Les clips de la semaine #81- partie 2

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont à la fois fait vibrer ses yeux et trembler ses oreilles. Sans plus attendre, on enchaine avec la seconde partie du quatre-vingt-unième rendez vous des clips de la semaine.

Rejjie Snow, Cam O’bi & grouptherapy – Relax

Trois ans après l’exceptionnel Dear Annie, Rejjie Snow annonce pour notre plus grand bonheur son nouveau projet, intitulé Baw Baw Black Sheep. Pour cette nouvelle aventure, le rappeur irlandais s’est principalement associé à Cam O’bi à la prod comme il avait pu le faire avec Lewis OfMan sur son précédent effort, ce qui lui permet d’avoir un son cohérent d’un morceau à l’autre.

Preuve en est avec Relax, nouveau morceau brillant qui permet de mettre en avant la voix caverneuse et le flow parfait de Snow sur une production soignée sur laquelle il s’offre un featuring avec … des oiseaux.

Ambitieux, le garçon l’est tout autant en ce qui concerne le rendu visuel de ses clips. Cette fois-ci, Rejjie Snow voit les choses en très grand puisqu’il est parti avec en Egypte et plus précisément au pied des pyramides de Gizeh. Le rendu est à l’image du bonhomme, tout en humilité. Si on aurait pu imaginé quelque chose de plus porté sur l’égo, le musicien nous offre une vidéo en forme de vidéo de vacances en tout tranquillité, bruit du vent en plus.

Alors Rejjie Snow, nouveau pharaon du rap ? Pour en avoir la réponse, on vous donne rendez vous le 18 juin.

Thomas Monica – Moly

En exergue de ce clip réalisé par Camille Locatelli, on peut apercevoir une définition :Moly.MYTH. Plante magique à fleurs blanches qu’Hermès, dans l’Odyssée, donne à Ulysse pour le préserver des enchantements de Circé.”

En écoutant le titre éponyme de Thomas Monica on comprend mieux ce choix. Car les mots sont guérisseurs des maux. Dans un phrasé cognant, frappant par son allure de spoken word, le chanteur raconte une maternité non désirée : “Tu me l’as dit je n’étais pas désiré mais le désir n’est finalement pas né sous le poids des années.” Une violence portée par les vagues d’une musique comme prise dans un torrent, avant de s’apaiser et se fluidifier au moment du refrain.

Des sons presque épiques, renvoyant à l’idée d’une Odyssée de l’intimité. Qui pourrait se transcrire dans des sonorités orientales, en référence aux origines méditerranéennes de Thomas Monica. Puisqu’ à la fin du morceau, on reconnaît des guitares andalouses soulevées par une instrumentalisation numérique, comme soufflée par Alain Bashung.

Ce rapport au passé, à la famille et à l’intime se retranscrit dans le clip en noir et blanc où l’on peut apercevoir un papier peint vieilli par le temps, comme celui qui peut orner la maison de nos grands-parents. Puis le vertige d’une chaise, vide. Chanson pour une absente. Pourtant, il y a de la fumée et une mélodie ensorcelante en conclusion du morceau, rappelant à la magie et la guérison de la fleur de Moly.

Galo DC – Si Beau

À l’époque du tout disponible, il est parfois bon de réinstauré l’attente, de créer des rendez vous, des moments d’échanges et de retrouvaille avec la création. Cette idée, est au cœur du concept de Galo DC, qui, depuis octobre, nous donne rendez-vous tous les deux mois pour nous faire découvrir un nouveau titre, accompagné d’un clip.

Le genre de rendez vous qu’on aime et qu’on attend, puisque chaque nouvelle pastille est l’occasion de le retrouver, de découvrir ses humeurs et ses envies avec un côté très spontané qu’on a parfois l’impression de perdre dans le monde moderne.

Cette fois-ci, il a pris son temps puisque c’est au dernier jour du mois d’avril que Benoit nous a offert son nouveau titre Si Beau. Un morceau sur lequel le parisien prend son temps, ralentissant la mesure et nous offrant un morceau plus organique où la batterie est bien plus mise en avant. Surtout, on se laisse embarquer par les chœurs géniaux qui nous emballent clairement ainsi que la bascule électronique qui termine le morceau en force.

Cette idée de rendez vous est aussi l’occasion pour Galo DC de nous offrir à chaque fois un clip avec toujours une vraie ambition visuelle. Le bonhomme ne se prive jamais du côté ludique de ses vidéos. Il nous offre cette semaine un morceau filmé au format vidéo pour Si Beau, où l’on retrouve notamment son attrait pour les découpages et les collages alors qu’il s’offre aussi la réalisation de son clip. L’occasion aussi de faire le pont avec son morceau précédent puisqu’il semblerait que la vitesse aie fait des dégâts. Alors on troque la voiture pour le vélo et on part en promenade dans Paris pour un rendu rectangulaire qui s’offre à certains moment une bonne dose de psychédélisme dans l’image.

Le tout se terminant par un couronnement sans doute annonciateur du prochain rendez vous : la sortie du second EP de Galo DC prévue pour le 18 juin.

Nicolas Ly – Rue de la folie

Comme dit l’adage : “C’est beau la folie” et Nicolas Ly l’a bien compris au travers de son titre Rue de la folie. En hommage à la rue parisienne ayant vu naître une grande partie de ses morceaux et où se sont déroulées certaines scènes du clip.

Mais c’est aussi et surtout une référence aux territoires imaginaires de l’amour. L’amour qui rend fou, fait perdre la raison et nous porte, aussi loin que les mélodies pop de Nicolas Ly : “J’ai qu’une envie, qu’on s’envole rue de la folie.” Loin des contrées abstraites et imaginées, c’est peut être une allusion à une rue vide dans un contexte de folie.

Puisqu’à travers le clip par Illusion, il y a une idée d’enfermement dans un ascenseur à ne rien faire si ce n’est laisser filer le temps. Phobie claustrophobique rappelant nos heures de confinement.

Aldebert – Le Grand Voyage ft. Charlie Aldebert, Camille & Julie Berthollet

Étrangement, lorsque l’on passe à Aldebert, on pense forcément à la transmission. Parce qu’avec nos yeux d’adultes, on a souvenir de l’artiste avant qu’il ne devienne le héros des enfants. Et comme souvent dans la musique, on passe des choses à son prochain quand elles sont de qualités.

À l’écoute de son nouveau titre, Le Grand Voyage, on comprend pourquoi Aldebert plait aux petits autant qu’aux grands : sa poésie, il la met au service de tous et a le bon sens de ne pas prendre les enfants pour des idiots. Ses titres, si ils parlent des choses propre à la jeunesse, garde cette tendresse et cette beauté qui appellent l’émotion.

Et de transmission, il en est forcément question dans ce titre qu’il partage avec son fils Charlie et qui gagne en beauté grâce aux cordes de Camille & Julie Berthollet. Un échange entre père et fils avec comme fil conducteur le temps qui passe, les gens qui viennent et qui partent dans cette grande aventure qu’est la vie.

Le clip de Yann Orhan, illustré par Florent Bégu et mis en animation par Romain Wagner, garde cette fibre onirique, cette idée de mouvement mettant en avant la relation avec le père et le fils. C’est superbement mis en scène, entrainant comme il faut et malgré la petite corde mélancolique qui vibre lentement, le morceau et le clip se veulent volontairement positifs.

Enfantillages 4 est attendu pour le mois d’août.

The Silly Toys – Timmy’s Landing

The Silly Toys nous offre une virée en Normandie avec leur titre Timmy’s Landing. Car la caméra du réalisateur et musicien Ulysse Thévenon nous embarque sur les côtés de la Cabane Vauban, la baie de Granville au-dessus des falaises de Champeaux-Carolles jusqu’à la plage de Bricqueville. Pourtant, le clip comme la musique ont des airs de road movie. On reconnaît des sonorités folks tant héritées des années 1970 que 1990. 

Et comme il n’y a que le destin et pas de hasards, encore moins avec le comédien Mathieu Madénian, ami proche du groupe. On le retrouve à bord du décapotable rouge, prenant en auto-stop une jeune femme, la comédienne Nathalie Meunier. S’ensuit alors tant une virée mécanique que romantique, le couple traversant doute et retrouvaille. Avant que ne se conclue le clip par la jeune femme regardant la mer, seule. Comme si cette rencontre avait libéré quelque chose en elle : une prise d’indépendance avec en points de suspension la continuation de cet amour naissant…

Half Moon Run – On & On

On en parlait la semaine passée avec Villagers, il y a des groupes qui ne nous déçoivent jamais. À cette liste, on pourra facilement ajouter Half Moon Run. Les canadiens, revenus à une formule en trio, semblent sur une vague productives puisqu’ils s’apprêtent à dévoiler leur quatrième sortie en 3 ans (en comptant leur covideo sessions).

Inwards & Onwards est attendu pour le 18 juin et se dévoile un peu plus avec ce nouveau morceau On & On, dans lequel on retrouve tout ce que l’on aime chez les montréalais. Un son ample et organique, porté par des voix sublimes et un rythme qui nous entraine avec lui pour une danse rêveuse et aérienne.

Le titre s’accompagne d’une vidéo réalisée par Alex Tomlinson, qui nous offre un petit trip psychédélique fait de lumière et de jeux d’image comme si l’on plongeait à l’intérieur d’un code informatique. C’est à la fois étrange et hyper coloré et , à l’image du titre, prête à l’évasion qu’elle soit réelle ou mentale. Du tout bon une nouvelle fois pour Half Moon Run.

Enumclaw – Cents

On l’a déjà dit, mais il est peut être nécessaire de le répéter : on a tendance à faire confiance les yeux fermés à tout ce que nous propose Howlin Banana Records. Alors lorsque le label français, en association avec Fun Club, nous propose un tout nouveau groupe américain du nom d’Enumclaw, on augmente le son et on écoute.

Grand bien nous a une nouvelle fois pris, puisque Cents est un exemple de ce qu’on aime : une esthétique DIY entre le grunge et la pop, des guitares qui sonnent, une bonne basse qui tape et un chanteur a fond qui n’hésite pas à aller vers le faux si cela peut servir la chanson qui parle notamment du monde qui peut se barre en couille en une petite seconde à peine.

Cents est un morceau certes bordélique, mais si chaleureux, humain et sincère qu’il ne peut que nous toucher en plein cœur. Si on y ajoute un clip délirant où un camion de déménagement se transforme en salle de concerts pour mecs cagoulés, tout est définitivement réuni pour nous faire plaisir.

Jimbo Demo, leur premier EP, est déjà disponible sur toutes les plateformes et débarquera en cassette chez nous à la mi-mai.

LÜNE – Mounette

c’est un clip très personnel mais parfaitement fédérateur que nous offre aujourd’hui LÜNE, une musique et une vidéo dédiés à sa grand-mère et à ce qu’elle représentait.
On accompagne un jeune garçon à la redécouverte d’un chalet familial dans lequel il trouve une caméra super 8 ainsi que de vieilles pellicules.
Il découvre avec tendresse les images et moments de vie de sa famille dans les années 70.
Le clip vient parfaitement habiller le morceau avec une première partie douce et acoustique pour le découverte d’un trésor et de souvenirs jusqu’ici délaissés puis cette musique électronique enjouée et entrainante qui pave les pas de notre personnage partant à l’aventure dans la montagne pour créer ses propres souvenirs.
C’est une capsule audio et vidéo qui a le pouvoir de rappeler à chacun le pouvoir des souvenirs d’enfance, de moments familiaux et l’importance de ces derniers dans notre vie.
Ces souvenirs cimentent nos relations familiales et c’est ce que LÜNE démontre avec brio dans ce clip auto réalisé qui rend hommage à sa grand-mère et plus généralement à sa famille.
Un moment aussi beau qu’émouvant.

Mickey van Seenus – Creature Comfort

Mickey Van Seenus vient tout juste de nous dévoiler son EP Creature Comfort, pour l’occasion iel nous offre un clip pour le titre éponyme du disque.
On retrouve l’artiste dans une tenue en cuir, tout sourire au beau milieu des arbres.
Iel s’adonne à une prestation hypnotique dans laquelle iel nous interprète son morceau en donnant corps aux émotions qui l’entourent.
L’artiste danse au beau milieu de la nature, les reflets du soleil viennent éclairer son visage et donner une teinte sacrée à sa prestation.
Iel fait corps avec les branches sur lesquelles iel nous enivre dans ce doux mélange sensuel et intriguant.
A l’image de son EP, c’est une bulle hors du temps et des carcans que Mickey Van Seenus nous délivre, un pur plaisir auditif et visuel.

Metronomy – Friends

Cette semaine, Metronomy a célébré les dix ans de l’intemporel et grandiose The English Riviera. Pour l’occasion, ce n’est pas un ni deux mais six morceaux inédits qui ont été inclus à la réédition de l’album.

Parmi ces petites merveilles que Joseph Mount gardait précieusement dans son Mac depuis une décennie, se trouve Friends, un morceau hypnotique et aux nappes synthétiques étourdissantes. Pour accompagner cette offrande, le groupe a dévoilé une vidéo toute en animation réalisée par Nuno Carreiro da Costa. Des visuels fait de tons pastels, de palmiers, de sable chaud, d’une infinie étendue bleue et de beaucoup de parasols.

Une réédition qui arrive à point nommée et qui ainsi atténue la frustration de voir les quatre soirs de La Cigale nous passer sous le nez. Mais pas de panique, nos British préférés seront de retour en avril prochain au Zénith de Paris et promis, cette fois-ci sera la bonne.

Moodoid ft. Melody’s Echo Chamber – Only One Man

Cette semaine, Pablo Padovani alias Moodoid a sorti le premier volume d’une série de chansons écrites en l’honneur de ces femmes qui l’inspire depuis toujours : Primadonna, vol.1.

Parmi les titres qui composent ce dernier, on trouve l’excellente collaboration avec Melody’s Echo Chamber : Only One Man. Un morceau solaire qui défit les étoiles et dans lequel les deux compères chantent ces souvenirs forts que l’on garde d’une relation sentimentale, ceux que l’on retient et qui restent gravés dans notre mémoire de façon permanente.

Pour son clip (réalisé par ses soins), on retrouve l’artiste dans cet univers décalé et irrationnel où l’on observe quelques réminiscences d’un été passé aux côtés d’une moitié adorée et ce, malgré quelques blessures que le temps conserve. Un clip qui pour résumer laisse libre interprétation à qui le veut mais qui à l’unanimité, sera fortement apprécié.

Cola Boyy ft. Andrew Vanwyngarden – Kid Born In Space

Après la sortie du disco et très (très) efficace premier EP de Cola Boyy, le voici de retour avec son premier album pour le 18 juin prochain ! Oui, oui.

Première signature sur le label des réputés MGMT, son disque a été annoncé il y a quelques jours par le biais du single Kid Born In Space produit par Andrew VanWyngarden. Une patte que l’on ressent particulièrement dans ces sonorités psychédéliques qui régalent nos deux oreilles.

Avec Kid Born In Space, Cola Boyy s’adresse à l’enfant qu’il était et lui conseille de ne pas s’arrêter sur ces regards tournés vers lui, ceux qui le font se sentir mal à l’aise et donnent envie de fuir loin, à l’abri des autres et du monde. Des mots qui prennent tout leur sens aujourd’hui, notamment avec ces nombreuses collaborations cinq étoiles (The Avalanches, Myd, Nicolas Godin…) et un répertoire musical des plus qualitatifs, qui le définissent ainsi comme une référence mais aussi un artiste confiant et bienveillant.