ADN #87 : Catastrophe

ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent et les influencent. Alors qu’ils viennent de sonner le Gong de leur retour en dévoilant Encore et Solastalgie, les six membres de Catastrophe nous confient aujourd’hui ce qui constitue l’ADN de leur groupe.

crédit : Antoine Henault

Air – Dirty Trip (Bastien)

La finesse du jeu de batterie à la fois énervé et doux, tout en progression. Ce morceau explose à la fin et disparaît comme il est venu. L’album (Virgin Suicides) m’a beaucoup inspiré dans mon jeu et mes idées. Et en plus ils sont français c’est beau. 

Julien Gasc – L’été anglais (Carol)

Pour la nonchalance qui pourtant se maintient sur un fil tendu, comme un funambule qui s’allumerait une clope. Pour la puissance du réel qui déborde du texte, la poésie. Pour la finesse, pour l’odeur de la pluie, pour la beauté des arrangements. 

Michel Polnareff – Dans La Maison Vide (Pierre)

Pour sa virtuosité et sa fantaisie, ses paroles surréalistes, ses arrangements supra-inventifs et surprenants. 

Le Football (Pablo)

Pour Catastrophe, ni morceaux ou artiste mais le Football. L’idée d’un groupe de personne avec le même but, qui a son propre style, sa touch, ou les égos laissent place au collectif. D’aller toujours plus haut en se réinventant, de douter, de tomber.. La musique et le Football sont à eux deux les plus belles illustrations des mathématiques, l’algèbre pour l’un, la géométrie pour l’autre, portés un public qui nous envoie, parfois, vers des états de grâce.

Nino Ferrer – La Rua Madureira (Arthur)

« Je n’oublierai pas » répété à l’infini par une voix triste qui parle d’un carnaval interrompu par la mort. La bossa nova à la française qui ressemble à la chanson d’Andy dans les demoiselles de Rochefort. Une mélodie qui peut être marmonnée à toutes heures et dans tous lieux.

Ben Veereen and Roy Scheider – Bye Bye Love (Bye Bye Life) (Blandine)

Pour le les claps crescendo, les choeurs fournis et aérés, l’humour noir de Ben Veeren. Et parce que c’est la plus belle chanson de fin de comédie musicale que je connaisse : quelqu’un vit sa mort — la dernière scène de sa vie — comme un numéro de cabaret. C’est un titre contradictoire, gravement léger, qui provoque une collusion entre l’extase et le désespoir. Peut-être est-ce d’ailleurs en pensant à lui qu’on a écrit qu’il y a des « deuils qui dansent » dans Maintenant ou jamais. En tous cas, c’est un morceau qui me procure toujours une réaction physique quand je l’écoute : nez qui pique, dodelinement ; ce sont des signes qui ne trompent pas.

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