(EXCLU) Péniche compte TRIPLÉ !

Si la Loire est agitée aujourd’hui, ne cherchez pas plus longtemps la raison : Péniche s’est jeté à l’eau et dévoile en exclusivité sur la Face B son premier album : TRIPLÉ. Entre post-punk et math-rock, le trio enchaîne sans aucun faux pas dix titres instrumentaux aussi salvateurs que prometteurs.

Artwork : Ameline Vildaer

Je me rappelle encore la première fois où j’ai entendu Péniche. J’étais partie seule à un concert, avec seulement la curiosité et l’insouciance des journées chaudes et longues. C’était l’été 2021. Je me rappelle encore la claque, le déluge qui s’abat sur nous et eux qui jouent, qui jouent. Depuis, je ne les ai jamais quittés. Un concert ici ou là, et toujours cette joie. L’urgence de vivre au Panthéon le 20 octobre 2023 ou encore la fureur d’être là si tard aux Rockomotives cette année.

Depuis, Léa a remplacé Xavier à la basse. Depuis le second EP, Deuxième étoile (2022), un album est né. TRIPLÉ sortira donc le 15 mars 2024 sous deux labels, Floral Records pour la France et LUIK MUSIC pour la Belgique.

Enregistré et mixé par Elliot et Stew à La Cuve (Angers), il a été composé à quatre, grâce à l’arrivée de Léa pendant cette période. Cinq titres ont été composés avec Xavier et cinq autres avec Léa, apportant ainsi une unicité et une complémentarité à cet album. Et scellant encore un peu plus l’amitié qui lie ces humain.e.s naviguant entre Tours et Angers.

Ces dix titres sont une échappée au sein d’influences diverses et variées, rappelant avec plaisir le foisonnement de la scène actuelle à laquelle iels appartiennent. De Lysistrata à Johnny Mafia, de PNL à La Jungle, le trio s’en donne à cœur joie, nourrissant le groupe de ses expériences passées et présentes : de feu La Jambe de Frida à This Will Destroy Your Ears pour Léa et Michelle & Les Garçons pour Axel.

Crédit photo : Ameline Vildaer

L’album s’ouvre avec le tonitruant TREIZE A LA DOUZAINE. Deux minutes et treize secondes pour se rendre compte que Péniche est de retour, et que ça va être beau et fort. Axel à la batterie qui ne s’arrêtera jamais, Lucas à la guitare pour des riffs Lysistratiens et Léa à la basse pour le groove totalement planant. Si on les écoutait, il faudrait en même temps qu’on savoure ce morceau boire un verre de chenin bien frais tout en dégustant une douzaine d’huîtres de Cancale et un petit vinaigre à l’échalote. On se croirait place des Halles à Tours en plein marché, en train de remercier les producteurs et productrices qui font souvent cadeau de la treizième.

NONO 1968, second extrait clippé de l’album fleure bon l’été et les terrasses, les verres qui s’éternisent, la menthe pastille et le café du dimanche. Influence assumée pour le groupe indie pop Concrete Knives là où je vois un math-rock profondément solaire et communicatif. Une mélodie claire et entêtante en hommage à un ami, « Nono de la Meinau« , totalement exilé au Québec.

Car ce qui rapproche et quelque part définit Péniche, au-delà de l’énergie, les sourires et les accords, c’est bien l’amitié. Qu’elle soit profonde ou éphémère, tonitruante ou discrète. C’est l’amitié des tournées, des concerts, de l’été. Alors, quoi de mieux qu’écrire un morceau adressé aux personnes qui les soutiennent ? COOLOSS COOLOSS c’est donc une adresse aux gens qui les accueillent ou qu’iels rencontrent, au public, aux groupes et aux organisateur.ices. Un début noise, tout de suite renforcé par la basse et la guitare qui nous rappelle inévitablement le thème du film Pulp Fiction. Puis, une seconde partie qui ralentit jusqu’à la basse qui s’écrase, jusqu’à ce riff qui revient, une dernière fois.

Vient ensuite l’instant de K10, sans doute un de mes morceaux favoris. C’est le dernier titre qui a été composé pour l’album. Les percussions qui ouvrent le morceau, puis la basse, doucement, puis la guitare, délicatement, avant que les riffs qui me rendent zinzin prennent le relais. C’est une petite mélodie qui voyage, qui s’installe dans nos synapses et qui n’en ressortira pas.
Il paraît que K10 c’est aussi le résumé de la finale de la coupe du monde 2022. Alors, pour les citer : « première partie hyper triste, l’entrée de Kolo Muani & Coman qui change tout, le triplé de Kylian Mbappé. Chaque événement du morceau pourrait nous faire penser à un événement de ce match. Mais ça, c’est seulement si on avait bien aimé le foot… » Pour moi, c’est le morceau qui donne envie de tout envoyer valser, qui se crashe tout à coup puis qui envoie directement au fond de notre cerveau un léger air, un sifflement, un bruissement. Un je ne sais quoi qui fait vriller, tout simplement.

GROTSUNAMI, premier extrait à se dévoiler se situe entre La Jungle, Osees et Snapped Ankles. C’est la basse qui nous retourne, la guitare qui se distend et la batterie qui ne cessera jamais. Un titre définitivement dansant, pour celles et ceux qui ne sont jamais fatigué.e.s.

Avec QLF et son acronyme totalement ouvert (Que La Famille ! Que Les Frites ! Que Le Football… On peut continuer longtemps), Péniche fait un pas de côté et quitte un instant la folie de la scène pour se loger dans les interstices de la salle. Et ainsi, jouer avec les pédales, jouer les répétitions, instaurer une ambiance lourde et diffuse mais définitivement sereine.

Lorsque GUERANDE BZH débarque, on ne sait pas trop sur quel pied danser. Le morceau, contrasté, alterne plages dynamiques et instants apaisants. On y retrouve du Peter Kernel, une certaine urgence, une envie de jouer vite et fort. Et si vous vous interrogez sur le titre, c’est une private joke, mais demandez-leur la prochaine fois que vous les voyiez en concert. C’est en lien avec Saint-Nazaire et l’appartenance ou non à une certaine région française…

RIBOU, c’est le rythme implacable, les allers-retours et finalement la nécessité d’être là, de contrer la grisaille dans nos têtes et le vacarme de nos pas. RIBOU, c’est également Cholet dont sont originaires Axel et Lucas et son fameux lac qui donne le titre à cette chanson. Celui où Léa a travaillé deux étés en restauration, mais aussi celui qui a vu les deux gars excellaient lors des nombreuses courses d’orientation avec l’école. Le lac de Ribou, c’est aussi celui qui a vu grandir Axel sur des poneys et qui a entendu Lucas et son groupe de reggae se produire devant 5 000 personnes. Alors RIBOU, c’est un peu tout ça, c’est du DIIV, de la couleur et beaucoup de raffut.

Avec LA PÉNICHE, aux allures de Totorro, on se rapproche déjà de la fin. Un titre court, rayonnant pour rendre hommage à toutes ces personnes qui au gré des concerts les appelaient parfois « La Péniche ». Alors, ici, le trio laisse perler ces deux mots, pendant les quelques secondes qui concluent ce morceau. Il paraît qu’il a été pensé comme un hymne de stade de foot, alors inévitablement, je pense à la série Ted Lasso et aux supporters et supportrices anglais.e.s qui, sur le terrain ou au pub, chantent encore et encore les mêmes airs, pour soutenir leur équipe préférée. Et si Péniche était notre team française favorite ?

Finalement, TRIPLÉ s’arrête avec LA VAREUSE. Ce titre qui ne devait jamais être enregistré et que j’ai sans cesse demandé, que ce soit en live ou par messagerie, repoussant à chaque fois les limites de la groupiettude. Finalement, c’est le premier titre composé de l’album, car un de ceux qui a vu le jour au début de Péniche, quand Xavier était encore là. Si le groupe l’imaginait mal sur un disque, le préférant à la folie des rappels, il semblerait qu’il ait changé d’avis. Pour mon plus grand plaisir. LA VAREUSE, c’est le post-rock, les émotions pures, l’attente, l’ivresse, la découverte, le shoot d’adrénaline, les cheveux de Léa emprisonnés dans son chouchou, les grimaces d’Axel, les cris de Lucas, la foule, la foule.

Avec ce premier album, Péniche quitte définitivement la terre ferme pour se laisser emporter au gré des concerts et des rencontres. TRIPLÉ concentre l’allégresse, le caractère, la frénésie et la douce folie. Les dix titres qui le parsèment sont aussi paisibles que provocateurs, nous poussant sans cesse dans nos retranchements. Péniche s’écoute, mais surtout, Péniche se vit. Le trio fêtera la sortie du disque le 20 mars au Bateau Ivre (Tours) puis le lendemain à La Péniche (oui) à Angers. Il sera aussi en première partie des Mad Foxes le 26 mars à la Maroquinerie (Paris).

Pour les autres dates, ça s’passe ici :

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