définissent tout un projet, voilà ce que l’on voit dans la pochette du double single de Mr Giscard.

Une capture d’écran de téléphone, un horaire tardif, une batterie qui se barre et ce petit truc fait de points et d’une parenthèse qui nous dit simplement que la vie est comme on la prend : soit en tirant la gueule, soit en souriant, tout dépend de quel côté tu tournes ton écran.

Une petite blague ? Vraiment ? Pour nous, l’idée est bien plus maligne que ça, elle colle parfaitement à ce qui fait la sève de la musique de Mr Giscard : ce côté aigre-doux, de la douceur avec une pointe de brutalité, de la tendresse avec un soupçon de vulgarité : voilà la cette qu’il s’emploie à nous servir depuis son premier titre.

JVP et Carla ne font pas exception à la règle, on y retrouve cette même indolence, ce petit truc de la flemme qui vont le faire détester par certains et qui nous poussent à tant l’adore. On voit encore ce son de guitare si distinctif et cette manière assez frontale de parler du cul et de la vie, des tourments que tous ressentent et vivent. Mais, parce qu’il y a toujours un mais, la formule ne se contente pas de la redite, elle évolue, s’affine et tend vers plus.

Ainsi, si il garde des accents POP et DIY, Mr Giscard nous entraine sur des territoires plus brésilien, proche de la bossa, des rythmes contagieux et dansants face auxquels il est très difficile de résister. Dès la premier écoute de JVP, le petit miracle se reproduit, on a envie d’y revenir encore et encore. Une drogue douce qui ne fera de mal à personne. Même constat pour la superbe Carla qu’on reprend presque machinalement en chœur.

Le fond aussi change doucement. Si il reste le même loser magnifique, adepte des soirées foireuses, des verres de trop et qui semble incapable de rester en place, on peut voir certaines éclaircies dans ces petits nuages. Comme une envie de courage, de s’en sortir, d’accepter l’amour et d’être un peu heureux plutôt que de le repousser. Le côté positif de la musique semble ainsi contaminer le tout, avec cette envie de s’échapper, de niquer un peu le destin et d’aller chercher le soleil ailleurs.

Une autre donnée importante à Mr Giscard revient avec ce double single : le clip. Depuis le départ, un soin tout particulier leur est appliqué, avec la volonté de prolonger l’histoire. Et c’est Thibault Dumoulin qui revient derrière la caméra, mettant un nouveau clip en images dans ce court métrage. En effet, c’est désormais Ash Fjeldhagen & Thomas Renaux qui viennent donner corps à la musique de l’artiste. On les suit alors dans une nuit parisienne. On les suit jusqu’à l’aube dans une petite folie nocture, entre restaurant asiatique, passage par Pigalle, boite sous stupéfiant et fin de fête face à la Tour Eiffel. Dans la deuxième partie de l’aventure, on suit Thomas Renaux pour une promenade en skate dans les rues parisiennes. Une vision simple et sensible de la vie parisienne entre petites défaires et grandes ambitions.

En attendant la suite, qui devrait arriver rapidement, on pourra retrouver Mr Giscard le 12 mai à La Bellevilloise et au mois de juin au Biches Festival.