Festival Trois Beaux Days : quand les Trois Baudets fête l’été

Les Trois Baudets est une véritable institution parisienne. Cette salle du boulevard de Clichy est considérée comme un passage presque obligé pour les artistes de la nouvelle scène française. Avec les beaux jours, l’établissement se décale quelques mètres plus loin. Nous avons ainsi rendez-vous aux Arènes de Montmartre, juste aux pieds du Sacré Cœur.

Pendant trois jours, les Trois Baudets organise le festival Trois Beaux Days. Un jeu de mot évocateur et annonciateur. Et pour preuve, la programmation nous donne chaud, tant les artistes choisis si solaires et lumineux ! Si pour la première édition, on retrouvait Cali, Claire Laffut, Oré, Tallisker, Mr Giscard, Sandra Nkaké [Elles], Alexia Gerdy, ou encore Chevalrex, cette fois-ci, les artistes programmés sont tout autant prometteurs, et certains ont d’ailleurs déjà eu droit à un article de La Face B. En somme, un festival en amis, en famille.

LE 21 JUILLET : BAIN GROOVE ICONOCLASTE

Pour ce premier jour, on se prend un bain de soleil et de musique aux sonorités chaudes, groove. Tout en gardant une identité iconoclaste, les artistes Moussa et Cäroline jouent aux frontières de multiples genres musicaux, avec comme fil rouge un phrasé aiguisé.

Moussa

Ayant pris son grand envol à la conquête du public avec la sortie de Colibri, l’artiste, beatmaker et producteur Moussa nous conquiert encore une fois.

Après la sortie de plusieurs EPs et albums, dont le dernier, Premier, est dévoilé en 2021, on retrouve Moussa aux Trois Beaux Days. Histoire de se laisser envoûter par ses musiques groove, presque sensuelles, et ses textes dont le phrasé nous attrape, nous retient jusqu’à l’extase.

Cäroline

Sous ses airs, de hip-hop, de trap voire de soul, Cäroline est l’as de trèfle qui pique notre cœur.

Alternant autant les reprises que les compositions, la jeune artiste se fait remarquer pour sa voix groove et ses mélodies entraînantes.

Pour preuve, elle fait partie des candidats du prix Société Pernord Ricard France Live Music.

LE 22 JUILLET : SOUS LA POP (FRANÇAISE) EXACTEMENT

Parmi les grandes figures passées par les Trois Baudets, on retrouve des figures majeures de la chanson française. Alors comme un hommage, on retrouve le renouveau de la chanson, sous fond d’électro avec Coline Rio, Ian Caufield mais également Owlle.

Coline Rio

Après des débuts au sein du groupe nantais Inuït, l’artiste Coline Rio se réalise en solo. On reconnaît certains aspects de la formation, comme une patte électronique, électrique et une force dramatique. Or, c’est bien dans son individualité que l’artiste éclos et se dévoile.

Coline Rio parvient avec bravo à lever le voile sur ses doutes, ses peines, ses interrogations et ses amours, créant ainsi, de l’intime, des remèdes universels.

Ian Caulfield

L’univers de Ian Caulfield nous plonge dans des âges de transitions, de métamorphoses. Tirant son pseudonyme de l’Attrape Cœur de J.D. Salinger, l’intemporel Ian Caulfield traverse les âges, l’adolescence, l’enfance

Ces mélodies, aussi douces que puissantes, rappellent le moment des berceuses, de la douceur, des contes et de l’imaginaire.

Owlle

Néologisme entre une chouette en guise d’animal totem (owl, en anglais) et le pronom elle, Owlle n’a pas choisi son nom d’artiste au hasard.

L’auteure, compositrice et interprète vogue entre deux univers : le texte en français et la pop anglo-saxonne. Elle se fait également voyante, aux grand yeux de chouettes, en montrant, questionnant l’identité féminine. Owlle aborde alors des questions proches des luttes féministes : le contrôle des corps, des émotions, l’indépendance et la délivrance.

LE 23 JUILLET : FONDRE COMME MUSIQUE AU SOLEIL

Pour son dernier jour, le festival nous offre un voyage en légèreté. On fond alors pour des rythmes tropicaux, des airs qui nous emmènent dans un ailleurs plein de douceur. Une escale sur les continents américains et africains, partagée entre Gabi Hartmann et Lisa Ducasse.

Gabi Hartmann

A la fois guitariste et chanteuse, Gabi Hartmann est une artiste prometteuse. Ce n’est pas un hasard si elle est repérée par Jesse Harris, le producteur de Melody Gardot. L’artiste nous propose une musique douce où s’entremêlent le jazz, la folk, le blues ou encore la bossa et la soul.

Des teintes qu’elle emprunte à ses voyages au Brésil, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, en Guinée ou encore au Portugal. Gabi Hartmann chante d’ailleurs autant en français, en anglais qu’en portugais.

Lisa Ducasse

On poursuit notre quête de voyages avec Lisa Ducasse. Ecrites entre Paris et l’Amérique du Sud, ses chansons évoquent l’amour, les voyages et l’enfance. Il y a cet aspect naïf, la douceur de l’âge toile vierge où tout commence.

Cette envie de voyage s’explique aussi par les origines mauriciennes de Lisa Ducasse. Pourtant, c’est bien en métropole que l’artiste puise ses influences musicales. On retrouve alors autant des airs de Bertrand Belin, Dominique A que de Brel, Barbara ou encore Alain Bashung.