Les clips de la semaine #147 – Partie 2

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer se yeux et ses oreilles. Sans attendre, la seconde partie de la 147ème sélection des clips de la semaine.

Of Course – Mtl bgrr 2

On le sait, pour sortir du lot, il faut parfois plus que de la bonne musique. Il faut l’associer à de bonnes idées.

Ça tombe bien, les Of Course ont fait les deux. En plus de nous avoir offert l’excellent Montreal Bagarre 2, le désormais quatuor s’est offert l’énorme plaisir de balancer un jeu vidéo à leur effigie (à découvrir par ici ). C’est fun retro et coloré.

Mais que se passerait-il si ils se retrouvaient coincés dans le jeu qu’ils ont créé ? En bons enfants des 90’s, c’est ce qu’ils ont choisi de mettre en images avec Laurent E. Malo. On pense donc bien sûr à Jumanji et au meilleur du cinéma de notre enfance en découvrant la vidéo qui met à l’honneur Mtl bgrr 2, sorte d’ouverture grandiloquente et sombre de leur second album.

C’est groovy, cinématographique, dansant et rythmé. On part à la bagarre avec nos 4 héros, qui croisent sur leur route certains de leurs camarades devenus des antagonistes parfait pour leur partie de baston en 2D.

Bref du tout bon, en attendant peut-être de retrouver la Montreal Bagarre à Paris en décembre ? Réponse bientôt, on croise les doigts.

Bertrand Belin – La Nouvelle

Faire plus avec moins, telle est la gageure de Bertrand Belin. Une économie de mots et de sonorités qui transcende ce nouveau morceau : La Nouvelle.

Synthétique et hypnotique, proche de la transe et de la prêche en même temps, Belin reste un observateur assidu et précis de la société. Ici, c’est l’abondance qu’il raconte en quelques sentences. Celle des nouvelles qui s’enchaînent, qui se multiplient, tant et si bien qu’il est difficile de savoir ce qui est nouveau, puisque tout sera sans doute déjà de l’histoire ancienne quelques heures plus tard.

Le génie de Bertrtand Belin, par le mystère et l’épure, s’exprime pleinement dans ce nouveau morceau qui annonce une réédition de son album Tambour Vision, paru plus tôt cette année, accompagné d’une tournée dans toute la France.

Pour accompagner ce titre, il réalise lui-même le clip, se grimant ici en politique/homme de télé, dans des images qui se brouillent et se délavent, accompagnées ici et là d’une surabondance de unes journalistiques qui finissent par donner mal à la tête. Et Bertrand Belin de souffler de fatigue face à toutes ces annonces …

Young Fathers – I Saw

Alors que le regard de la majorité (dont une bonne partie de notre rédaction) se tourne actuellement vers l’arrivée du nouvel album des Arctic Monkeys , une bande de petits rebelles (ici représentés par notre rédacteur en chef) on déjà le regard tourné vers l’Écosse.

Car oui, mesdames et messieurs, l’attente fut longue mais l’annonce est désormais officielle : Young Fathers est de retour avec un quatrième album prévu pour 2023.

Et après Geronimo, le trio nous rappelle pourquoi on les aime, pourquoi ils nous font vibrer depuis 10 ans et pourquoi cette annonce occulte toutes les autres cette semaine. I Saw est un uppercut sonore, un retour virulent associant une rythmique primaire, une poésie de tous les instants et une vision du monde moderne et aiguisée. C’est du Young Fathers pur-jus, et putain qu’est ce que ça fait du bien.

Pour l’accompagner, David Uzochukwu nous entraîne dans un rituel étrange, entre le jour et la nuit. Une fête autour du feu, pour célébrer la mort et la renaissance, la danse et les corps qui s’expriment, comme possédés.

Un retour galvanisant, en attendant de les retrouver à l’Élysée Montmartre en février.

Thx4Crying – loin de moi le drame

Il y a souvent quelque chose de réconfortant lorsqu’on retrouve Thx4Crying. Déjà, parce que sa musique nous enroule généralement dans un océan de douceur et de tendresse bienvenue, et surtout parce qu’il a souvent tendance à mettre des mots poétiques sur des maux que l’on ressent comme lui.

Loin de moi le drame, c’est une épopée, une aventure contre l’anxiété, la recherche de la lumière et le refus de ce qui se met parfois en travers de nos routes. Jamais défaitiste, Thx4Crying cherche toujours à tirer les choses vers le positif, même dans les moments les plus durs.

Avec Laurens Saint-Gaudens, ils mettent en scène un conte médiéval, onirique et prenant, dans lequel le musicien s’embarque dans une exploration nocturne et dangereuse, trouvant sur son chemin épreuves et rencontres métaphoriques, qui lui permettent de se révéler au fur et à mesure que le temps s’écoule.

Du tout bon en attendant l’arrivée de son premier EP, prévu pour novembre.

Theo Lawrence Liquor and Love

Notre singer-songwriter country préféré, Theo Lawrence, est de retour avec Liquor and Love, deuxième extrait de son très attendu album à venir, Cherie, enregistré au Texas au printemps dernier. 

Comme pour son précédent single California Poppy, le bordelais a choisi un thème retro et coloré pour illustrer le morceau, tourné cette fois-ci à Paris par la réalisatrice Vanessa Pla. On y retrouve une jeune femme rousse, incarnée par l’actrice Mathilde Cartoux, attablée avec un cocktail et des cigarettes qui continueront de l’accompagner tout au long du morceau, murmurant à l’oreille de Theo qu’elle ne veut pas renoncer à ces plaisirs simples que sont l’alcool et l’amour. 

Un morceau simple et efficace, confirmant une fois de plus tout le talent de l’artiste et de sa bande de musiciens, qu’il nous tarde de retrouver en concert dans quelques mois!

En attendant, retrouvez notre interview de Theo Lawrence ici .

M. BYRD – FLOOD

Ne vous fiez pas aux traits fins et naïf de M.Byrd ; le jeune chanteur allemand sait très bien où il va et partage cette semaine un nouveau titre aux sonorités rock indie poétiques, Flood. 

À la croisée entre Balthazar et BEACHPEOPLE, l’univers de M.Byrd est déjà mature, jouant de ses inspirations  multiculturelles, bien que la discographie ne soit pas encore bien complète. 

Pour mettre en images Flood, M.Byrd nous fait le plaisir de partager une vidéo de quatre minutes de rushes tournés lors de la venue du groupe à Paris pour un concert au Trabendo. Du marché aux fleurs de Saint Michel aux jardins des Tuileries, le clip est une succession de plans mettant en avant le groupe et le chanteur dans les plus beaux spots de Paris. 

Des sourires, des clichés parisiens et des souvenirs de leur live, ce clip ne pourra que faire plaisir aux fans de M.Byrd ! 

Arctic Monkeys – I Ain’t Quite When I Think I Am

Il s’agit clairment du titre qui confirme l’adage du groupe. Le quatuor de Sheffield avance à son rythme et en remodelant perpétuellement l’esthétique de ses lignes musicales. I Ain’t Quite Where I Think I Am surprend ici par le groove funk inédit dans l’histoire de la formation. Les choeurs sur le refrain et les portées aigües de Alex Turner rappellent tout de même les mélodies pop de A.M. Ce single s’appréciera au fil du temps pour les fans les plus puristes, qui ne peuvent nier la qualité d’orfèvre dans la production orchestrale.

Les dizaines de milliers de fans présents à Rock en Seine découvriront à travers le clip une version plus aboutie et audible de cette nouveauté. La vidéo a été enregistrée au Kings Theatre de Brooklyn, à New York. La classe. Mais diable ! C’est sacrément mieux qu’à Saint-Cloud. C’est dire que Arctic Monkeys ne vise pas à survolter les festivals ou les stades, mais simplement à sublimer leur art.

Teleman – Short Life

Thomas Sanders, Peter Cattermoul et Hiro Amamiya, qui forment le trio londonien Teleman, nous proposent cette semaine un single intitulé Short Life, premier titre issu d’un nouvel album, Good Time / Hard time, annoncé pour avril 2023. Les anglais ont le rock dans le sang, c’est comme ça, et Teleman ne déroge pas à la règle. Entre les lignes de basse d’une efficacité redoutable et les refrains qu’on a envie de chanter, voire de brailler en sautant de manière répétitive, le feel good pop rock a toujours une place plus que nécessaire dans nos vies et si on lit les actualités, je dirais même de cette place qu’elle est vitale. Si, comme nous, vous avez aimé Düsseldorf ou Sea of Wine, alors vous allez adorer Short Life. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Pour accompagner le titre, voici un clip entièrement filmé à la perche à selfie. On aime l’idée de faire les choses simplement, l’énergie primitive quand on souhaite juste se faire plaisir, et bouffer à pleines dents une vie qui est bien trop courte pour passer ne serait-ce qu’une seule journée à se prendre là tête.

Poppy Fusée – Pesanteur

Parfois, il faut prendre du recul pour avancer dans la vie, retrouver des petites pépites du passé pour réaliser qu’il y a des choses à en faire et les transcender. Pesanteur de Poppy Fusée aurait pu rester dans un tiroir, caché à jamais comme un petit caillou sensible conçu pour n’appartenir qu’à elle. Heureusement pour nous, et on l’en remercie fort pour ça, elle a sorti le morceau de sa tanière et, guidée par les sentiments et les émotions qui l’habitaient, a décidé de lancer la station Poppy dans l’espace.

Un monde fait de douceur, de beauté et de gentillesse pure, qui nous a touchés en plein cœur. Car oui, on ne s’en cache plus, on a beaucoup d’amour pour la musique de Poppy Fusée, et pour elle aussi d’ailleurs.

La voilà donc de retour avec un clip pour célébrer Pesanteur. Olivia Fortier, Mathilde Petit et Jack Safarian créent un écrin visuel fait de collages et de petits cailloux, de voyage dans l’espace et de douceur dans les yeux. C’est tendre, beau, en mouvement constant et légèrement psychédélique, c’est une nouvelle facette de l’univers de Poppy et on espère en voir plus prochainement.

PS : Et vive les vans rouges.

Tigre Bleu – Stuck In My Mind

Aujourd’hui, le terme de résilience est à la mode et se conjugue plutôt au pluriel : on est résilient face au réchauffement climatique, à la crise sanitaire, à la crise énergétique et aux dérives belliqueuses du monde actuel. Mais quand le mal nous touche personnellement, la résilience devient individuelle et l’on doit, intérieurement, trouver sa force. « Lymphome B diffus à grandes cellules non GC » tel est le nom de l’ennemi que Laure doit combattre. Et c’est là où le nom de son projet Tigre Bleu prend toute sa signification. Ne pas subir plus que ce que l’on est obligé. Apprendre à ne pas se résigner.

Face aux effets secondaires de la chimiothérapie, Laure a décidé de prendre les devants en se coupant les cheveux avant qu’ils ne tombent d’eux-mêmes. Une catharsis qu’elle met en scène dans la vidéo filmée et réalisée par Benoist Girard, accompagnant Stuck In My Mind. Stuck In My Mind, pour ces moments où on se sent enfermés au milieu de nulle part, comme dans un lieu laissé à l’abandon, colonisé par l’efflorescence, décor de la vidéo.  

Si la chanson est intrinsèquement captivante, de par sa structure et la sensibilité qui en émane, ainsi que de par la voix sensible et oscillante de Laure s’entremêlant aux nappes électroniques pénétrantes, le contexte de son écriture fait qu’elle prend une dimension autre. Derrière le combat sied l’espoir. Et si aujourd’hui Laure va mieux, de votre côté dépistez-vous ! En ce mois d’Octobre Rose, faites rugir les petits Tigres Bleus tapis au fond de vous. Le rose est la couleur dont se pare la végétation fleurie que traverse, après son geste libérateur, Tigre Bleu lors de la dernière scène de la vidéo. C’est aussi celle de la féminité et de l’audace, qui nous réconfortent et nous donnent le force de nous délier de nos angoisses – Stuck In My Mind

PhoenixWinter Solstice

Deux semaines avant la sortie de leur septième chef-d’oeuvre, Phoenix vient de dévoiler un dernier single : Winter Solstice. Ce morceau renoue les liens avec la mélancolie propre au groupe, celle qui nous émeut et parvient toujours à toucher à l’intérieur de nous ce qu’il y a de plus sensible et fragile.

Le clip, réalisé par Warren Fu et Saoli Nash, nous rappelle l’esthétique de leurs débuts dans un décor à mi-chemin entre la dystopie et l’onirisme.
Dystopique car pour ce titre, Thomas Mars s’est retrouvé isolé de ses compères de toujours, outre-Atlantique, en pleine pandémie, pendant que la nature, elle, semblait émettre un énième signal d’alerte.
Onirique car les images monochromes donnent ici l’impression d’un instant suspendu dans l’espace et le temps. En somme, un rêve éveillé qui finit par rejoindre la réalité et ce qu’elle a encore de beau.

Phoenix jouera les 28 et 29 novembre prochain à l’Olympia (complet) et il nous tarde terriblement de les retrouver.

Hot Chip Eleanor

Cet été, Hot Chip dévoilait le très riche et dansant Freakout/Release, leur huitième album. Alors qu’on a eu beaucoup de mal à redescendre de leur superbe Olympia le 8 octobre dernier, voilà qu’ils nous ont dévoilé il y a un peu plus d’une semaine le clip de leur morceau Eleanor.

Un clip en stop motion réalisé avec beaucoup de talent par Alice Kong, et où l’on se retrouve transportés dans un décor tout en pâte à modeler. On suit alors le personnage de celle que l’on suppose s’appeler Eleanor, en route pour une journée des plus ordinaires jusqu’à ce qu’elle heurte un poteau et décide de reprendre sa vie en main et de faire de la réalité, sa réalité.

On remarquera également quelques clins d’oeil au groupe britannique, que ce soit avec l’affiche de Freakout/Release, les devantures Hot ‘n’ Chips et Evermore, ou encore les membres eux-mêmes, apparaissant comme les réalisateurs de ce clip DIY.

Hot Chip sera de retour sur les routes avec une tournée qui passera par l’Amérique du Sud et l’Australie à partir du 5 novembre prochain.