Live report – The Dandy Warhols, OlympIa Paris 15 juin 2022

L’été se fait déjà très chaud avec le retour à Paris des Dandy Warhols, qui reviennent avec leur rock suave et excitant, histoire de rendre cet épisode climatique encore plus brûlant
 
Bien que la canicule n’ait pas encore éclatée en ce mercredi soir à Paris, la température a littéralement explosée à L’Olympia pour le retour sur scène des Dandy Warhols. Comme pour beaucoup de groupes, le hiatus causé par la pandémie n’a fait qu’affermir le désir de se produire à nouveau sur scène. Les Américains n’échappent décidément pas à cette règle.
 
Ce qui est étonnant avec la formation toujours menée par Courtney Taylor – Taylor, c’est cette capacité à déclencher les passions parmi le public, tout en adoptant une attitude plutôt posée et très nonchalante sur scène. En plus de 25 ans de carrière et dix albums studio, le groupe n’a jamais modifié ses codes, tant sur scène que sur leurs albums, défendant toujours avec ardeur un rock garage ténébreux et sexy à souhait. Les années défilent, et avec elles les tendances plus ou moins psychédéliques ou expérimentales selon les disques, permettant ainsi au groupe de maintenir cette aura un peu mystique et ce demi « culte » de la part de leurs fans ; les Américains n’ayant jamais véritablement caracolés en tête des charts (exception faite du highlight lors des albums Thirteen Tales From Urban Bohemia et Welcome To The Monkey House qui ont alors ouvert leur répertoire au grand public, notamment grâce aux spots publicitaires de l’époque.)
 
 
Les rendez-vous que nous proposent les Dandy Warhols sont ainsi fidèlement honorés par une fan base française solide. L’Olympia est quasi sold-out, le concert est à la hauteur des attentes des admirateurs en manque depuis 3 ans maintenant. Fosse comme balcons jusqu’au pigeonnier, les rangs sont pleins, et les premières notes de l’entêtant Be-In posent le cadre : le lightshow qui débute dans une lumière tamisée et intimiste évoluera vers des teintes plus flamboyantes pour ainsi mettre en exergue des titres plutôt portés vers les accointances psyché rock du groupe.
 
 
Stoïque, avec son look de grand chef indien, Courtney Taylor-Taylor n’a pas besoin de se répandre sur scène pour focaliser toutes les attentions. Avec un timbre de voix toujours aussi rauque et chaud, le look « dernier des Mohicans » sied parfaitement à ce frontman qui n’en semble pas un. Les musiciens sont d’ailleurs positionnés en rang d’oignons : Zia MacCabe, rayonnante aux claviers, Courtney Taylor-Taylor et Peter Holmstrom aux guitares, se présentent tous en devant de scène, comme pour signifier qu’aucun leadership ne se détache de cette formation. Et pourtant, c’est bien aux lèvres de Taylor que le public est suspendu, et ses riffs incisifs sont ce qui apportent réellement la « touche » Dandy Warhols, reconnaissable entre mille.
 
 
Faisant fi des morceaux les plus mainstream, pour notre plus grande satisfaction, le groupe offre en plus des incontournables « hits » que sont Bohemian Like You et Get Off une reprise de Nobody’s Diary de Yazoo d’un tout autre calibre et clôture le set sur Highlife a capella. De quoi assouvir les fans les plus érudits tout en permettant aux quelques néophytes présents (nombre d’entre eux étant souvent les ados des parents qui ont été biberonnés dans leurs jeunes années aux premiers albums du groupe, dès la fin des années 90) de s’imprégner du son tout aussi sophistiqué que sulfureux d’un des groupes le plus charismatiques de la scène indie américaine. Avec la discographie fournie et la fidélité dont fait preuve le groupe envers la France, la découverte des Dandy Warhols, deux décennies après leurs débuts, se révèle tout aussi captivante qu’à l’aune de leur belle carrière.
 
Setlist :
Be-In
Nothin’ to Do
Crack Cocaine Rager
Not If You Were the Last Junkie on Earth
We Used to Be Friends
STYGGO
Ride
I Love You
Hard On for Jesus
Well They’re Gone
Nobody’s Diary
You Were the Last High
Holding Me Up
Catcher in the Rye
Be Alright
Bohemian Like You
Horse Pills
Get Off
Godless
Zia Outro
Highlife