Le Beau Festival, la promesse d’un week-end ensoleillé, chaleureux et dansant

Le 17 Juillet prochain prochain aura lieu à Paris la cinquième édition du Beau Festival, évènement le plus excitant de ce début d’été, avec une prog variée allant de la pop de Crystal Murray aux sets enflammés de ڭليثرGlitter٥٥. Cette édition se place sous le signe de la chaleur, la joie de se retrouver et de profiter ensemble, Nicolas Chiacchierini organisateur et programmateur du festival nous a fait le plaisir de nous présenter ce qui apparait déjà comme un des week-ends les plus chaleureux de cet été.

Beau Festival

La Face B : Tu peux nous présenter le festival en quelques mots ?

Nicolas Chiacchierini : Le Beau Festival c’est un festival que j’ai créé il y a quatre ans, en 2017, à l’époque j’étais programmateur à l’espace B qui est une salle de concert dans le 19ème arrondissement mais qui malheureusement n’a pas trop survécu au covid.

A l’époque c’était l’idée de regrouper tous mes coups de cœur sur un week-end, un peu contrairement à ce que je faisais comme programmation à l’espace B qui était très éparpillée avec des choses que j’aimais évidemment mais aussi des choses que j’aimais moins.

J’avais vraiment l’envie de créer une identité et une direction artistique super forte, autour d’un seul week-end et à l’époque j’ai eu la chance d’avoir Laetitia Sadier, la chanteuse de Stereolab qui était sur la route à ce moment là.
Donc j’ai fait un espèce de mélange entre des têtes d’affiches, alors on n’est évidemment pas Rock en Seine ou Lollapalooza, mais on a eu par exemple Mammane Sani qui est un artiste nigérian qui a sorti des tapes dans les années 70 et qui ont été retrouvées.

Le but c’était de faire quelque chose de très pointu au niveau des groupes internationaux et puis de mélanger ça avec tous mes potes qui étaient dans des groupes et de faire un truc un peu organique pour à la fois faire plaisir à des fans d’artistes et de groupes un peu cultes et en même temps amener des gens de mon âge pour kiffer.
Donc ça c’était en 2017 et on avait fait deux soirées à l’espace B et une soirée à la Station déjà à l’époque et depuis on le fait tous les ans sauf l’année dernière.

Ce qui est cool par rapport à l’année dernière c’est qu’on a quand même l’affiche qui va rester avec ce line up même si on est deg de ne pas avoir pu le faire.
Je reste hyper fier de cette programmation et de l’affiche, elle n’a pas eu lieu mais elle compte quand même dans les éditions parce que le taff a été fait et que c’est sûr que ça aurait été une super édition.

Beau Festival



J’ai été rejoint par Aurélien qui est le programmateur du Supersonic qui m’a aidé sur les trois éditions suivantes à produire le festival et à le financer parce que ça commençait à coûter pas mal d’argent cette histoire.

On est passé au Trabendo donc tout de suite une beaucoup plus grosse jauge, il m’a aussi apporté une super aide technique et on a installé une scène sur la terrasse du Trabendo et on a fait jouer des groupes dessus. Ça a un peu été notre signature et on était les premiers à refaire ça là bas et c’est comme ça qu’Aurélien en est arrivé à prendre la terrasse du Trabendo avec le Supersonic et faire deux mois de concerts là bas.

Et puis en 2021 j’ai changé de partenaire, même si je m’entends toujours très bien avec Aurélien, aujourd’hui je bosse avec Xavier Darras qui est un tourneur qui bossait chez Voulez vous danser et qui vient de lancer sa boite qui s’appelle Persona Grata et donc c’est lui qui produit le festival cette année, c’est mon binôme.

Sinon pour les gens qui bossent avec moi, j’ai eu plusieurs graphistes, mais depuis deux ans c’est le studio Ellipse qui sont deux meufs super talentueuses qui bossent pour beaucoup de gens dans la musique notamment Rock in The Barn, Microqlima etc.

Pour résumer ce festival c’est vraiment mon truc que j’ai voulu créer et façonner avec mes goûts mais c’est surtout un festival que je ne pourrais jamais faire sans tous les gens qui m’entourent depuis le début, c’est vraiment un effort collectif, faut pas penser que tu montes un festival tout seul de A à Z.

La Face B : C’est hyper intéressant de se dire que ce festival est un rendez vous autant aussi pour des gens pointus que pour des gens qui veulent kiffer sans connaître grand chose.

Nicolas : C’est hyper important pour moi d’avoir les deux, je veux faire plaisir à la personne qui voudra à tout prix voir Los Bitchos parce que ça fait deux ans qu’il écoute l’EP et en même temps je veux aussi les faire découvrir à un tout nouveau public.

On n’est ni gardien du temple ni complètement des gens qui ne s’intéressent pas à la musique.
Je n’aime pas les postures de mecs ultras pointus, on ne veut pas mettre des barrières et rester dans un entre soi en protégeant notre truc jalousement, c’est pas du tout notre état d’esprit. Par contre les gens qui étaient là au début on a envie qu’ils continuent de se sentir bien prendre du plaisir.


La Face B : La programmation est hyper variée, tu as voulu un temps live et un temps dj set ? 

Nicolas : Non ce ne sera pas deux parties de soirées distinctes, ce sera mélangé !
Sur la prog j’ai pas envie d’avoir deux teams et je veux que tout se mélange. Ce qui a fait un peu la signature du festival c’est des groupes comme First Hate qui sont presque techno, Edm et qu’en même temps tu avais un groupe comme DeerHoof en mode Noise et le mélange des publics c’est ça qui me fait kiffer.
Il y aura deux scènes, une pour les dj et une pour les lives mais ce sera mélangé, c’est un peu l’anti Primavera parce que là tu pourras voir tous les artistes et tout s’enchaîne naturellement sans que les artistes jouent en même temps, bon on a une toute petite programmation aussi mais c’est quand même important.

La Face B : Tu te bases sur quoi pour construire une programmation ?

Nicolas : C’est très lié à un moment, c’est un peu la science de la programmation qui se base sur un instant T et tu prends ce que tu kiffes.
Tu essayes forcément d’imaginer ce que ça va rendre dans ton ambiance et dans ton lieu, tu te bases aussi sur ce qui a été fait les années d’avant.

La première année était hyper importante parce qu’elle donnait une direction et un mood global au festival, même si ça ne crée pas une recette ça t’aide à t’affranchir d’une certaine pression sur la prog et te dire que les gens te font confiance.
Ce qui a changé c’est qu’aujourd’hui je ne m’interdis plus rien, il y a quatre ans j’étais sans doute plus pointilleux, là si demain il y a un groupe de métal folklorique qui me fait trop kiffer, je le fais !

Et puis cette année pour la prog je voulais quelque chose qui fasse vraiment fête et soleil, après l’année qu’on vient de passer. On le retrouve sur le graphisme avec ces couleurs chaudes.
Là où les années d’avant j’aurais pu programmer des groupes de cold wave ou de post punk, cette année je n’avais vraiment pas envie de ça je voulais quelque chose de super dansant et chaud.

La Face B : C’est quoi les contraintes et la différence avec les éditions précédentes ?

Nicolas : Ce qui change la donne c’est qu’on ait beaucoup plus dans l’incertitude qu’avant et c’est pareil pour tout le monde même en dehors de la musique, on vit tous dans le flou.
Par exemple, j’ai programmé Los Bitchos qui viennent de Londres, si demain il y a une merde avec le variant indien, tout peut tomber à l’eau, tant qu’elles ne seront pas là devant nous, on n’est pas sûrs que ça se fera.
Et ça ça vaut dans la vie de tout le monde aujourd’hui, tu peux prévoir un voyage mais si tu apprends que t’es cas contact, tu n’y vas juste pas.
C’est la principale donnée qui change et dans mon métier en particulier, parce que je suis aussi programmateur à la boule noire, et notre taff c’est justement de prévoir et de programmer des choses donc l’incertitude constante c’est compliqué.

La Face B : Est ce qu’avec l’évolution du festival, tu te mets une certaine pression sur la ligne directrice à donner et comment faire plaisir aux gens qui viennent ? 

Nicolas : Pas du tout, je n’ai pas la pression de faire plaisir à telle ou telle personne, c’est un tout petit festival avec une petite communauté, sur les années on fait entre 500 et 1000 personnes donc je ne me prends pas la tête, le but de ne pas grossir c’est aussi de ne pas avoir à s’imposer des choses.
Il faut comprendre que ça tranche aussi avec mon métier, en tant que programmateur je dois faire des concessions, tout ne me plait pas dans ce que je programme à la boule noire, mais c’est mon métier et c’est normal avec 30 concerts par mois. Alors qu’avec ce festival je me fais juste kiffer.

Mon ambition c’est qu’au niveau des mes potes et des gens qui viennent, le festival devienne un rendez-vous et qu’on les retrouve chaque année.

Je pense que la limite c’est quand tu commences à vouloir faire ta prog pour qu’il y ait plus de gens qui viennent, ça change tout de suite la perspective du festival et ton objectif c’est de grossir avant tout. Ce n’est pas notre état d’esprit ni ce qu’on cherche avec le Beau Festival.