Les clips de la semaine #222 – Partie 2

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Tout de suite, la seconde partie de notre 222ème sélection.

A2H – Message pour son ex

Un mois après avoir dévoilé le premier extrait de son futur projet Ultra Sensible, A2H revient déjà avec un deuxième single intitulé Message pour son ex. Le rappeur poursuit son exploration dans cette nouvelle ère personnelle et artistique.
« Et si on avait un message à transmettre à l’ex de notre meuf ou mec, ce serait quoi ? ».
C’est la question qu’A2H s’est posée pour créer ce nouveau single. À travers une imagerie poétique en noir et blanc, l’artiste illustre cette facette de la
reconstruction d’une relation. Il montre la guérison de son ou sa partenaire après les épreuves d’une relation passée. Ce single exprime en quelque sorte tout ce
qu’on souhaiterait dire à l’ancienne vie de sa nouvelle moitié. Le tout est sublimé par ce magnifique solo de guitare, qui commence à devenir inévitable quand on pense à A2H.
Plus les singles se succèdent, plus l’envie d’écouter Ultra Sensible augmente.
Message pour son ex nous immerge davantage dans le nouvel univers sensible et personnel d’A2H, qui s’annonce très fort.

 Los Bitchos – Don’t change


Extrait de leur second album Talkie Talkie qui sortira le 30 aout, Don’t Walk a des airs de bande son de l’été 2024 qu’on a envie d’entendre en boucle. Los Bitchos a déclaré  « ‘Don’t Change’ est un morceau de pur bonheur ; pensez à des ambiances de vacances avec des glaces, des ballons de plage, des couchers de soleil et des margaritas, » . « C’est une musique qui met de la bonne humeur, avec des mélodies ensoleillées, une basse synthé arpège vibrante et des couches de percussions. » Ces influences new wave ajoutées à la patte sonore de Los Bitchos se marient bien avec l’esthétique 80s du clip signé Tom Mitchell. Elles disent du clip « Nous avons pris tellement de plaisir à réaliser la vidéo, en inventant de petites danses et en gambadant dans le sable et la mer ! » 

Lewis Evans – Jumbo Plane

Jumbo Plane est 2ème extrait du quatrième album de Lewis Evans « Coeur Celeste » qui sortira le 27 septembre prochain. Jumbo Plane est une chanson qui démarre très folk avec en overlay un accordéon qui lui apporte un swag tango argentin et plus on avance dans Jumbo Plane plus on découvre de nouveaux territoires musicaux avec ces sonorités sud-américaines et rythmiques tribales.

Toute cette riche diversité musicale ponctuée par un refrain addictif qui donne instinctivement envie de chanter et danser. Sur Jumbo Plane, Lewis Evans déclare « Ce morceau représente pour moi une fusion musicale entre toutes mes inspirations : un folk entraînant, un blues cajun hypnotique, et même des influences sud-américaines. J’ai mélangé aussi des instruments variés comme les violons, accordéons et pianos bastringue. Et je voulais un refrain incantatoire : quand vous écouterez le “mamamamama”, il ne vous sortira plus de la tête ! ». Le clip est un animé d’une beauté et esthétique colorée réalisé par Christophe Perray à partir des illustrations de Samantha Ferry.

Lewis Evans devient le héros animé qui voyage à travers la jungle et rencontre  sur son chemin d’exploration une déesse et de mystérieux esprits. Il décrit le clip : « « J’ai voulu qu’il y ait une cohérence forte dans toute l’image autour de l’album ….. Je voulais garder le principe d’un dessin animé avec un univers onirique et mystique. On s’est donc inspiré de l’esthétique de Kirikou (Michel Ocelot) et du douanier Rousseau. Il y a une déesse en colère, un singe malicieux, des petits esprits très kawaï. J’adore cet univers enfantin et psyché. »

Malo – Porsche

Malo a une faim de rap qui semble insatiable. Au point que par surprise, il a envoyé Porsche, un single qui porte bien son nom puisqu’à l’instar du constructeur de voiture sportive allemande, il va droit au but avec un moteur agressif. Une nouvelle démonstration qui ne vient pas seule puisqu’avec elle on peut profiter d’un visuel réalisé au festival We Love Green par Jeune XX

Cette sortie est surtout le parfait prétexte pour annoncer une grande nouvelle, celle d’une date à La Cigale prévue pour le premier octobre. Annoncé en début de clip, le reste des images ne sont là que pour prouver à quel point c’est un événement qui risque d’être chaud. En tout cas, c’est l’impression que donnent les images tournées à We Love Green. La foule est réceptive à l’aura du rappeur qui en moins de deux minutes a réussi à prouver une nouvelle fois qu’il maîtrisait son art.

Anycia Ft Luh Tyler – Cal

L’openspacisation du travail semble (malheureusement) se porter à merveille. La figure de chef d’entreprise devenant de plus en plus celle d’un fantasme qui assurerait prospérité et pouvoir. Deux thématiques qui ont toujours alimenté le rap et qui se retrouvent, non sans une bonne dose d’ironie, au cœur de la connexion entre Anycia et Luh Tyler, deux noms en vogue de la scène américaine.

Affublé derrière son bureau, téléphone en main et un air désinvolte qui sied à merveille à son rap nonchalant, Anycia laisse parler son egotrip qui n’hésite pas à remettre la figure masculine à sa place, celle d’un homme bon qu’à courir après des femmes pendant qu’elle s’assume pleinement. 

Pour contrebalancer le propos, Luh Tyler s’arrête de transformer son bureau en terrain de basket-ball et vient donner un œil plus masculin au propos, sans non plus être dans l’opposition du point de vue de sa partenaire. Un duo qui marche à merveille sous la caméra de Man Films mais qui a surement encore quelques techniques managériales à apprendre. 

We Hate You Please Die – Stronger than ever

Le désormais trio punk rouennais est de retour. Le nouvel album intitulé Chamber Songs est prévu pour le 20 septembre prochain. Qui dit nouvel album, dit nouveaux singles et nouveaux clips. On vous a parlé en avril dernier des normands qui reviennent Stronger than ever.

Alternance d’images colorées et en noir et blanc, Stronger than ever est tourné façon selfie. Réalisé par Alexis Magrand, il dynamite l’image sage de la princesse en robe blanche bien sage. En même temps, est-ce qu’on attend d’un groupe punk d’être lisse et bien rangé ? Non, je ne crois pas.

Alcool à la bouteille, grimaces, feu, euphorie, clopes et batte font bon ménage dans ce clip. Là où Adrenaline prenait place dans un skate park et invitait à se surpasser, Stronger than ever c’est s’assumer pleinement et envoyer valser les clichés les plus tenaces.

Ladaniva – Saraiman

Paul Barreyre – Avec les Yeux

Raye – Genesis.

Après avoir battu le record du nombre de prix remportés au Brit Awards en mars dernier, (six prix pour sept nominations) tout en nous ayant offert une performance live à couper le souffle, Raye est de retour avec Genesis., un single qu’on attendait terriblement depuis des mois.

Genesis. se dévoile telle une odyssée musicale divisée en trois parties, une odyssée qui nous emporte dans les dédales obscures de l’esprit de l’artiste, toujours dans une lignée très personnelle, laquelle nous touche en plein cœur.

Le clip, co-réalisé avec Otis Dominique, nous montre les facettes des – malheureusement – familières peines de cœurs, de la dépression ou encore de l’anxiété, le tout toujours guidé par ce faisceau lumineux de l’espoir, difficilement palpable mais indubitablement présent.

Avec ce nouveau morceau, l’artiste britannique y mélange les genres et nous délivre un fragment de vie intime qui combine pop et jazz, tout en nous prouvant une énième fois qu’elle est déjà des meilleurs de sa génération, et c’est fort, très fort. Grand bravo Raye.

Fat Dog – I am the King

Il y a ce quelque chose dans l’air britannique, qu’on ne retrouve pas chez nous. Et c’est ce quelque chose qui donne ainsi naissance à une multitude de projets tous plus riches les uns que les autres. Des projets qui sortent du lot, portant en eux une sorte de désinvolte assumée, certainement à l’origine d’une telle prolifération.

Parmi eux, il y a les excellents membres de Fat Dog, l’une des dernières signatures du label Domino Records, et que l’on retrouve cette semaine avec I am the King, leur quatrième single en date. Légèrement moins survolté que les précédents titres, I am the King, morceau synth-rock épique, toujours inscrit dans une lignée modérément ridicule, a été écrit après une rupture dans les toilettes d’un bar de Londres. Grand bien fasse les peines de cœurs donc.

Quant aux images qui l’accompagne, on y retrouve le groupe, en deuil, rassemblé autour de la tombe de Joe Love, jusqu’à ce que ce dernier finisse par être parachuté depuis un hélicoptère. Cocasse à souhait.

Larynx – Chu tellement jeune

C’est un deuxième extrait d’extra-qualité que nous offre Larynx avec sa nouvelle chanson Chu tellement jeune qui sera sur son troisième album. 

Avec son air mi-joyeux mi-triste, cette musique est une bonne métaphore de cette période par laquelle on passe tous : devenir adulte (c’est pas facile tous les jours). Du « Chu tellement jeune que mes amis sont vieux » au « Chu tellement jeune que mes amis sont morts » il n’y a qu’un pas, et Larynx l’illustre avec un clip fait d’archives de vidéos qu’on a toutes et tous fait en étant ado. Rappelez-vous vos videos prises avec la webcam de votre ordinateur en 2010 alors que vous étiez censés faire votre TPE de chimie. Une ode nostalgique au passé et à une adolescence que l’on ne regrette qu’à moitié. 

En tout cas, c’est un amuse-gueule réussi pour Larynx dont on attend impatiemment le nouvel album prévu pour l’automne.

Peanut Butter Sunday – Compliqué

Le groupe le plus punk du Nouveau-Brunswick a encore frappé ! Peanut Butter Sunday redébarque dans nos oreilles avec la chanson Compliqué

Loin de l’esprit de leurs précédent clips aussi décalés que leur musique, cette nouvelle pépite est accompagnée d’un dessin animé. Des personnages qui vivent simplement à la campagne comme dans un monde où les problèmes de la vie étaient vains, qui nous incitent à les mettre de côté en chantant « Si harra plus de dopamine j’me bâtira une time machine / Pour aller dan’l passé / Avant que toute s’a compliqué ». Encore une masterclass de ce groupe acadien qui on l’espère annonce d’autres chansons dans les mois à venir…

En clair, oubliez vos soucis, allongez-vous dans l’herbe et ramassez des radis, et écoutez ce titre qui on en est sûrs, ramènera un peu de soleil dans vos vies !

Caballero – Rose Orangé

Un simple tweet a enflammé la scène du rap francophone. Caballero a annoncé la sortie de son nouveau projet, Dose Héroïque, qui comprend 12 titres et des collaborations prestigieuses, disponible dès le 14 juin. El Professor en donne un premier aperçu cette semaine avec le single Rose Orangé, accompagné de son clip.

Même si Caballero a déjà démontré son talent de rappeur tout-terrain, le pharaon blanc réussit toujours à nous surprendre et à se renouveler. Le Belge est de retour en solo dans un domaine où on le voit peu : se livrer personnellement. Le morceau commence par une introspection inhabituelle, accompagnée de rimes dont lui seul a le secret. Vers le milieu du morceau, une ambiance plus sombre s’installe et la seconde instru débute. Caballero adopte alors un égo trip énergique qu’il maîtrise parfaitement. Le tout est sublimé par l’enchaînement des deux instrus géniales réalisées par Agusta

Les segments plus personnels montrent Caba errant dans une vieille maison, partageant l’écran avec une version enfant de lui-même. L’égo-trip est illustré par un noir et blanc intense, où le rappeur délivre son texte avec énergie. Le tout se conclut par une scène peinte de l’envol du rappeur, suggérant peut-être une évolution dans sa vision artistique.

Après la sortie du quatrième volume de Zushi Boyz avec JeanJass et ce nouveau projet surprise, les fans de Caballero ont de quoi se régaler en ce début d’été. Rose Orangé donne un excellent aperçu de Dose Héroïque, éveillant autant de questions que d’enthousiasme.

Double Françoise + Popincourt – Tes samedis

Cela faisait quelque temps qu’on ne les avait pas entendu, les nouveaux aquitains Double Françoise se sont associés au popeux Popincourt pour nous livrer un nouveau single aux accents bossanova popesque donc littéralement à leur image commune.

Un samedi qui se veut parisien à la merci de la pluie, ce rendez-vous de fin de semaine automnal, dans un café où l’on s’occuperait à faire des courses de goutte sur la devanture de ce dernier. Non, point de nostalgie de ces jours pas si passés. Le trio d’un jour nous embarque dans des couleurs champêtres très automnales à la rythmique savoureuse, enjouée.