Metronomy – “La conception de l’album s’est faite à un moment plutôt pénible car j’essayais de trouver quelles étaient vraiment mes motivations”

En octobre dernier, nous avons eu l’opportunité d’échanger avec la tête pensante de l’un des groupes pop british les plus influents de ces dix dernières années : Joseph Mount. Enjoué, décontracté et chaleureux, l’artiste en a profité pour nous confier les secrets d’un album réussi mais aussi les difficultés qu’il a rencontré lors de la conception de Metronomy Forever, son dernier album en date. Retour sur cette rencontre en terre nantaise, rencontre suivie de l’un des meilleurs shows de 2019 et d’une soirée en loge en compagnie du chef de bande et ses fidèles compères : Anna, Oscar, Gbenga et Michael.

VERSION ANGLAISE PLUS BAS / ENGLISH VERSION BELOW.

La Face B : Hello Joseph ! Comment vas-tu aujourd’hui ? Content de reprendre la tournée ?

Metronomy : Je vais super bien, merci beaucoup ! Je suis vraiment content en fait et je pense qu’on l’est tous. On avait tellement de festivals cet été que ça devient vraiment banal à force et tu en viens même à oublier ce que ça fait d’avoir ton propre concert. Hier soir on était vraiment stressés car c’était une toute autre expérience comparé aux festivals. Mais bon, je suis vraiment heureux sinon !

LFB : Ça fait déjà presque un mois que Metronomy Forever est sorti, il y a eu beaucoup de retours de la part des médias, j’en ai d’ailleurs lu quelques uns dont celui de Pitchfork qui a attribué la note de 6.7/10 à ton album. Attribuer une note aussi faible pour un album aussi qualitatif est plutôt surprenant. Est-ce que tu l’as lu ?

Metronomy : Est-ce que je l’ai lu ? Bien sûr ! (rires) Alors déjà, le problème avec eux c’est qu’ils n’ont jamais vraiment aimé le groupe donc je n’ai pas été surpris. Après je me suis dit que peut-être cette fois ils auraient pris un peu de recul par rapport au passé mais pas du tout et je m’en moque complètement pour être honnête. C’est vraiment dommage car c’est un média qui avait une réelle influence aux Etats-Unis donc ça a aidé pour percer là-bas mais sinon, c’est plus ce que c’était. C’est plutôt triste… Tu lis Pitchfork ?

LFB : Oui, de temps en temps !

Metronomy : Ah, vraiment ? (rires) Ils ont fait un truc récemment, une sorte de classement des 200 meilleurs albums ou morceaux de tous les temps et l’un de mes amis, Ariel Rechtshaid, qui produit Vampire Weekend, HAIM, Sky Ferreira etc, a posté sur son Instagram tous les morceaux qu’il a fait et qui sont apparus dans ce classement et y en avait tellement ! Il a vraiment pris conscience que leur répertoire est plutôt limité en fin de compte, il y a des artistes qu’ils soutiennent et nous, on en n’a jamais fait partie.

LFB : J’ai lu leur critique pour votre album et je ne suis pas vraiment d’accord sur certains points.

Metronomy : Bon, c’était pas si mauvais que ça, avouons-le ! Ils ont quand même dit qu’on avait fait quelques unes de nos meilleurs chansons jusqu’ici et ça c’est sympa ! (rires). Ils m’ont demandé de faire un truc pour eux il y a pas si longtemps et je me suis attardé un instant dessus car ils ont quand même de l’influence outre-atlantique et je me suis dit que ça pouvait être bénéfique pour nous. En fait, sur leur site ils ont une rubrique qui s’appelle « A Beer With… » et c’est un truc complètement bidon selon moi car c’est un truc sponsorisé pour de la bière. Et il y a quelques semaines, j’ai donc vu dans notre agenda qu’on avait une interview prévue avec Pitchfork et à côté c’était écrit « A Beer With… » et je me suis dit « Non, je ne vais pas faire ça, ça craint ! » (rires)

LFB : Tu as dit dans une interview que tu n’étais pas le meilleur parolier qui puisse exister et que la musique était plus ton truc. Penses-tu que la musique illustre davantage les émotions que les paroles ?

Metronomy : Je pense que c’est le cas pour les deux. Tu vois, tu as des artistes comme Bob Dylan ou Nick Cave, qui sont très littéraires, intellectuels, ce sont des gens qui écrivent de façon très réfléchie et ils arrivent à transmettre les émotions mais en même temps ce ne sont que des paroles, des mots tu vois. Je pourrais très bien mal interpréter leur sens originel et je pense qu’ils seraient d’accord avec moi. Les paroles, ça peut être tout et n’importe quoi, de la poésie, des mots que tu ne fais que répéter en boucle et je pense que la façon dont ils transmettent les émotions est très similaire à la façon dont ma musique fonctionne, c’est le son des mots qui est important au final. Je suis plutôt à l’aise quand j’écoute ma propre musique et qu’il n’y a pas de chant derrière, j’arrive à ressentir certaines émotions, ce qui n’est pas forcément le cas lorsque j’entends ma voix. En majorité, les gens trouveront satisfaction du côté des paroles car c’est à partir de là que leurs émotions naissent même si au final, je pense que les deux sont importants.

LFB : La plupart des morceaux de Metronomy ont pour sujet principal l’amour et les difficultés qui s’y rattachent. Cependant, tu es aujourd’hui un homme heureux avec une famille et des enfants donc comment est-ce que tu parviens encore à écrire sur les doutes et les peurs liées aux relations sentimentales ?

Metronomy : Eh bien c’est vraiment bizarre, je le reconnais (rires). Mais d’un côté, je pense que ça fait partie intégrante du langage de la musique pop, toutes les chansons pop parlent d’amour, toutes les meilleures parlent toujours de ça d’ailleurs. Très souvent, j’essaie de saisir un sentiment particulier en moi, une émotion, un souvenir ou je m’inspire des épreuves que mon entourage traverse, des expériences que je transforme à ma façon, j’en fais des histoires. Dès lors que nous avons été en relation avec ne serait-ce une personne dans notre vie, ça suffit pour comprendre tout ça.

LFB : Tu as toujours composé tes morceaux seul, sans aucunes aides extérieures. Penses-tu que c’est la meilleure façon pour toi de continuer à rester créatif et inspiré au fil des années ? Suis-tu toujours la même ligne directrice qu’il y a dix ans ?

Metronomy : D’un côté, j’ai envie de dire oui et c’est étrange mais tu vois, ce qui est triste dans le milieu de la musique, pour les artistes solo ou encore les groupes, c’est qu’ils s’obstinent à penser qu’ils créent toujours quelque chose d’intéressant mais quand tu es fan, tu sais quoi en penser (rires). Pour beaucoup de gens, The English Riviera est le meilleur album de Metronomy ou leur préféré tout simplement mais quand je l’ai fait, je faisais juste un album, un de plus mais c’est devenu ce truc international. Et depuis, je n’ai rien changé, je continue à faire mes albums de la même façon. Je n’ai pas l’impression que mon état d’esprit soit différent, je continue à créer car j’adore ce que je fais, je n’essaie jamais de démarrer avec l’idée de faire un disque planétaire. Mais les gens évoluent, changent et par exemple, si tu te regardes dans un miroir tous les jours, tu ne vois pas que tu changes mais si tu regardes une photo de toi qui date de plusieurs années, tu serais horrifié ! (rires). On change en permanence mais on y porte jamais trop d’attention.

LFB : Peut-on dire que tu as quitté ta zone de confort lorsque tu as composé Metronomy Forever ?

Metronomy : Non, c’est totalement l’opposé ! (rires) Je pense que la conception de l’album s’est faite à un moment plutôt pénible car j’essayais de comprendre ce que je faisais, de trouver quelles étaient vraiment mes motivations etc. Mais je pense qu’au final, je suis de nouveau rentré dans ma zone de confort et c’est assez curieux car c’est difficile de déterminer quels sont les ingrédients nécessaires pour faire de la bonne musique et si tout ça se trouve à l’intérieur ou non de ta zone de confort. J’essayais de faire un bon album et à un moment j’ai même été amené à penser que j’étais en train de faire quelque chose d’affreux, que c’était vraiment de la merde et j’étais là : pourquoi est-ce que je fais de la musique ? Mais une fois que tout ça est passé, je me suis concentré, je me sentais davantage à l’aise et j’ai fait cet album. Mais qui sait, si je m’étais pas plus détendu et que j’étais resté dans cet état d’esprit, peut-être que mon album aurait été meilleur, je ne sais pas.

LFB : Tu as quitté la ville pour la campagne afin de donner naissance à Metronomy Forever. Est-ce que le fait de retrouver tes racines t’a permis d’être davantage efficace dans la conception de ce nouvel album ?

Metronomy : Quand tu es dans un environnement urbain, tu ne peux pas t’empêcher de te préoccuper de ce qui se passe autour de toi. C’est la même chose avec les réseaux sociaux, prenons Instagram par exemple, t’es constamment connecté et c’est pareil quand tu marches dans une ville. Tu as l’impression de faire partie de la culture pop, tu es toujours à l’affût des dernières infos et lorsque tu es à la campagne, c’est totalement l’opposé, car il n’y a rien à faire (rires). C’est très paisible, tu décides si t’as vraiment envie de prendre ton téléphone et de t’impliquer dans cette fameuse culture pop. C’était un peu comme si je retournais au même endroit où j’ai grandi lorsque j’étais adolescent et que je faisais de la musique. Mais ce qui est ironique, c’est que lorsque j’étais ado, je rêvais de partir pour la ville, de quitter l’air rural. Ce n’est plus totalement pareil aujourd’hui même s’il y a quelques sentiments familiers qui subsistent.

LFB : Côté musique, la guitare électrique semble être de retour et mise en avant alors qu’avant elle était plus en retrait. Qu’est-ce qui t’a poussé à ajouter cette touche grungy à l’album ?

Metronomy : La grungy touch ! (rires) Je pense que la cause est un mélange de plusieurs choses : moi, Metronomy, Michael et l’âge. Je ne suis pas si vieux mais Metronomy est un projet qui sonne  »jeune » et justement, je pense que c’est la fin de cette phase juvénile. J’ai essayé de me remémorer la musique que j’aimais lorsque j’étais ado et la guitare était partout, à la radio, dans les groupes les plus populaires et en fait je trouve que c’est un son plutôt agréable à entendre. J’adore le son des guitares et on ne les entend plus de la façon dont on avait l’habitude de les entendre donc j’ai pensé que ça serait cool de le faire tant que je peux, afin d’avoir un côté un peu plus grungy encore un peu lié aux beaux jours, à la jeunesse… (rires)

LFB : Comment définirais-tu ta relation actuelle avec le monde de la musique ? Qu’est ce qui a changé par rapport à tes débuts dans cette industrie ?

Metronomy : Je pense que c’est la même chose lorsque tu écris sur la musique, tu commences à t’apercevoir du business qu’il y a derrière tout ça, à quel point c’est une industrie importante. Ma relation actuelle avec la musique est plutôt professionnelle maintenant mais je trouve ça encore remarquable ce qu’est la musique, littéralement, son origine, pourquoi il y a toujours ce lien émotionnel entre elle et les gens, je trouve ça incroyable ! Encore aujourd’hui, j’entretiens toujours ce rapport particulier avec la musique, je la trouve magique.

LFB : Peut-être que c’est ce qui fait la réussite de Metronomy.

Metronomy : C’est possible et j’espère que c’est le cas ! (rires) Hier soir, on regardait une émission qui s’appelle Later With Jools Holland et y avait ce groupe de jazz, Nérija, et voir des gens jouer de la musique ensemble, avoir cette connexion si particulière était incroyable. Plus je vieillis plus je trouve que voir des artistes jouer ensemble est étrange car ils font ça dans le seul but de créer ce moment si unique et particulier. C’est très spécial.

LFB : Tu as co-produit le dernier album de Robyn, composé Metronomy Forever mais aussi réalisé quelques uns de tes derniers clips. Est-ce important pour toi de conserver une certaine polyvalence en tant qu’artiste ?

Metronomy : J’ai réalisé les clips car je pense que j’avais une idée précise de ce que je voulais et personne d’autre n’arrivait à me rejoindre là-dessus. Et je ne sais pas si je peux dire que je suis polyvalent dans ce que je fais mais j’ai réalisé beaucoup de clips dans le passé donc c’est peut-être la raison. Je pense que c’est important de s’auto-stimuler en permanence et d’apprendre également. Travailler avec Robyn était d’une part très naturel car je fais de la musique et d’autre part, travailler avec quelqu’un, l’aider à faire un album était une toute nouvelle expérience. Se créer de nouvelles expériences, conserver un certain enthousiasme est important et il y a plein d’autres choses que je peux faire sans pour autant être apte à 100% mais je les fais quand même, pour le fun (rires) !

LFB : Est-ce qu’appeler son album Metronomy Forever était une façon pour toi de signer l’immortalité de Metronomy ?

Metronomy : Oui, totalement ! Mais ça ne veut pas dire que c’est fini (rires). Ça évoque un peu un ensemble de sentiments aussi, l’idée qu’on est un groupe bien installé dans le milieu et plein d’autres choses.

LFB : Aurais-tu quelques anecdotes à partager avec nous quant à la conception de ce dernier album ?

Metronomy : Rien de particulier et celles que j’ai ne sont pas très drôles. J’ai vraiment essayé de faire un album avec une tracklist de dix morceaux et au final j’en suis arrivé à la conclusion qu’il devrait y avoir une centaine de morceaux sur cet album, voire deux cent (rires). Et j’ai commencé à adopter cette idée pour conclure avec ces 24 morceaux et d’ailleurs, si tu achètes la version très limitée, il y a même un troisième disque qu’Oscar a fait. J’en suis vraiment arrivé à un point où je me disais  » Il en faut plus, toujours plus, plus, plus !  » mais on a dû se raisonner, malheureusement (rires).

LFB : Est-ce que tu as déjà quelques idées sur la façon dont sonnera le prochain album ?

Metronomy : J’y ai déjà beaucoup pensé, j’aimerais essayer de faire quelque chose de mature, de très sérieux, très adulte. C’est l’idée.

LFB : Pour terminer, est-ce que tu as des coups de cœurs musicaux récents que tu aimerais partager avec nous ?

Metronomy : J’aime beaucoup le groupe Joy Again, Rosalía évidemment et pour cette tournée, il y a un groupe qui s’appelle Squid qui fera quelques unes de nos premières parties ainsi que Georgia.


ENGLISH VERSION

La Face B : Hello Joseph ! How are you doing ? Happy to be back on tour ?

Metronomy : I’m good thank you ! I’m like really happy, I think we’re all really happy. We had like so many festivals to do this summer that it becomes really normal and you forget what it’s like to have your own concert. Last night we were really nervous because it was a very different experience from the festivals. But I’m very good, I’m very happy.

LFB : It’s been almost a month since Metronomy Forever came out and lots of reviews have been written about it, I read a few of them and there was the one by Pitchfork which rated your album with a 6.7/10. Did you read it ?

Metronomy : Of course I did ! (laughs) The thing is that they never really liked the band so I wasn’t surprised. I felt that maybe this time they would kind of get behind it but they didn’t. But I really don’t care. It’s a shame because they used to be quite an influential thing in America so it helped in America but it’s a shame. Do you read Pitchfork ?

LFB : From time to time, I do !

Metronomy : Oh, you do ! (laughs) They also did this thing with the 200 greatest albums or songs ever and I have a friend of mine called Ariel Rechtshaid, he produces Vampire Weekend, HAIM, Sky Ferreira etc and he was like posting on his Instagram all of the tracks he had in the Pitchfork selection and there are so many songs he was involved in ! And then he started to realise that their world is very limited, they have artists they support and we’ve never been included.

LFB : I read the review and I kind of disagree with a few things they said !

Metronomy : But the review wasn’t that bad ! They said there are some of the best songs ever and that was nice ! (laughs) Not that long ago they asked me to do something and then I know how they used to be quite influential in America so I was like « it would be very brilliant if they did something, it would be very helpful for us » and you know, they have this thing on their website called « A Beer With » which is the most lame thing because it’s like a sponsored thing and it’s about beer. Anyway, after the review, a couple of weeks ago in the schedule, there was a Pitchfork interview and it was like « A Beer With… » section so I was like « No, I’m not gonna do that ! » (laughs) It’s too lame !

LFB : You said in an interview that you’re not the best lyricist and that music was more your thing. Do you think music express emotions in a better way than lyrics do ?

Metronomy : I think they both. You know, you have people like Bob Dylan, Nick Cave, you get like these very literary people, intellectual, people who write in a very thoughtful way and they kind of convey an emotion but at the same time it’s still just lyrics, I could misunderstand them and I think they would probably agree with me. Lyrics can be anything, they can be poetry, like you just repeat the same word over and over again, so I think that in the way they convey emotions in the end is very similar to how my music does because it’s the sound of the words that it’s important. For me, I feel comfortable listening to my own music when there’s no singing because I can get this sort of emotional thing that I can’t get when I hear my voice. I think for lots of people words are the thing that they like to hear, it’s where they get the emotion from. So yes, in the end I think both are important.

LFB : Most of your songs have for main subject love and all of its intricacies. However, you’re a happy man now with a family and children so how do you still manage to express fears and doubts about love ?

Metronomy : It’s weird I know (laughs) ! Because part of me thinks that it’s like the language of pop music, that’s what pop songs are always about, all the best ones are always about that kind of thing. So quite often it’s like trying to take a kind of feeling I had or a memory or things my friends are going through whatever and then I turn it into a story or something like that. And you know if you’ve ever had I guess relationships you can understand it.

LFB : You’ve always composed all of your songs on your own. Do you think it’s the best way to keep on being creative and inspired over the years ? Are you still following the same guiding principle as you were ten years ago ?

Metronomy : Kind of, it’s weird because I think I am and you know the sad thing about music, bands or even artists is that they always think they’re doing interesting stuff but if you’re the fan you know what to think about it (laughs). For a lot of people, The English Riviera is the biggest Metronomy record or their favourite record and for me when I made it I was just making a record, just another one but it became this sort of international thing. And since then I have never changed anything, I’m still making records and I don’t feel like I’m doing with any different kind of attitude, I’m still doing it because I love doing it and I’m not trying to make a big record. So I don’t feel like it’s changed but I think people change, you change. If you look at yourself in a mirror everyday you don’t see that you’ve changed but if you look at pictures from years ago you’re like horrified (laughs). The thing is that you’re always changing but your attention is never really drawn to it.

LFB : Can we say that you left your comfort zone when making Metronomy Forever ?

Metronomy : No, no, no ! (laughs) Totally the opposite ! The process of making was like at a time when I was a bit uncomfortable because I was trying to work out what I was doing, what were my motivations and that kind of stuff. But I think in the end I kind of got into my comfort zone and it’s curious because it’s really hard to know what makes good music, if it’s in your comfort zone or out of it. I was trying to make a good record and in the process of trying to do that, I thought it was terrible, that it was really shit and I was like « Why am I making music ? » But that passed, I sort of focused, felt more comfortable and then made the record. But who knows , if I hadn’t sort of become more relaxed and stayed in this kind of state, maybe it would have been a better record, I don’t know.

LFB : You left the city to go to the countryside and give birth to Metronomy Forever. How does going back to your roots helped you being more efficient for this new album ?

Metronomy : I think that if you live in a city, you’re very much involved in what’s happening. If you’re on Instagram or something like that, you see all this stuff happening and when you’re in a city and walking around it’s the same kind of thing. You feel like you’re kind of part of pop culture and you always know what’s going on so being in the countryside it’s totally the opposite because there’s nothing to do (laughs). It’s very peaceful, you decide if you want to pick up your phone and get involved with that pop culture. It was a bit like kind of going back to the same sort of place when I was a teenager and making music. But the irony is that when I was a teenager I wanted to go to a city and to move out the countryside and it’s not the same as it was but I think it has these nice familiar feelings.

LFB : The electric guitar is back and highlighted on this album when before it was kind of excluded. What encouraged you to add this grungy touch ?

Metronomy : The grungy touch ! (laughs) I think there are different reasons to this : me, Metronomy, Michael and age. I’m not that old but Metronomy is like a youthful thing and I feel like this is sort of the end of the youthful Metronomy. I was just remembering what was the music I loved when I was a teenager and guitars were everywhere, they were on the radio, the most popular types of artists played guitar and I just think it’s a nice thing to hear. I just really like the sound of guitars and you don’t hear them like you used to so I thought it would be nice to do it while I can, to have a kind of a more grungy feel and to be still involved with the youth (laughs)

LFB : How would you define your relationship with music now ? What has changed from your beginnings in this industry ?

Metronomy : It’s the same thing if you write about music, you start to see the business side of it, how it’s a kind of industry. So my relationship with music now is a profesionnal relationship but I still find it really amazing what music is, where it comes from and why it has this kind of emotional thing with people and I find it really incredible. I still have this thing with music, I have a magical appreciation of it.

LFB : Maybe that’s the secret to the success of Metronomy…

Metronomy : It could be, it could be and I hope so ! (laughs) Last night we were watching this English TV program, the only music tv program that’s left, it’s called Later With Jools Holland and there was a jazz band called Nérija and watching people playing music together and having this kind of connection was incredible. The older I get the more I realise that people playing music together is a very weird thing because the only reason they’re doing it is to kind of make a little moment happen, I think it’s very special.

LFB : You helped producing and writing Robyn’s latest album, gave birth to Metronomy Forever and also directed some of your latest videos. To you, is it important for a musician to be skillful ?

Metronomy : I did the videos because I think I had a very precise idea of what I wanted and no one fitted with what I was thinking and I didn’t know if I’d be skillful at it but I’ve done lots videos so I felt it was familiar. I think it’s important to keep yourself stimulated, learn stuff and working with Robyn was on the one hand natural because I make music and on the other hand working with someone and helping them making a record was a new experience. New experiences and keeping yourself excited is very important but there are plenty of things I can do that I’m not skilled at but I still do them for fun (laughs).

LFB : Was the name Metronomy Forever a way to sign Metronomy’s immortality ?

Metronomy : I think it is but it’s not over now ! (laughs). It’s a combination of feeling like we’re a sort of established band but also a lot of different things.

LFB : Do you have any anecdotes to share about the making of this album ?

Metronomy : Nothing specific and there are not very funny but I can say that I was trying to make a ten track record and in the end it got to the point that is should be a hundred track record or even 200 ! (laughs) and I genuinely started to work towards that idea and I ended with 24 tracks. And if you buy the special edition, the vinyl one, there’s a third record that Oscar made. Anyway, there was a point when I was thinking « more, , more, more songs !! » but in the end we had to be rational. (laughs)

LFB : Do you have any idea on how the next album will sound like yet ?

Metronomy : I’ve been thinking about it and I feel like I want to make a grown up record, a really serious grown up record, that’s what I’m thinking.

LFB : Last but not least, do you have any music you really like at the moment and would like to share with us ?

Metronomy : I really like the band Joy Again, obviously Rosalía and on this tour there’s a band called Squid and also a girl called Georgia supporting us as well.