Les clips de la semaine #131 – Partie 1

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, la première partie de la sélection numéro 131 des clips de la semaine.

Pi Ja Ma – Destination l’amour

Il y a une semaine, Pi Ja Ma offrait au monde son tant attendu Seule Sous Ma Frange. Un album merveilleux dans lequel Pauline a mis tout son amour, son humour, sa tendresse mais aussi sa noirceur et ses doutes. Un album qui lui ressemble plus que tout et qu’on aime passionnément, autant qu’on l’aime elle.

Pour fêter cette sortie, et en attendant de la retrouver le 6 octobre aux étoiles, elle nous dévoile cette semaine un titre qui sent bon le soleil et les amours de vacances : Destination l’amour.

Un titre solaire, groovy, avec une basse folle et n refrain entrainant dans lequel elle nous raconte l’amour, celui qui part et qui revient une fois l’été venu. Des histoires adolescentes, légères et tendres qui prennent vie sur les routes qui passent du goudron au sable fin.

Avec Théo Leroyer, ils nous offrent une vidéo décalée et joyeuse. Habillée dans sa plus belle tenue de Batwoman, accompagnée de son gang de skateuses et de l’inénarrable Sacha, notre potichien préféré, super Pi Ja Ma part à l’assaut de la ville et du soleil, nous offrant une ride souriante et féminine qui nous colle une pèche folle et nous donne envie de partir sur la route, destination l’amour.

Noga Erez – NAILS

Si comme nous, vous vous étiez pris le KIDS de Noga Erez en pleine tronche, le retour de l’israélienne doit vous réjouir au moins autant que La Face B.

Alors que l’artiste est actuellement entrain de se mettre la France dans la poche à coups de concerts bouillonnants, elle en a profité cette semaine pour dévoiler NAILS, en même temps que sa signature chez Atlantic/Neon Gold.

Toujours en collaboration avec son camarade Ori Rousso, le morceau est un nouvel uppercut sonore, puissant, dansant et ravageur, qui tape autant le corps que le cerveau. En effet, sur une rythmique imparable Noga Erez s’attaque encore une fois à certains mots de la société, entre la jalousie et la représentation irréaliste du corps humain dans les médias.

C’est d’ailleurs ce qu’elle fait aussi dans la vidéo de Indy Hait, partant en chasse avec son gang contre une représentation gigantesque de la féminité telle qu’on essaie de nous la vendre. Une sortie nocturne dans laquelle on danse, on se révolte et où l’on défonce les stéréotypes au lance pierre.

Que demander de plus ?

Marilyne Léonard – Quand tu parles

Tout est une question de point de vue. Dans son précédent clip, Mirage, Marilyne Léonard observait son petit monde par le prisme d’un Stéréoscope Viewmaster dont les images à la colorimétrie surannée nous semblaient sortir tout droit d’un album de souvenirs. Quand tu parles, quant à lui, se vit dans un rythme effréné et à focale courte au travers d’un objectif fisheye. Grand angle et contre plongée pour capturer à 180° la fougue de Marilyne Léonard et de ses deux danseuses, Roxanne et Sabrina Dupuis, qui l’accompagnent dans une folle chorégraphie. Tout éclate et étincelle en suivant le groove du tempo et le flow percutant du chant.

« Oh, quand tu parles – J’pense à tout c’que tu m’as promis ». Venez vous ressourcer et faire le plein d’énergie avec ce nouvel extrait de l’étourdissante mixtape Vie d’Ange que nous a concoctée Maryline Léonard.

Dombrance – Pompidou feat. Sarah Rebecca

Après De Gaulle, nous continuons notre voyage dans le temps en suivant les présidents de la Cinquième République, au gré des images que nous renvoient les époques traversées. Celles de la présidence de Pompidou ont ce goût d’insouciance qui marquait la fin des trente glorieuses. Mai 68 avait ouvert de grandes espérances et le choc pétrolier n’avait pas encore plongé la France dans la crise économique. Le début des années soixante-dix marque également l’entrée dans une ère de modernité où tout semblait possible, et au cours de laquelle l’ensemble des secteurs aussi bien industriels que culturels vont être amenés à se transformer. Pompidou a été en cela le catalyseur de bien des évolutions, et ceci, même au cœur du Palais de l’Elysée, où l’art et le design modernes font une entrée remarquée avec les salons Paulin.

Côté musique, c’est également l’essor de la musique électronique dont Dombrance se pose en digne héritier. On retrouve dans les lignes musicales du morceau les tonalités primesautières évoluant entre jerk et psyché, clin d’œil à la musique de Pierre Henry. Dombrance utilise en gimmick le nom de Pompidou – il s’agit sans aucun doute du président dont le nom groove le plus dans la Cinquième République « Poompoom Pi Doo » – auquel s’entremêle le texte parlé-chanté de Sarah Rebecca avec son accent faussement naïf et délicieusement américain. Notre époque Kennedy à nous.

La vidéo a été réalisée en collaboration avec les équipes de l’INA, qui ont à cette occasion déniché dans leurs archives des madeleines de Proust aussi bien politiques que musicales. Pour ces dernières, Wendy Carlos y croise François de Roubaix, Pierre Henry ou encore Stockhausen. Dombrance apparaît quant à lui dans un nouveau caméo sous un fichu de pluie so 60’s. Les images défilent, retraçant cinq années et se finissent par l’annonce à la télévision de la mort du président, interrompant dans un flash spécial le film des Dossiers de l’Écran, L’homme de Kiev, dont on ne verra jamais la fin.

Et comme la publication de ce titre coïncide avec la sortie de son album République Electronique, « Pour une France qui danse », précipitez-vous pour écouter les autres pistes et vous déhancher présidentiellement de De Gaulle à Macron !

Norma – Everybody’s Been Dumped Before

Prenez garde ! Norma est de retour, campée en sorcière adultérine, traquant les maris fragiles pour les ensorceler et les maintenir sous son joug. Brrr…. Parfumée aux larmes d’hommes et pourfendant les airs sur son balai, la charmeuse devenue ennemie numéro un fait la une de tous les journaux avant de se faire rattraper par la société puritaine. Les images de la vidéo, clin d’œil aux films de Jim Jarmush, Down by Law ou Dead Man, reprennent le thème de l’errance cher à Norma. Celle de ces personnages atypiques qui, du fait de leurs particularismes et de leurs sensibilités, nous semblent si proches de nous et si éloignés de la communauté dans laquelle ils vivent. Dans cette impressionnante superproduction faite maison, le personnage qu’incarne Norma est rejeté par une société inique. Son combat s’apparente à celui du féminisme, qui doit être menée sans relâche.

Musicalement, cette chanson impressionne par son ouverture sonore, de grands espaces dessinés par les envolées d’une trompette ou d’un orgue dans lesquels la voix de Norma s’épanouit. A noter l’apparition de son père qui officie à l’harmonica, dans le rôle d’un gardien de prison bien désinvolte.

Everybody’s Been Dumped Before nous montre une fois encore tout le talent, l’énergie et la maîtrise déployés par Norma.  Chanson après chanson, vidéo après vidéo, elle n’en finit pas de nous étonner et de nous impressionner. Si cela n’est pas déjà fait, allez découvrir les autres morceaux qui composent son troublant deuxième album HELL.O.V.E. dont est extrait Everybody’s Been Dumped Before. Vous tomberez sous le charme d’une sorcière très déterminée mais aussi fort attachante.

Charlie Winston – Algorithm

Quelle est la différence entre un like sur Instagram et un je t’aime ? Plus grand chose pour Charlie Winston, qui revient cette semaine avec un nouveau single, Algorithm.

Il règne, dans ce clip aux allures futuristes, une atmosphère à la Black Mirror, avec des couleurs froides et des personnages sans plus de saveurs. Pourtant, l’auteur de Like a Hobo y chante une belle déclaration d’amour subtilement comparée à l’utilisation de nos réseaux sociaux. La musique sonne pop et certains pourront même reconnaître la patte du chanteur Vianney, avec qui Charlie Winston travaille pour finaliser son  nouvel album. 

COSSE – Evening

Le groupe de Post-Noise parisien COSSE a sorti cette semaine le clip qui accompagne leur récent single Evening. Annonçant par la même un nouvel album à paraître au courant de l’année, Evening est un morceau déflagrant aux murs de guitares dissonantes, oscillant délicieusement entre explosions noise, suspends lancinants et accalmies monochromes.

Le clip, auto-produit, a entièrement été tourné à la caméra thermique. Cela confère à l’image ce ton surréel qui vient parfaitement bien épouser le son du groupe. Le penchant expérimental offert par les superpositions d’images ainsi que les couleurs sursaturées est très appréciable, le clip devient rapidement hypnotisant, et on se laisse porter par la réalisation, qui entre en symbiose totale avec le morceau. Une très belle réussite !

BLOWSOM – 306

Vendredi était une date importante pour BLOWSOM puisqu’il s’agissait de la sortie de son nouvel EP : 1901 – PART II. Si celui-ci regroupe les derniers titres dévoilés par l’artiste ces derniers mois (dont les excellents Novembre et Médicament), une nouveauté s’est glissée avec 306.

Ce morceau sent bon les vacances et le partage de moments forts avec ses amis. On suit d’ailleurs BLOWSOM en road trip avec des personnes qui lui sont chères. 

La production musicale est encore une fois assez entraînante et va nous accompagner pendant un certain temps.

Baptiste W. Hamon – Dorothée 

Baptiste W. Hamon nous avait habitués aux grands espaces, mais n’en déplaise à certains, c’est dans une salle de sport que nous retrouvons aujourd’hui le singer-songwriter français pour Dorothée, une ballade indie pop à l’anglo-saxonne. La chanson est le quatrième extrait de Jusqu’à la lumière, le nouvel album du musiciendont nous avons pu discuter au cours d’un interview à retrouver ici

Un réveil brumeux après une nuit agitée, un rêve. La vie est-elle une fête, un combat, un grand jeu absurde ? Entre ivresse et mouvements, amour naissant et promesses à tenir, Dorothée, incarnée par la musicienne Lonny, qui a participé à plusieurs titres de l’album, est là pour tendre la main et répondre à tous ces doutes. 

« Avec Dorothée, j’ai voulu écrire une chanson country sur une musicalité pop : l’histoire d’un joyeux fêtard qui fait face à la douce mansuétude et à l’indulgence d’une présence féminine, Dorothée, dont il s’entiche alors éperdument et à qui il fait de tendres et infinies promesses. Derrière un tableau que j’ai voulu très réaliste, l’amour romantique par excellence », explique Baptiste

Le clip est de nouveau réalisé par Romain Winkler, déjà aux manettes pour le précédent Boire un coup sorti en janvier dernier.

Alex G – Blessing

Coup de génie ou gros prank, en tout cas, Alex G s’est bien amusé avec le clip de Blessing. Le single est sorti le 23 mai et est accompagné par une vidéo humoristique, complètement sortie des années 2000, tel un groupe de rock emo à la Green Day ou Linkin Park. La qualité médiocre et le format carré nous renvoient directement à cette période. Mais c’est au moment où les voix arrivent dans le morceau, chuchotées proche des micros, que le musicien nous offre un jeu d’acteur excellent. Formation groupe, vêtement noirs, baggy, coiffures typiques de la période emo, Alex G se met dans la peau du personnage, sans tomber dans la parodie. Zev Magasis, réalisateur, intègre également une ado caractéristique du style au clip. Mais si la vidéo est humoristique, qu’en est-il du titre ? A prendre au premier degré, ou non ?

En tout cas, si vous êtes un brin nostalgique des années 2000, ce clip est fait pour vous.

Marble – Myth

Après Marble Arch, Black Marble, veuillez accueillir Marble, groupe tout droit venu de Reims. Les quatre musiciens nous partagent une musique post Britpop mais qui nous rappelle également des groupes indie de la côte est États-Unienne des années 2010, comme Beach Fossils ou encore Real Estate. Reims reste toutefois bien présente dans leurs influences musicales et c’est sans doute pour cela qu’ils souhaitent mettre à l’honneur cette ville dans le clip de leur nouveau titre, Myth.

C’est avec un plan aérien offrant vue sur la cathédrale de Reims que commence la vidéo, qui nous emmènera, telle une balade, dans une série de lieux anciens. Ces endroits ne sont pas choisis au hasard, car c’est, comme le titre l’indique, l’histoire d’un mythe, celui de Sisyphe, qui nous est raconté à travers elle. Pour petit rappel, Sisyphe est un héro grec qui fut punis par les dieux et dont le funeste sort était de pousser un énorme rocher jusqu’en haut d’une montagne, en vain, car celui-ci finissait toujours par dégringoler de l’autre côté. Une philosophie que le groupe a choisi pour incarner un message de persévérance.

Monolithe Noir – Balafenn

C’est l’heure de retrouver la bande d’Antoine Pasqualini. Deuxième single pour lui cette année, avec son nouveau line-up de la formation Monolithe Noir qui lui permet d’aller toucher des sonorités plus organiques (notamment niveau percussions).

Confirmation avec Balafenn, monument contemplatif quasi monocorde qui ne vit que sur de fines variations sur presque six minutes. Et pourtant c’est envoutant, le genre de piste qu’on peut faire tourner en boucle pendant des heures sans se lasser en flottant sur son nuage.

Côté images, chacun se fera son interprétations. D’après nous, il s’agit des aventures de deux inspecteurs / détectives sur la côte, à la recherche d’un je ne sais quoi. Après quelques « réflexions » (regardez le clip pour savourer ce jeu de mot absolument incroyable), ils reviennent à leur point de départ et dansent. Intrigant, n’est-ce pas ? À vous de jouer pour vous faire votre propre idée sur la présence de ces deux protagnistes…