Kids Return : “On a commencé le groupe en se disant qu’on allait faire un album”

Du 25 au 28 août, La Face B était de passage à Rock en Seine. L’occasion pour nous de partir à la rencontre de nos artistes préférés de cette dix-huitième édition. Parmi eux, on retrouve d’ailleurs quelques noms pour le moins familiers, dont celui de Kids Return. Retour sur cet échange.

La Face B : Il y a quelques jours, vous avez annoncé la sortie de votre premier album, Forever Melodies. Un premier album, c’est toujours l’accomplissement de beaucoup de choses. Qu’est-ce que cela vous fait alors de laisser s’en aller ces histoires, ces morceaux sur lesquels vous avez longtemps travaillé ?

Clément : Tu sens que tu passes une étape lorsque tu annonces ça, vraiment. Il y a un truc dans la symbolique très très cool de se dire «  allez, c’est le moment, c’est le premier album  ». Il y a beaucoup d’émotions.

Adrien : C’est cool de se dire que les morceaux vont faire leur vie, que ce sont les gens qui vont les écouter qui vont leur donner une vie, c’est assez dingue.

Clément : Et en même temps, on a commencé le groupe en se disant qu’on allait faire un album. On a conçu notre musique comme ça. Il y a un vrai soulagement quelque part en se disant que ça y est, c’est une nouvelle étape, c’est la fin du début.

LFB : Vous avez toujours clamé le fait qu’il était important pour vous de vous imprégner d’images et de paysages pour pouvoir composer. Quels sont alors ceux qui ont inspiré votre dernier single en date, Lost in Los Angeles ?

Adrien : Il y a le cinéma de Wim Wenders et son film Paris, Texas que l’on regarde souvent. Il y a une ambiance désertique et aussi mélancolique qui nous a beaucoup inspirés. Le clip qui accompagne le single est un peu dans cette ambiance-là. Il y a une forme de fraternité que l’on ressent beaucoup dans le morceau. Il y aussi My Own Private Idaho ; c’est une histoire d’homosexualité, certes, mais qui nous a inspirés avec cette relation de potes qui sont proches. Nous sommes très inspirés par le cinéma, ce sont des films road-trip et le morceau a cette ambiance.

LFB : Par ailleurs, j’ai remarqué que vous n’apparaissiez presque jamais réellement sur les pochettes de vos singles mais la nature, elle, reste omniprésente. Pourquoi avoir fait-ce choix ?

Clément : Quand on a commencé, on s’est dit qu’il fallait une identité forte. On sortait d’un groupe où c’était que des photos de nous quatre et ce, tout le temps. Ça nous a saoulés puis on s’est dit qu’on pouvait faire tellement de trucs cools en dessinant, en bossant avec un autre artiste. Et donc, tout ça s’est un peu fait naturellement, on est très fans d’Apollo Thomas, on s’est chauffés puis on a créé une œuvre ensemble. Ce n’est pas certain que l’on continue pour la suite, là c’était un moment de vie et je trouve que ça allait bien avec notre disque.

LFB : Aujourd’hui vous jouez à Rock en Seine, mais si vous pouviez avoir votre propre festival, qui aimeriez-vous y voir jouer ?

Clément : J’inviterais les Arctic Monkeys car pour moi c’est, avec les Strokes, un groupe mythique. Je ne sais pas s’ils se sont déjà retrouvés ensemble à un festival…

Adrien : Si, je pense. Et je me ferais un kiff en invitant Paul McCartney, qui donnera un concert pas façon Bercy mais plutôt façon festival. On aimerait également beaucoup avoir Sons of Raphael, Andrea Laszlo de Simone. Après il y aurait Parcels, qu’on n’écoute pas sur disque mais en live, ça envoie toujours. On adorerait avoir Walter Astral, qui étaient incroyables à Pete The Monkey, puis Giorgio Poi, Mac DeMarco, même s’il a un peu disparu de la circulation. Men I Trust, Faux Real, Phoenix et Whitney aussi. Il y aurait beaucoup de groupes anglo-saxons au final.

LFB : Comment l’appelleriez-vous ?

Clément : The Return of The Cowboy, c’est le nom d’un burger que je prends dans un restaurant près de Saint-Denis.

Adrien : Oui, c’est pas mal.

LFB : Pouvez-vous me parler de votre meilleur souvenir de concert jusqu’ici ?

Adrien et Clément : C’est La Maroquinerie, à Paris.

Adrien : On ne s’attendait pas à ce que le concert soit sold-out aussi rapidement, que les gens crient quand on arrive.

Clément : C’était vraiment incroyable et c’est dans ces moments que l’on se dit que l’on fait de la musique uniquement pour tout ça.

LFB : Enfin, quel est le morceau que vous préférez jouer en live ?

Clément : Ca dépend des moods, quand ce sont des sets pour des festivals c’est Am I a Fool que je préfère jouer, il marche bien en live.

Adrien : C’est vrai qu’elle est vraiment kiffante. Moi c’est la fin du morceau de You Are The Chorus Of My Song, tout le monde chante, il y a un solo de clavier, c’est vraiment trop bien. J’aime beaucoup jouer Melody aussi.

© Crédit photos  : Ella Hermë et ELSA & JOHANNA