Clips de la semaine #130 – Partie 1

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, la première partie de la sélection numéro 130 des clips de la semaine.

After Geography – Zany Cure

Le duo lyonnais revient avec tout son style qui lui est propre : une harmonie feutrée à l’époque des nineties.
Nonobstant, le clip de leur tout niveau single Zany Cure envoie Julien Méret et Nicolas Baud dans un univers baroque, lugubre et burlesque. Les deux compères se retrouvent dans un moment intimiste autour d’un tableau
pour partager un verre servi à la louche, puis languir sur un banquet pour enfin jouer seul au jeu de la dame. Ces scènes d’introspection nourrissent ce passage difficile de l’acceptation de soi, marqué par cette minute finale
instrumentale riche. After Geography parvient à créer une cohésion et une synergie positive avec tous les instruments à cordes à cordes que le groupe emploie, dans la lignée de Smith Western ou encore Foxygen.

Quiet Dan – One By One

Les magiciens de Quiet Dan ont sorti un nouveau single ce vendredi. Intitulé One By One, c’est un conte enchanté sous le soleil de minuit. L’ambiance du morceau est propre à Quiet Dan : intimiste, envoûtante, subtile et nébuleuse. Entre ombre et lumière donc, magnifiquement illustré par un clip en théâtre d’ombres.

Ce clip fantastique (dans les deux sens du terme) a été créé par Vincent Croguennec, filmé par Nina Bernfeld, monté par Vincent Dumesnil et raconté par les doigts de Lou Montagne et Céline Laurentie. Les images sont aussi envoûtantes que le morceau, aussi subtiles, doucement crépusculaire, entre ombre et lumière… Une très belle réussite gorgée de poésie que l’on vous recommande fort 

Special Interests – (Herman’s) House

La formation de la Nouvelle Orléans fête leur signature chez Rough Trade Records avec la sortie d’un nouveau titre (Herman’s) House. S’assumant non conforme aux genres, Special Interests reste néanmoins bien punk dans l’âme.
Le clip est d’ailleurs évocateur de folie génialissime et maitrisée. Filmée en mode caméra omnisciente, on y voit le groupe se déchainer dans un studio d’enregistrement pour finir ensuite dans une bagarre ubuesque. Special
Interests
évoque surtout ici Herman Wallace, révolutionnaire noir des Angolo Tree qui a été détenu pendant plus de quatre décennies à l’isolement. Le groupe continue de défendre les opprimés par ses cris libérateurs et sans
complexes. On note une légère évolution musicale de la bande vers un disco punk électrisant. Allez vite les découvrir le lundi 30 mai au Point Ephémère , il s’agit là l’un des groupes du turfu.

Sports Team – The Game

La formation britannique n’y va pas par quatre chemins : elle cogne sur ceux qui la rébute. Dans son nouveau single The Game, Sports Team s’en prend à cette populace qui porte des œillères alors que le monde brûle autour d’elle.
Oui, c’est l’équivalent du célèbre même avec le chien assis à sa table, entouré de feux et s’exclamant « I’m fine ». Et dans un nom de groupe qui prône le collectif, il va de soi de s’ébouriffer face à cet égoïsme qui ne voit pas plus loin
que le bout de son nez. La rage puissante est portée par ses riffs effrénés de guitare qui , comme une coulée de boue inarrêtable, toutes les pensées de la bande. Le clip, totalement déjanté, met en scène le chanteur principal Alex
Rice
, estomaqué mais inerte, en train de mater une émission de divertissement totalement abject. Qu’est-ce qu’il est le plus horrible au fond ? Faire ou regarder ces atrocités ?
Le mieux est de rester aux aguets pour écouter la sortie de leur nouvel album Gulp ! qui sortira le 12 août 2022, avec un passage en prime à la Boule Noire le 21 novembre.

Sheng – Esquive (Freestyle)

Découvert grâce à ses freestyles sur son compte instagram, la talentueuse Sheng sort le clip de son freestyle Esquive. Seulement un mois après la sortie de son tout premier single Stupéfaite (qui a déjà comptabilisé plus de 35 000 vues sur YouTube), la rappeuse est de retour avec un son beaucoup plus nerveux.
Réalisé par Hollscior, on découvre la jeune artiste dans différents coins de Paris, où elle kick avec une aisance affolante. Sur une instrumentale assez énervée, Sheng expose sa vision sur l’écologie, la misogynie et la société en général. Elle tente d’ouvrir les yeux de ses auditeurs et de les faire passer à l’action face à l’égoïsme et l’indifférence de l’homme.
Avec ce deuxième titre efficace, Sheng démontre une facette plus tranchante de son univers musical très varié. Passant du calme, au sensible jusqu’au kick, on comprend pourquoi sa popularité a explosé en peu de temps, et beaucoup espèrent la retrouver avec un gros projet dans un futur proche.

Rose Gone – Black Out

L’ouverture musicale que connait le rap depuis ses dernières années n’échappe à personne, et encore moins à une génération qui explore au maximum le champs des possibles en digérant ses influences. Parmi eux, Rose Gone, originaire de Belgique a livré cette semaine le clip de Black Out qui, réalisé par Dahtz montre bien ce nouvel arc créatif dans lequel plonge le rap. 

Pour accompagner ce montage ultra frénétique, dopé aux effets spéciaux et aux ambiances nocturnes, le rappeur s’accompagne d’une production toute aussi frénétique signée T one Dols se rapprochant de la rage, mouvement dérivé du rap que l’on peut retrouver aux Etats-Unis chez des artistes comme Playboi Carti ou Trippie Redd et qui contamine de plus en plus la francophonie. Le flow y est cependant plus étouffer, conférant une certaine ambiance au morceau.
S’il arrive a gagner en singularité, Rose Gone pourra poser et développer un univers intéressant.

So La Lune – Fin Heureuse #EnAttendantFissureDeVie

Après une rafale d’EP et une aura qui ne cesse de grandir, So La Lune est sur le point de dévoiler ce qui se définit comme son premier album : Fissure De Vie. Si le projet sera disponible, la semaine prochaine, un premier extrait est déjà disponible : Fin Heureuse et avec lui un visuel réalisé par Killial Kali.

Dans un paysage désertique, So La Lune est accompagné de son plus fidèle acolyte : lui-même. Errant dans cette étendu qui parait infinie, il dépeint son spleen a coup de mélodies toujours aussi tranchante de sincérité.
Seul maitre de son chemin, il en a parcouru une bonne partie remplie de chose à raconter et qui devraient se glisser dans Fissure de Vie. Car comme le montre le clip, c’est derrière le micro qu’il compte transmettre son vécu chargé.

Smahlo Ft Gotti Marras – Trahison

Avec Trahison, le rappeur Smahlo offre un feat 100% belge avec le phénomène Gotti Maras pour un single aussi sensible que puissant. Encore une fois, le rappeur démontre une aisance fascinante, passant du chant au rap en une seule ligne.
La blessure d’une trahison fait très mal, un sentiment qui touche au plus profond de soi et peut modifier la confiance envers l’autre pendant des années. C’est ce qu’explique les deux belges dans le clip tout en noir et blanc réalisé par le talentueux Rayan Imoula (déjà travaillé avec Caballero, JeanJass, Akhénaton, Maxence,… ndlr). Pas l’habitude de
le voir dans ce genre de registre, la participation de Gotti Maras est une excellente surprise. Le prince de la drill belge réussit parfaitement à sublimer cette instrumentale au piano pour ajouter cette touche de puissance au single.
Avec ce nouveau titre, on comprend pourquoi Smahlo devient l’artiste belge à suivre pour les années futures. Une chose est certaine, le Bruxellois sait faire attendre les fans qui se tardent de voir enfin une information fuiter concernant le tout premier projet du rappeur.

Sandór Waïss – Kill You

Après The Eyes, le premier acte de son projet, Sandór Waïss est déjà de retour avec le clip de Kill You, deuxième partie de son projet vidéo-musical. Il continue son expédition dans l’analyse de la condition humaine à travers une mélodie électro aussi aérienne qu’efficace.

Après avoir découvert Laïa, une courageuse Bolivienne travaillant dans une culture de pantes illégales en Bolivie, cette deuxième partie introduit Izan, l’impitoyable et cruel chef du cartel pour qui la jeune femme travaille. Le clip fait directement suite à la première partie dans laquelle un enfant avait volé de l’argent en le cachant dans ses bandages à la main. À la suite de cette découverte, Izan fait son apparition pour découvrir le coupable, et le faire payer à coups de machette. L’artiste nous offre encore une fois une vidéo parfaitement réalisée, qui démontre facilement la cruauté et l’égoïsme de l’homme.

Également connu sous le nom de BBP (son pseudo de producteur), Sandór Waïss n’a plus rien à prouver de son talent pour la musique et l’art visuel. Une chose est certaine, ces deux projets attisent à merveille la curiosité des fans, qui en demandent plus et espèrent surtout un album dans un futur proche.

Timéa – Lolipop

Dés ses premiers morceaux, Timéa a indiqué deux choses : elles semblent savoir s’adapter à n’importe quelles sonorités et a bien l’intention d’installer un univers visuel complémentaire à sa musique. Ce vendredi sortait le projet Chrysalis et avec lui le clip de Lolipop réalisé par MaloShuutter.

Hypnotique, son flow aux ambiances cloud se balade avec aisance sur une production dynamique de Bastard Moustache et Epok Pluton.
Tourné dans une maison aux allures de manoir, le visuel renforce le caractère envoutant dégagé par les effets vocales appliqués au flow de l’artiste.

L’univers s’affine et la Chrysalis semble bientôt éclore et avec elle tout le potentiel de Timéa.

Naima Bock – Toll

Il y a quelque chose d’ancestral dans la musique de Naima Bock. Une tradition folk qui prend racine dans les musiques brésiliennes, que la musicienne écoutait dans sa petite enfance passée au Brésil. Une voix sibylline, des arpèges harmonieux, des bois aériens… la magie s’opère à son écoute. On pense à Joan Baez ou à Vashti Bunyan, des musiciennes qui puisent dans la terre et la transmission de la musique.

La musicienne originaire de Glastonbury désormais installée à Londres, qui fut un temps bassiste de Goat Girl, dévoile cette semaine Toll, le troisième single de son album à venir, un morceau “composé à l’origine comme une chanson pour tenir la main de la décomposition et la mort”. La vidéo du titre réalisée par Cassidy Hansen, le batteur de son groupe, vaut le détour. On y voit un personnage converti en shaman/prêcheur illuminé après la découverte d’un chapeau magique auprès d’un arbre… 

Giant Palm, le premier album de Naima Bock sortira le 1er Juillet, et nous avons hâte de le découvrir.